Le CSAB s’alarme des très fortes tensions sur le marché de l’immobilier français
De récentes crispations mettent le secteur de l’immobilier sous les feux des projecteurs. En quelques jours seulement, le dossier des ventes à la découpe et l’indice d’indexation des loyers démontrent que le malaise grandit autant chez les locataires que chez les propriétaires.
Messieurs Gaymard et Daubresse, se sont rapidement emparés de ces sujets et on ne peut que les féliciter de leur vitesse de réaction. Mais le C.S.A.B craint des décisions trop rapides qui, réconfortantes pour quelques-uns à court terme, pourriraient encore davantage un marché déjà sous tension.
Alain de Kaenel, Président du C.S.A.B, alerte l’ensemble des professionnels et des particuliers : « Au train où vont les choses, l’immobilier locatif pourrait rapidement être en crise. Les prix à l’achat ont énormément augmenté ces dernières années pour atteindre des sommets inégalés. Mécaniquement, la rentabilité locative en France a baissé et elle offre peu de perspective d’évolution. Car les loyers, dans le cadre d’un bail, ne peuvent évoluer qu’en suivant l’indice de la construction. Ils sont même réglementairement encadrés à Paris en cas de renouvellement. Dans un cycle où la valeur des biens immobiliers augmente, les propriétaires se retrouvent rapidement avec des rendements perçus de plus en plus faibles. Et cela ne va pas s’arranger avec les multiples lois et décrets, récemment ou prochainement publiés, qui vont contribuer à augmenter significativement les charges (ascenseurs, amiante, plomb, gaz…). Si les décisions prises par le gouvernement étaient une nouvelle fois trop favorables aux locataires, les investisseurs se désintéresseraient encore davantage du placement en logements locatifs »... « Ceux qui ont encore la volonté de s’intéresser à ce secteur ont besoin de règles stables et non de modifications incessantes de la règle du jeu au gré de l’émotion et des intérêts catégoriels, aussi compréhensibles soient-ils ».
Le CSAB attire l’attention des acteurs du secteur du logement sur le danger que toutes mesures hâtives ou trop vites négociées entre les parties feraient courir à la pérennité même de ce secteur, pourtant essentiel pour nos concitoyens et notre économie. Les équilibres de long terme ne doivent pas être ruinés par des décisions précipitées.
« Baisse de la rentabilité locative d’un côté, augmentation des charges de l’autre, sans parler d’une législation de plus en plus drastique et favorable aux locataires ou occupants des lieux, il ne faut pas s’étonner que les prix de l’immobilier flambant, les propriétaires soient tentés de vendre leurs biens, quand ils ne préfèrent pas les laisser inoccupés. Et cette situation est tout à fait regrettable » poursuit Alain de Kaenel.
A force de multiplier les contraintes sur le secteur, la puissance publique va finir par le scléroser totalement. L’absence de fluidité encourage fortement les comportements spéculatifs et le renchérissement des prix. La spirale infernale est en marche et le C.S.A.B se demande quand l’Etat va prendre ses responsabilités pour la stopper.
publié le Jeudi, 10 Février 2005 @ 18:18 |