Combien coûte un mandat de vente
Lundi 19 octobre 2009, dans DossierLorsque les acquéreurs se raréfient, il faut savoir raisonner aussi comme un gestionnaire. Et intégrer les notions de prix de revient, de stock ou retour sur investissement.
Les bons professionnels le savent, la réussite d’un agent immobilier passe d’abord et avant tout par sa capacité à obtenir un stock de biens vendables. Il convient cependant de s’interroger aujourd’hui sur ce qualificatif, car des biens qui auraient trouvé preneurs rapidement et sans discussion aucune il y a deux ans peuvent, dans le contexte actuel, ne faire l’objet d’aucun appel. Les règles du jeu ont changé. Ce sont désormais les acheteurs qui tiennent le marché. Encouragés par certains articles « anxiogènes », ils discutent systématiquement le prix proposé, même si le négociateur s’emploie à démontrer que cette transaction a préalablement été faite avec le vendeur lors de la signature du mandat.
Les taux de transformation se dégradent
Qu’elles émanent des Notaires, de la Fnaim ou encore des grands réseaux, les études dressent toutes le même tableau. Les ventes portent majoritairement sur des petits biens acquis par des primo-accédants. Les doubles opérations – achats et reventes – sont limitées. Seuls les biens de qualité trouvent preneurs. Les stocks des agences gonflent. Les délais de vente s’allongent. Tous ces éléments entraînent inévitablement une dégradation des taux de transformation. Jusqu’en 2007, sur un marché porteur, une agence immobilière obtenait une vente tous les six à sept mandats simples. La productivité des agents immobiliers possédant une réelle expertise était même très supérieure. D’autant qu’ils étaient capables, par ailleurs, d’obtenir un grand nombre de mandats exclusifs.
Aujourd’hui, la faiblesse de la demande conduit inéluctablement à une dégradation des taux de transformation. Ceux-ci sont passés de 20 à 10 % pour les mandats simples et de 80 à 60 %, voire 50 %, pour les mandats exclusifs. Ce phénomène tient bien entendu au développement des fichiers communs de mandats exclusifs (SIA et FFIP). « Ces fichiers communs encouragent et facilitent l’obtention de mandats exclusifs, notamment chez certains négociateurs qui ne détiennent pas encore les techniques et les compétences permettant d’obtenir de bons mandats exclusifs et qui prennent en exclusivité des biens surévalués », observe le consultant Stephen Heller.
La constitution d’un stock de mandats a un côut
Que deviendraient l’épicier de quartier ou le magasin de mode s’ils ne vendaient que 15 % de la marchandise entreposée dans leur boutique. Cette marchandise, qui est payée aux fournisseurs, immobilise des capitaux, de la surface pour la stocker et alourdit la trésorerie du commerçant dès que les ventes faiblissent. L’agent immobilier qui ne « paye » pas la marchandise qui lui est confiée et pratique ce que l’on peut qualifier du « dépôt-vente » néglige trop souvent cette notion de liquidité du stock. Il ne faut cependant pas oublier qu’un mandat invendable, d’un côté, n’entraîne que des coûts commerciaux, et, de l’autre, ne suscite que de l’insatisfaction chez le vendeur. De quoi altérer sérieusement l’image de l’agence chez les 85 % de vendeurs qui n’ont pas pu apprécier l’efficacité du professionnel. La question posée par le coût du mandat est aussi celle de la forme qu’il revêt. Lorsque l’on sait qu’un vendeur confie en moyenne son bien à sept agences, qui toutes investiront dans de la publicité pour vanter le même bien, et que, dans le meilleur des cas, un seul ne touchera la commission, il est légitime de s’interroger sur le retour d’investissement dans ce cas.
Calculer le prix de revient
Traditionnellement, le prix de revient d’une marchandise correspond au coût total supporté par le commerçant compte tenu de tous les frais : prix d’achat du produit au fournisseur, frais de transport ou d’intermédiaire, frais de vente. Quant à la marge brute, ou marge commerciale, elle représente la somme d’argent gagnée par le commerçant. C’est la différence entre le prix de revient et le prix de vente hors taxes.
Le calcul du côut d’un mandat
Frais de production = Prospection +Pige +distribution de tracts +mailings +estimation +rentrée du mandat +suivi vendeurs +renégociation du mandat +Communication globale
+
Frais de commercialisation = Rapprochements de fichiers +Courriers acheteurs +Mise en publicité +Alimentation du site internet +Visite de biens +Négociation de la vente +Suivi et relances d’acheteurs etc…
Si l’on transpose ces éléments dans une agence immobilière (voir tableau ci-contre), la formule est simple : le coût de revient d’un mandat comprend son coût de production (c’està– dire toutes les actions tournées vers les vendeurs) et son coût de commercialisation (c’est dire toutes les actions tournées vers les acheteurs). Sur le plan comptable, ces éléments se traduisent en coûts salariaux, frais de publicité, frais de déplacement, frais de téléphone et postaux, etc., sans oublier les frais fixes (locaux, bureautique, informatique, mobilier…).
Les clés du succés
- Identifier et qualifier la demande afin de constituer un stock vendable.
- Organiser la prospection vers des biens recherchés.
- Promouvoir le mandat exclusif.
- Mettre en publicité seulement des biens correspondant à la demande.
- Bénéficier d’un référencement du site Internet satisfaisant.
- Disposer d’un logiciel de transaction performant et… l’utiliser.
- Organiser un très bon suivi des vendeurs.
- Avoir une approche service pour rassurer et accompagner efficacement des clients acheteurs indécis.
A partir de ces observations et considérant les charges fixes d’une agence, il est évident que, plus elle produit de mandats, plus le coût de chaque mandat diminue. Ce serait cependant une erreur de prendre tous les mandats afin de constituer un stock pléthorique. En effet, la signature d’un mandat entraîne des obligations de service pour l’agence, et un vendeur mal servi diffusera une mauvaise image du professionnel dans son quartier.
Limiter le côut d’un mandat
Trois ingrédients permettent de réduire le coût d’un mandat : un stock de qualité constitué en majorité de mandats exclusifs, une bonne communication, un service de qualité avec un excellent suivi des vendeurs et des acheteurs. Le mot d’ordre pour bien vivre la crise ? Adopter une stratégie adéquate (voir encadré Les clés du succès ci-contre) et ne pas s’épuiser à vouloir vendre des biens invendables…
Gérard Bornot
Voir aussi :


















Est-il possible d’avoir le Journal de l’Agence du 19 ctobre 2009 ?
nous l’avons perdu et cet article nous interesse.
merci
je souhaiterais savoir comment me procurer le journal concernant cet article
merci d’avance