Les Prix de l'Immobilier à Paris, article des Echos
Paris : malgré de fortes hausses, les prix semblent s'assagir. En 2003, des valeurs élevées ont été atteintes par l'immobilier ancien en région parisienne. Mais c'est, maintenant, les petite et grande couronnes qui montrent des évolutions supérieures. Le marché de la capitale va-t-il marquer une pause au cours des prochains mois ?
« Le marché immobilier a achevé l'année 2003 dans une forme olympique qui en fait un des rares secteurs de dynamisme de notre pays. Ceci en Ile-de-France comme dans toute la France », rappelle Patrick Wallut, président de la Chambre des Notaires de Paris. Malgré la morosité de la conjoncture et le chômage, cette vitalité s'est vérifiée à Paris et dans les départements de la couronne. D'après les dernières statistiques de la Chambre des notaires de Paris, le quatrième trimestre 2003 s'est, en effet, soldé sur 36.043 ventes pour Paris intra muros tous biens confondus (appartements, maisons individuelles, parkings, immeubles, locaux d'activités, terrains, etc.), ce qui marque une légère baisse de 2,7 % par rapport à l'année 2002. La tendance a aussi été légèrement baissière pour la petite couronne et c'est la grande couronne qui a tiré le marché à la hausse (+ 3,9%), par un effet de déplacement de la demande.Globalement l'activité est, donc, restée à un niveau soutenu en 2003. Dans l'ensemble des départements de l'Ile-de-France, le volume des ventes, tous biens immobiliers confondus, a, en effet, progressé de 2,4% entre 2002 et 2003 pour atteindre 234.181 transactions.
Craintes spéculatives
Beaucoup craignent le retour d'une bulle spéculative. « Actuellement, les prix n'ont pas encore atteint les sommets de 1991 », répondent en choeur les notaires parisiens. Les valeurs s'inscrivent en hausse dans tous les arrondissements parisiens. Certes, en euros courants, le prix moyen du mètre carré à Paris ressortait à 3.989 euros au quatrième trimestre 2003 contre 3.467 euros, lors du sommet du second trimestre 1991. Mais en euros constants, il s'élevait à 1.755 euros au quatrième trimestre 2003 contre 1.840 euros au second trimestre 1991. Par conséquent, les niveaux actuels dans la capitale frôlent les valeurs hautement spéculatives relevées avant la première guerre du Golfe. Et s'ils continuent sur leur lancée, gare au retour de bâton, s'alarment beaucoup rappelant qu'après le krach, le mètre carré est descendu jusqu'à 1.077 euros constants et 2.261 en euros courants au cours du premier trimestre 1998. Certes les marchands de biens sont nettement moins présents aujourd'hui qu'en 1991. En outre, avec la crise boursière récente, l'investissement immobilier a retrouvé son rôle de valeur refuge. « Les prix vont finir par s'assagir, et les résultats constatés au 4ème trimestre vont dans ce sens ; mais rien ne laisse prédire un retournement de tendance, comme celui constaté après 1991. Nous pensons plutôt à un atterrissage en douceur, dont l'ampleur dépendra de l'évolution de la situation économique du pays et de la confiance des ménages », maintient maître Wallut. Selon les notaires, en 2004, la tendance la plus probable est à une évolution beaucoup moins forte que celle constatée en 2003, et il n'est pas exclu que certains arrondissements et quelques villes de banlieue s'orientent vers une (faible) baisse des prix.
Note : Par Bernard Le Court
publié le Lundi, 28 Juin 2004 @ 06:32 |