Interview de RENE PALLINCOURT par La Tribune
Nous reprenons ci-dessous une interview de René Pallincourt, président de la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM), paru le 18/08 dans La Tribune (ndlr)
René Pallincourt, président de la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM), revient sur les performances du marché immobilier de la transaction au premier semestre. Un ralentissement de l'inflation peut être anticipé au cours des six prochains mois. latribune.fr- Quel a été le niveau d'activité au cours du premier semestre dans l'immobilier ?
René Pallincourt- L'activité a légèrement fléchi au cours des six premiers mois de l'année. Ce recul, de l'ordre de 1% a surtout été impacté par le repli de 3,1% du marché des appartements. Ce ralentissement de l'activité du marché des transactions n'est pas une surprise à cette époque de l'année. Traditionnellement, le marché est plus soutenu à partir du troisième trimestre.
Ce timide ralentissement a-t-il favorisé la reconstitution des stocks ?
Malheureusement non. Même si le marché a été légèrement moins soutenu au cours du premier semestre, son élan est tel que les portefeuilles des agences restent encore limités en produits. Ce léger fléchissement des transactions n'a donc pu donner lieu à une reconstitution des stocks. Et puis, ce ralentissement n'est que relatif. A peu de choses près, l'année 2004 devrait être comparable à 2003 qui, avec 620.000 transactions, représente un record en la matière.
La hausse des prix risque-t-elle de se poursuivre ?
Les prix ont augmenté de 15,4% sur un an, de 46,9% en trois ans et de 86,9% en six ans! Un plus haut a-t-il été atteint ? Rien ne semble l'indiquer. Toutefois, il semblerait que le petit ralentissement de l'activité observé au cours des six premiers mois de l'année modère les tensions inflationnistes. Si un recul des prix n'est pas encore à l'ordre du jour, loin s'en faut, un "atterrissage en douceur" peut être raisonnablement envisagé au second semestre.
Qui soutient le marché ?
Ce sont les acheteurs avec revente préalable, c'est à dire les ménages déjà propriétaires qui possèdent un apport personnel et des capacités de remboursement encore acceptables. Avec l'arrivée de ces nouveaux acheteurs, le marché s'est profondément transformé, le profil de l'acquéreur a évolué. Par rapport aux primo-accédants qui soutiennent habituellement le marché, ces acteurs sont plus exigeants, plus sélectifs dans leur choix et n'hésitent pas à négocier les tarifs. Leur rôle grandissant devrait d'ailleurs contribuer au ralentissement de la hausse des prix.
Cette forte inflation a-t-elle provoqué la désolvabilisation de certains ménages ?
En effet, la forte hausse des prix de ces dernières années a perturbé les velléités d'achat des revenus les plus modestes, et notamment des primo-accédants. C'est le point négatif de cette évolution des prix. Toutefois, certains facteurs compensent ce risque de désolvabilisation. En premier lieu, la faiblesse des taux d'intérêts. Avec un coût de l'argent atteignant 4,25%, soit le plus faible niveau jamais constaté par le passé, le recours à l'emprunt est grandement facilité. Autre facteur favorable : l'allongement des crédits. Alors qu'ils dépassaient rarement les 20-25 ans, il n'est pas rare aujourd'hui de voir des emprunts s'étirer sur trente ans.
Une hausse des taux d'intérêts pourrait-elle infléchir l'évolution des prix ?
Ce n'est pas encore d'actualité. A contrario de la Réserve fédérale américaine qui a relevé la semaine dernière son taux d'intérêt directeur, rien n'indique que la Banque centrale européenne fera de même dans les prochaines semaines. Et même si c'était le cas, le relèvement du taux directeur européen n'augmenterait que graduellement et dans de faibles proportions, ce qui aurait peu de conséquences sur le marché immobilier de la transaction. Propos recueillis par Fabien Piliu
publié le Jeudi, 19 Août 2004 @ 01:10 |