Le retour des agents commerciaux

Jeudi 15 janvier 2009, dans Dossier

En période de ralen­tis­se­ment de l’activité, les entre­prises immo­bi­lières ont ten­dance à se sépa­rer de leurs négo­cia­teurs salariés.

Ce qui fait les affaires des agents com­mer­ciaux qui reviennent en force sur le marché.

Des élec­trons libres à mana­ger avec précaution.

La crise finan­cière, écono­mique et, par voie de consé­quence, immo­bi­lière qui sévit aujourd’hui n’est évidem­ment pas sans réper­cus­sions sur les pro­fes­sion­nels qui subissent de plein fouet l’effondrement du volume de transactions.

Alors que le chiffre d’affaires de plus de la moi­tié des agences immo­bi­lières ne dépasse pas 150 000 euros par an pour 10 à 12 tran­sac­tions, com­ment les petites struc­tures peuvent-elles résis­ter au retour­ne­ment du marché ?

Certes, dans bien des cas, il s’agit de cabi­nets fami­liaux, mais, dans d’autres, le chef d’entreprise emploie plu­sieurs sala­riés avec les charges qui en découlent.

Cer­taines agences, confron­tées à la baisse de leur chiffre d’affaires, ont dû fer­mer bou­tique, d’autres se restruc­turent en licen­ciant une par­tie de leur per­son­nel pour allé­ger leurs charges.

Les pre­mières vic­times sont alors les négociateurs.

Or, pour conti­nuer à géné­rer du chiffre d’affaires, une agence doit ren­trer des man­dats et donc, si pos­sible, avoir des négo­cia­teurs sur le terrain.

De ce point de vue, l’agent com­mer­cial peut consti­tuer une solu­tion qui, dans le cli­mat de crise actuel, a incon­tes­ta­ble­ment le vent en poupe.

La sécu­rité du sala­rié est un leurre. En période de ralen­tis­se­ment, les agences com­mencent tou­jours par se sépa­rer des col­la­bo­ra­teurs qui réa­lisent le moins de tran­sac­tions et coûtent le plus cher.

« Ces cycles, natu­rels et sains, se sont d’ailleurs sou­vent répé­tés. C’est dans ces périodes que RE/MAX fédère de nom­breux agents com­mer­ciaux, par­fois même d’anciens agents immo­bi­liers, en leur per­met­tant de dimi­nuer sen­si­ble­ment leurs charges » déclare Jean-Pascal Dutto.

Autre avan­tage de ces col­la­bo­ra­teurs rému­né­rés aux résul­tats : leur motivation.

« Depuis 1995, les meilleurs ven­deurs sont des agents com­mer­ciaux », pré­cise Thierry Cami­nati, direc­teur de Swixim.

Uti­li­ser les ser­vices d’un agent com­mer­cial offre sou­vent plus de sou­plesse et les nou­velles tech­no­lo­gies, notam­ment Inter­net, favo­risent ce sta­tut finan­ciè­re­ment inté­res­sant pour l’entreprise qui n’a ni obli­ga­tion de for­ma­tion ni res­pon­sa­bi­li­tés vis-àvis de cet intervenant.

« Cer­tains négo­cia­teurs pré­fèrent en outre avoir le sta­tut d’agent com­mer­cial car ils estiment mieux gagner leur vie. J’ai même le sou­ve­nir de l’un d’entre eux qui avait une rému­né­ra­tion supé­rieure à son employeur», raconte le pré­sident de la Fnaim, René Pallaincourt.

Dans la plu­part des pays anglo-saxons et en Suisse, la majo­rité des bons com­mer­ciaux sont des indé­pen­dants. En France, on a le culte du sala­riat mais on ne peut pas faire de l’immobilier en comp­tant ses heures et ses RTT. C’est un métier d’indépendant pour lequel on doit être rému­néré en fonc­tion de ses résul­tats. Plus com­ba­tifs, les agents com­mer­ciaux savent être sélec­tifs sur les man­dats et convaincre les pro­prié­taires sur le prix de vente. 

Il ne faut cepen­dant pas se voi­ler la face, le sta­tut d’agent com­mer­cial sert sur­tout à sécu­ri­ser la tré­so­re­rie d’une entre­prise for­cé­ment, sou­mise aux aléas du marché.

Et René Pal­lin­court de rela­ter le cas d’un agent immo­bi­lier qui a dû licen­cier trois négo­cia­teurs sur six, ce qui lui a coûté cher et n’a résolu que tem­po­rai­re­ment son problème.

Sans chiffre d’affaire depuis trois mois, sa tré­so­re­rie fond comme neige au soleil et s’il ne fait aucune vente avant la fin mars, il devra ces­ser son activité.

Aurait-il pu tra­ver­ser la crise s’il avait fait appel à des agents commerciaux ?

Sans doute aurai­til eu plus de lati­tude. Si le sta­tut «d’agent-co» ne manque pas d’attrait, il convient néan­moins de s’entourer d’un mini­mum de pré­cau­tion avant d’y recourir.

Com­men­cez par éviter les faux pas juri­diques pré­ju­di­ciables en vous repor­tant à l’article d’Anne-Claude Pon­cet (p13).

Repor­tez vous ensuite aux conseils de Gérard Bor­not (p18).

Notre consul­tant vous livre les clés pour « pilo­ter » un col­la­bo­ra­teur qui ne fait pas par­tie de vos troupes.

La solu­tion pour gérer cet élec­tron libre ? Le consi­dé­rer comme un par­te­naire avec qui vous pas­sez un contrat gagnant-gagnant.

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