Les arcanes d’une transaction immobilière réussie

Lundi 16 juillet 2007, dans Dossier

L’arrivée des établis­se­ments ban­caires dans le monde de l’immobilier inquiète beau­coup de pro­fes­sion­nels. Ren­contre avec Serge Badouard, direc­teur géné­ral de Bre­tagne Habi­tat, filiale de la Caisse Régio­nale du Cré­dit Agri­cole de Bre­tagne, repre­neur des Agences du Groupe Alla­nic Immo­bi­lier et Phi­lippe Alglave ex PDG de son groupe, et aujourd’hui direc­teur des Agences Square Habi­tat Alla­nic Immobilier.

Le Jour­nal de l’agence : Quel est l’historique d’Allanic Immo­bi­lier ?
Phi­lipe Alglave :
Les pre­mières agences Alla­nic ont vu le jour en 1966, j’ai rejoint l’entreprise en 1981, et racheté les agences à Mon­sieur Alla­nic en 1993. Le groupe compte aujourd’hui 7 agences et inter­vient dans tous les sec­teurs de l’immobilier, la tran­sac­tion, la loca­tion sai­son­nière, la ges­tion loca­tive et le syn­dic de copropriétés.

A quand remonte l’intérêt du Cré­dit Agri­cole de Bre­tagne pour Alla­nic Immo­bi­lier ?
Serge Badouard :
Il convient de pré­ci­ser qu’il s’agit avant tout d’un pro­jet natio­nal. Le Cré­dit Agri­cole consi­dère qu’il est impor­tant de cou­vrir l’ensemble des besoins des par­ti­cu­liers en matière de loge­ment. La déci­sion stra­té­gique prise au niveau natio­nal, entre 2000 et 2002, doit per­mettre à nos caisses régio­nales de ren­for­cer leur fonds de com­merce — Banque – Assu­rance, en appor­tant à leurs clients les ser­vices sup­plé­men­taires au niveau de la vente, de l’acquisition, de la recherche de loca­tion, ou de la ges­tion locative.

Les caisses régio­nales se lancent toutes dans l’immobilier ?
Serge Badouard :
Non. Cer­taines n’opèrent pas encore dans le sec­teur des agences immo­bi­lières. Pour ce qui est du pro­jet bre­ton, quatre caisses dépar­te­men­tales Ile et Vilaine, Finis­tère, Mor­bi­han et Cote d’Armor se sont asso­ciées dans une struc­ture com­mune pilo­tée de Quim­per. Dans chaque dépar­te­ment nous com­men­çons par recher­cher une tête de pont, à par­tir de laquelle va se construire Square Habi­tat. Dans le Mor­bi­han, nos col­la­bo­ra­teurs ont natu­rel­le­ment guidé nos démarches vers Phi­lippe Alglave et le Groupe ALLANIC qui jouis­saient d’une répu­ta­tion et d’une noto­riété indis­cu­tables, d’une bonne assise finan­cière, d’une bonne cou­ver­ture géo­gra­phique, et d’un pro­fes­sion­na­lisme reconnu. Nous avons pro­cédé et nous pro­cé­de­rons de la même façon dans les autres dépar­te­ments bre­tons. Les déve­lop­pe­ments futurs s’organiseront par la suite autour de ces « tètes de pont», par rachat d’agences ou créa­tions de nou­veaux points de ventes.

Dans ce mariage entre vos deux enseignes qui a fait le pre­mier pas ?
Phi­lipe Alglave :
C’est le Cré­dit Agricole.

Désor­mais sala­rié d’un groupe ban­caire, vous diri­gez une agence dont vous n’êtes plus action­naire. Qu’attendez-vous de ce rap­pro­che­ment avec le Cré­dit Agri­cole ?
Phi­lipe Alglave :
Il est très dif­fi­cile quand on est seul de déve­lop­per son propre réseau. Je pen­sais avoir atteint la taille cri­tique. Depuis mon inté­gra­tion dans le réseau Square Habi­tat, je découvre un nou­veau chal­lenge, une âme de pion­nier en charge de véhi­cu­ler une nou­velle enseigne por­teuse d’ambitions très fortes, en matière de déve­lop­pe­ment. Quant aux idées nou­velles de mes nou­veaux « col­lègues », elles enri­chissent mon expérience.

Com­ment vos col­la­bo­ra­teurs vivent-ils cette « inté­gra­tion » ?
Phi­lipe Alglave :
Il y a eu trois phases. D’abord, celle de la rumeur qui court, avec les craintes notam­ment de voir par­tir le patron. Une fois l’annonce faîte, ce fût l’inquiétude sur les sta­tuts ou les conven­tions col­lec­tives par exemple. Après trois mois d’exercice sous la nou­velle enseigne (le mariage d’Allanic Immo­bi­lier et de Square Habi­tat) les inquié­tudes se sont effa­cées et d’excellentes rela­tions se sont liées entre les col­la­bo­ra­teurs des agences et les col­la­bo­ra­teurs des gui­chets du Cré­dit Agricole

Quelles ont été les réac­tions des clients ?
Phi­lipe Alglave :
Il n’y a eu aucune réac­tion néga­tive de la part de nos clients man­dants en tran­sac­tions. Le cré­dit agri­cole ne nous impose aucune métho­do­lo­gie dans les pro­po­si­tions à faire aux clients en matière de copro­priété et en ges­tion loca­tive. Nous insis­tons par ailleurs sur la notion de rela­tion de proxi­mité, c’est ce qui nous rap­proche du cré­dit agri­cole qui véhi­cule les mêmes valeurs.

Com­ment avez-vous inté­gré les réti­cences des agents immo­bi­lier face à l’arrivée des banques sur leur mar­ché?
Serge Badouard :
Nous avons fait le choix de construire ce réseau par rachat d’agences exis­tantes, car nous sou­hai­tons faire ce métier d’agents immo­bi­liers avec des agents immo­bi­liers. L’agence Alla­nic garde son iden­tité juri­dique et son auto­no­mie. Adhé­rente F.NA.I.M, elle reste FNAIM. Nous sommes donc bien sur un pro­jet de déve­lop­pe­ment pas seule­ment pour le cré­dit agri­cole, mais égale­ment pour les par­te­naires qui ont choisi de nous rejoindre. Depuis son inté­gra­tion Alla­nic immo­bi­lier vient de rache­ter un por­te­feuille de syndic.

Depuis prés de vingt ans les diri­geants de réseaux ambi­tionnent de rega­gner la confiance de par­ti­cu­liers, afin de récu­pé­rer les 40 à 45% de parts de mar­ché qui échappent à la pro­fes­sion. Pen­sez vous que les réseaux d’agences ados­sées à des groupes ban­caires soient mieux armés pour récon­ci­lier les par­ti­cu­liers avec les agents ?
Serge Badouard :
Les banques peuvent contri­buer à cette rein­ter­me­dia­tion. La rela­tion de proxi­mité que nous culti­vons favo­rise une bonne image. En recom­man­dant une agence immo­bi­lière, le Cré­dit– Agri­cole donne une sorte de cau­tion morale qui ren­force la pres­crip­tion et oblige à offrir le meilleur ser­vice pos­sible. Nos enga­ge­ments portent sur la proxi­mité ter­ri­to­riale et humaine, la faci­lité, la trans­pa­rence, le suivi et l’accompagnement. La com­mu­ni­ca­tion de qua­lité et les syner­gies croi­sées que nous met­tons en place, doivent favo­ri­ser une aug­men­ta­tion du chiffre d’affaires des agences et des gui­chets ban­caires, en sim­pli­fiant les démarches de leurs clients et leur appor­tant un niveau de conseil fis­cal juri­dique, immo­bi­lier et finan­cier élevé.

Quelles sont les ambi­tions du Cré­dit Agri­cole de Bre­tagne en matière de déve­lop­pe­ment ?
Serge Badouard :
Notre réseau compte aujourd’hui 35 Agences, pour 11 Socié­tés, et 158 col­la­bo­ra­teurs, toutes portent ou por­te­rons dans les pro­chains mois l’enseigne Square Habi­tat avec le nom qui a fait leur noto­riété. Notre ambi­tion à 5 ans est d’avoir 100 agences, 400 col­la­bo­ra­teurs et de déte­nir 10% de parts de mar­ché en ges­tion loca­tive, et 15% de parts de mar­ché en transaction.

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