Réseaux de franchise, toujours plus d’enseignes

Mercredi 25 juin 2008, dans Dossier

La fran­chise peut être une excel­lente solu­tion pour l’agent immo­bi­lier qui sou­haite dis­po­ser d’une enseigne à forte noto­riété, d’un savoir faire for­ma­lisé, et d’un appui logistique.

Pour convaincre les pro­fes­sion­nels de rejoindre leur réseau, les fran­chi­seurs mul­ti­plient les concepts de niche.

Résul­tat : le choix d’enseignes n’a jamais été aussi important. 

En France, la fran­chise est un concept qui marche. Il faut dire que son appa­ri­tion ne date pas d’aujourd’hui.

C’est, en effet, au début du siècle der­nier avec l’enseigne Pigier qu’est né le concept. Mais il fau­dra attendre les années 30 et les fameuses Laines Pin­gouin pour que le pre­mier réseau prenne réel­le­ment son envol.

Depuis cette époque, que de che­mins par­cou­rus pour la fran­chise. Tous sec­teurs confon­dus, on dénombre, aujourd’hui 1141 réseaux contre 637 seule­ment en 2000. Et depuis trois ans, la crois­sance annuelle du nombre de réseaux atteint ou dépasse 10 %.

« C’est un for­mi­dable outil de déve­lop­pe­ment qui per­met d’accompagner les créa­teurs d’entreprise et d’épauler la recon­ver­sion ou le déve­lop­pe­ment des com­mer­çants en place, estime Cathe­rine Rousselot-Donnadille direc­trice Mar­ke­ting du salon Fran­chise Expo Paris chez Reed Expo­si­tion. Nous enre­gis­trons 80 nou­velles enseignes de plus que l’an passé. Le sec­teur du bâti­ment évolue for­te­ment avec l’arrivée, par exemple, d’une marque comme Mai­sons Phé­nix. Beau­coup de nou­veau­tés aussi dans les ser­vices à la per­sonne et le sec­teur de la décoration».

Le nombre de fran­chi­sés s’élève désor­mais à près de 46 000 (+ 5,6 % par rap­port à l’année pré­cé­dente). En tête des sec­teurs qui marchent le mieux, l’équipement de la per­sonne (257 réseaux), les com­merces divers (121 réseaux), la coif­fure et l’esthétique (111 réseaux) et l’équipement de la mai­son (99 réseaux).

Pour sa part, l’immobilier ne compte que 46 fran­chises et si ce sec­teur ne repré­sente que 4,1 % des parts de mar­ché de la fran­chise, force est de consta­ter que son déve­lop­pe­ment est égale­ment en bonne pro­gres­sion : en 2001, ses parts de mar­ché n’étaient que de 1,8 %.

Mais, si l’on rai­sonne en nombre de cabi­nets fran­chi­sés, cel­lesci passent à 9,3 % (4 276 cabi­nets) contre 7,4 % en 2006 et 5,1 % en 2001.

Orga­ni­sée conjoin­te­ment par la Fédé­ra­tion fran­çaise de la fran­chise (FFF) et Reed Expo­si­tions France, La 27e édition de Fran­chise Expo Paris qui s’est tenue en mars der­nier porte de Ver­sailles à Paris, témoigne de cette bonne santé.

« Cette année, le salon a accueilli 439 expo­sants, soit 3 % de plus que l’année pas­sée, ce qui démontre la bonne santé de la fran­chise en France, indique Cathe­rine Rous­se­lot– Don­na­dille. L’immobilier suit cette crois­sance puisque de 17 fran­chises pré­sentes sur le salon, nous sommes pas­sés à 24 pour l’édition 2008 ».

Parmi les expo­sants, Guy Hoquet, Lafo­rêt, Avis… et même, pour la pre­mière fois, Orpi qui n’est pour­tant pas une fran­chise mais un réseau coopératif.

« Le salon per­met aux fran­chi­seurs de recru­ter leurs futurs fran­chi­sés, note Cathe­rine Rous­se­lot– Don­na­dille, à la suite du salon, un réseau recrute en moyenne cinq à six nou­veaux adhérents».

Il est vrai que la fré­quen­ta­tion y est très bonne: 28 000 visi­teurs cette année (un peu moins que l’an der­nier du fait de la tenue des élec­tions muni­ci­pales au même moment).

Des visi­teurs au demeu­rant très moti­vés puisque 70 % d’entre eux ont un pro­jet de créa­tion d’entreprise à une échéance de moins d’un an.

Un métier en pleine évolution

Alors que l’activité immo­bi­lière se contracte et que le mar­ché des par­ti­cu­liers reste flo­ris­sant, plus que jamais l’agent immo­bi­lier doit s’organiser.

« Sur l’ensemble de la France, 600 000 tran­sac­tions sont réa­li­sées en moyenne chaque année dans l’ancien et il est cou­ram­ment admis que les 25 000 à 30 000 agences qui font régu­liè­re­ment de la tran­sac­tion, n’en réa­lisent que 50 % en moyenne, le reste étant assuré direc­te­ment par les par­ti­cu­liers ainsi que, de façon rési­duelle, par les notaires qui pra­tiquent la négo­cia­tion, explique Gérard Bor­not du cabi­net Anto­Lo­gis, or, 80 % des ache­teurs poussent la porte d’une agence. La déper­di­tion est donc très importante ».

Et le poten­tiel d’honoraires échap­pant aux pro­fes­sion­nels est encore accru par le fait que les agents immo­bi­liers ne détiennent que 35 % du parc de ges­tion loca­tive et ne réa­lisent que 50 % des locations.

Une situa­tion liée à la struc­ture même des agences. Il faut en effet savoir que la plu­part des agences fonc­tionnent avec deux ou trois sala­riés maxi­mum et ne réa­lisent que 10 à 12 tran­sac­tions par an.

Pour preuve, 60 % d’entre elles ne génèrent pas plus de 150 000 euros par an de chiffre d’affaires. Et dans un mar­ché immo­bi­lier en plein ralen­tis­se­ment, elles se font une guerre sans merci pour décro­cher des mandats.

L’adhésion à un réseau per­met de béné­fi­cier d’un concept testé qui a réussi. L’entrepreneur est formé sui­vant le concept déve­loppé par le réseau ; on lui four­nit un mora­toire pré­cis de ce qu’il a à faire. Il a le sou­tien du fran­chi­seur qui vient le voir et qui fait un audit pour per­mettre d’avancer. C’est très confor­table pour l’entrepreneur qui a ainsi plus de chance de réus­sir qu’en isolé. Tous les réseaux pro­posent des com­mis­sions pour faire évoluer la pro­fes­sion au sein des­quelles le fran­chisé peut s’investir.
Cathe­rine Rous­se­lot Dona­dille
Direc­trice Mar­ke­ting du Salon Fran­chise Expo Paris

« Deux ou trois ans en arrière, beau­coup d’agences immo­bi­lières ont fleuri et même lorsqu’elles n’étaient pas qua­li­fiées, pou­vaient s’en sor­tir parce que le mar­ché était très por­teur, mais aujourd’hui, elles sont obli­gées de « cas­ser » leurs com­mis­sions pour décro­cher des man­dats, ce qui, au pas­sage, est illé­gal. Elles ont perdu 30 ou 40 % de leur chiffre d’affaires et ne peuvent plus payer leurs charges et leurs salariés ».

« De fait, le « turn over » des col­la­bo­ra­teurs est impor­tant car ceux-ci ne gagnent pas suf­fi­sam­ment leur vie, note Gérard Bornot.

A ces han­di­caps qui ne vont pas dans le sens de la qua­lité du ser­vice, impé­ra­tive aujourd’hui, s’en ajoute d’autres même pour les diri­geants sérieux : le manque d’outils com­mer­ciaux, de plans de for­ma­tion, de plans de car­rière pour les négociateurs.

« Si l’on est un bon com­mer­cial, on a cou­tume de dire dans le métier qu’il faut soit tuer le patron de l’agence, soit épou­ser sa fille», s’exclame, avec humour, Gérard Bornot.

Le nombre impor­tant de diri­geants non affi­liés à une orga­ni­sa­tion pro­fes­sion­nelle (réseau com­mer­cial ou syn­di­cat) sus­cep­tible de four­nir un cer­tain nombre d’outils et de ser­vices consti­tue égale­ment un frein au déve­lop­pe­ment d’une agence.

Dans un tel contexte, dif­fi­cile d’offrir un ser­vice de qua­lité à une clien­tèle de plus en plus exi­geante et de faire face aux évolu­tions d’un métier, par ailleurs bous­culé par l’arrivée de grandes banques mais aussi de grands pro­mo­teurs et réseaux qui rachètent des enseignes à tours de bras.

A l’image du Cré­dit Agri­cole désor­mais implanté un peu par­tout en France avec sa marque Square Habi­tat ou de Fon­cia qui vient notam­ment de rache­ter près d’une qua­ran­taine d’agences dans l’ouest de la France.

La crise de l’immobilier per­met aux réseaux de se déve­lop­per. De nom­breux agents immo­bi­liers sont confron­tés à des dif­fi­cul­tés et il y a beau­coup de défec­tions. Soit on baisse les bras et on arrête son acti­vité, soit un se fédère en réseau et on béné­fi­cie de l’appui d’une struc­ture, ce qui génère des contacts et l’accès à un large fichier.
Fabrice Bla­cher
Fon­da­teur de FBI

Pour le diri­geant indé­pen­dant et isolé, la lutte pour la sur­vie passe donc par une meilleure struc­tu­ra­tion, un pro­fes­sion­na­lisme et une qua­lité de ser­vices accrus.  Encore faut-il qu’il s’en donne les moyens.

« Les agents immo­bi­liers doivent s’inscrire dans une véri­table stra­té­gie de qua­lité de ser­vices, pré­cise Gérard Bor­not, le client doit être au coeur de ses préoccupations.

Il doit inté­grer les tech­no­lo­gies modernes pour gagner en pro­duc­ti­vité, enri­chir son offre en inté­grant les outils des fichiers com­muns de man­dats exclu­sifs, s’appuyer sur une orga­ni­sa­tion pro­fes­sion­nelle puis­sante pour com­mu­ni­quer au plan natio­nal, peser sur les pou­voirs publics, méri­ter la confiance de la clien­tèle en adop­tant des règles d’éthique et de déontologie».

De ce point de vue, l’adhésion à un réseau de fran­chise consti­tue une bonne piste. On le sait, l’union fait la force. Et la fran­chise a un atout de poids: elle per­met de rompre l’isolement du diri­geant, de don­ner toutes les chances à son entre­prise et de pro­fi­ter de la noto­riété d’une marque connue et reconnue.

Les fran­chi­seurs de plus en plus nombreux

« La France est le 3e pays au monde en terme de fran­chise et nous n’en sommes qu’au début, expliquent Patrick Michel Khi­der et Ber­nard de Cré­miers, les fon­da­teurs de Lafo­rêt Immo­bi­lier, dans un contexte très concur­ren­tiel, les indé­pen­dants vont perdre des parts de marché.

Cette situa­tion est ren­for­cée par le fait que les consom­ma­teurs vont de plus en plus vers les marques, ce qui laisse à pen­ser que la fran­chise a encore de beaux jours devant elle».

En s’alliant à une fran­chise, le créa­teur ou l’agent immo­bi­lier déjà ins­tallé, béné­fi­cie immé­dia­te­ment de la puis­sance d’une marque et de son savoir-faire, tant auprès de la clien­tèle que des banques.

Et cela tout en conser­vant son indé­pen­dance juri­dique. Le fran­chisé demeure res­pon­sable de l’activité et de la péren­nité de son entreprise.

En contre­par­tie, le fran­chi­seur met à sa dis­po­si­tion un cer­tain nombre d’outils tant en matière de for­ma­tion, de com­mu­ni­ca­tion, que de management.

Aujourd’hui, inté­grer un réseau, c’est se dire qu’on n’est pas tout seul. On peut échan­ger entre confrères, on peut com­pa­rer des chiffres, des ana­lyses… Quand on se pré­sente chez un ven­deur, il est impor­tant de lui mon­trer les outils que nous allons déployer pour pro­po­ser son pro­duit aux acqué­reurs. De ce point de vue, le réseau natio­nal ras­sure. Pour notre part, nous avons autant de man­dats par agence que les grands réseaux. Et pour tous nos adhé­rents, cela repré­sente 50 % de man­dats en plus sur un an et 30 % de chiffre d’affaires au bout de la pre­mière année d’existence.
Jean-Louis Roy
Fon­da­teur d’Elyse Avenue

Il assure, en outre, une assis­tance per­ma­nente du point de vue com­mer­cial, juri­dique, tech­nique et finan­cier. Autre­ment dit, le fran­chisé pro­fite non seule­ment de la noto­riété du réseau mais aussi des syner­gies impul­sées, des inno­va­tions et, ce qui ne gâte rien, d’économies d’échelles tant en matière de publi­cité que de four­ni­tures liées à l’exercice de sa pro­fes­sion (inter­net, maté­riel, papeterie…).

Pour un créa­teur sans expé­rience, le fran­chi­seur est donc un allié pré­cieux au moment du démar­rage de l’activité.

Reste que pour le fran­chisé, toute la dif­fi­culté réside dans le choix du fran­chi­seur. Et dans un mar­ché en pleine expan­sion, ce n’est pas si simple.

Com­ment choisir ?

Sur quels cri­tères faire son choix ? Tout d’abord, il faut faire la dis­tinc­tion entre réseaux de fran­chise, réseaux sous licence de marque et coopératives.

Parmi les ténors de la fran­chise, c’est Cen­tury 21 (Groupe Nexity) qui vient en tête avec 925 agences en France (8 100 au total sur 45 pays dans le monde).

Né aux Etats-Unis en 1971, implanté dans l’Hexagone depuis 1987, le réseau conti­nue de faire des adeptes puisqu’il gagne une ving­taine d’agences sur un an.

En seconde posi­tion, le réseau Lafo­rêt Immo­bi­lier, créé pour sa part en 1991, détient aujourd’hui 870 agences et qui devrait atteindre les 900 à très court terme, l’objectif du réseau étant d’atteindre 1 500 agences dans dix ans.

Viennent ensuite des fran­chi­seurs comme Guy Hoquet (groupe Nexity) qui détient 650 agences, Era Immo­bi­lier (400 agences) et Avis Immo­bi­lier (Ata­raxia du groupe Cré­dit Mutuel), le plus ancien réseau immo­bi­lier fran­çais (créé en 1957) qui compte 228 agences à l’heure actuelle mais veut pas­ser à la vitesse supé­rieure avec la créa­tion de 50 à 60 agences par an, l’objectif étant de dou­bler ses effec­tifs en 2011.

Quant au réseau Sol­vimo crée en 2001, il compte déjà plus de 200 agences. 

Glo­ba­le­ment les réseaux de Fran­chise ont une lon­gueur d’avance sur les réseaux sous licence de marque beau­coup plus récents.

Devenu «réseau natio­nal» depuis 1987, Le Tuc Immo se dis­tingue des autres enseignes du sec­teur par son atta­che­ment aux struc­tures fami­liales. Hor­mis Arthur (450 agences) dont les pre­mières agences sont appa­rues en 1995 et Imo­group (90 agences) en 1997, les autres tels CIMM (135 agences), 4 % Immo­bi­lier, Equu­lus, AB Immo­bi­lier, Elyse Ave­nue, Futur Tran­sac­tions, Agence Prin­ci­pale, sont tous nés durant les années 2000.

Quant aux réseaux coopé­ra­tifs, ils sont net­te­ment moins nom­breux, prin­ci­pa­le­ment repré­sen­tés par Orpi, le pre­mier réseau de France (né en 1965) avec 1 475 agences et l’Adresse créé par la Fnaim en 1999 et reven­di­quant 390 agences.

A cela, il faut ajou­ter des réseaux étran­gers qui tentent de s’implanter en France tels ReMax ou Swixim.

Un maillage de plus en plus dense

Mais, face aux réseaux mas­to­dontes, qu’est-ce qui pousse cer­tains agents immo­bi­liers à créer leur propre réseau ? Quelles sont leurs marges de manoeuvre ? Et en quoi se démarquent-ils des autres ?

Un constat : comme leurs pré­dé­ces­seurs, la plu­part des nou­veaux réseaux se déve­loppent d’abord à l’échelon d’une région avant de pas­ser à la vitesse supérieure.

« Il est nor­mal que les réseaux naissent d’abord à l’échelon d’une région parce qu’ils sont géné­ra­le­ment l’émanation d’agents immo­bi­liers implan­tés dans un sec­teur et lorsqu’ils se rendent compte que cela marche, ils s’étendent à l’échelon natio­nal », constate Cathe­rine Rousselot-Donnadille.

En France, 20 % seule­ment des agences sont en réseau alors qu’au Canada, elles sont 80 %. Il y a encore beau­coup de place pour tous les réseaux, y com­pris ceux des ban­quiers. Je remarque aussi que c’est dans les années de réces­sion que la fran­chise s’est tou­jours le mieux déve­lop­pée
Jean-Pascal Dutto
ReMax

C’est, par exemple, le cas de Fabrice Bla­cher, fon­da­teur du réseau FBI dont l’aventure a démarré il y a trois ans en Nor­man­die. « J’ai tout d’abord monté trois agences fran­chi­sées et j’ai voulu voir com­ment je m’en sor­tais, explique-t-il, aujourd’hui, mon réseau compte 20 fran­chi­sés et mon objec­tif est d’ouvrir quinze nou­velles agences FBI d’ici à la fin de l’année. En 2009, j’espère pas­ser à 50 agences ».

Ce jeune réseau est désor­mais pré­sent non seule­ment en Nor­man­die et notam­ment à Deau­ville, Le Havre, Rouen, Caen et Evreux, mais aussi à Paris, Chartes et Orléans.

Créé en mars 2006, Elyse Ave­nue est né à Lyon. Et en un peu plus de deux ans, le réseau compte 40 agences. Mais ses objec­tifs sont ambitieux.

« J’espère atteindre 150 agences à fin 2009 et pas­ser à 300 agences très rapi­de­ment, indique Jean-Louis Roy qui pour­suit : « je ne fais pas la course au nombre d’ouvertures, ce qui compte c’est de créer un réseau dyna­mique et solide».

Futur Tran­sac­tions qui s’est tout d’abord déve­loppé dans les Yve­lines, est désor­mais pré­sent en Nor­man­die et en Bre­tagne ainsi que dans l’est, le centre et le sud est de la France, ainsi qu’à la Réunion et à Saint-Martin.

« J’ai démarré ma car­rière chez Mac Donald à 22 ans, explique Oli­vier Le Coq, le fon­da­teur du réseau, j’ai vite gravi les éche­lons et appris à mana­ger les gens, j’avais une vision de la fran­chise et lorsque je me suis ins­tallé comme agent immo­bi­lier c’est tout natu­rel­le­ment que j’ai inté­gré un grand réseau de fran­chise. J’imaginais que, comme chez Mac Donald, le fran­chi­seur aurait orga­nisé, pla­ni­fié l’ouverture de mon agence mais j’ai été très déçu, j’ai du me débrouiller tout seul, sans sou­tien de mon fran­chi­seur. Il n’empêche qu’après 14 mois d’activité, j’avais déjà réa­lisé 330 000 euros de chiffre d’affaires et qu’au bout de deux ans j’avais déjà ouvert trois agences et réa­lisé 1 mil­lion d’euros de chiffre d’affaire».

Et si ce jeune réseau, créé en 2006 ne dis­pose, pour l’heure que de 15 agences , il se targue d’en comp­ter 60 d’ici à la fin de l’année, son objec­tif étant d’atteindre 200 ouver­tures en 2010.

Au-delà de l’argument qui consiste à mettre en avant le nombre d’ouvertures effec­tuées chaque mois ou chaque tri­mestre, quels sont les objec­tifs de ces réseaux ? Que mettent-ils en avant pour cap­ter de nou­veaux membres ?

Pas tou­jours évident de faire la part des choses. D’autant que le propre d’un réseau n’est pas de divul­guer tous ces atouts avant que l’adhérent ne signe son contrat. Et qu’il paie le droit d’entrée qui lui ouvrira le sésame…

Des approches originales

« Les grands groupes sont de grosses machines qui perdent la notion du métier, argu­mente Fabrice Bla­cher, pour ma part, je ne suis pas seule­ment un fran­chi­seur. J’ai les mêmes pré­oc­cu­pa­tions que les pro­fes­sion­nels qui adhèrent à mon réseau. Je suis, moi-même agent immo­bi­lier depuis 1981 et je détiens douze agences qui emploient 45 négo­cia­teurs. Il me sem­blait que j’étais bien placé pour faire pro­fi­ter de mon expé­rience. Le ralen­tis­se­ment du mar­ché per­met ce développement».

Etude de mar­ché, bilan pré­vi­sion­nel, assis­tance à la recherche d’un local, à la rédac­tion du bail, aux sta­tuts de l’entreprise, étude du finan­ce­ment, aux démarches admi­nis­tra­tives, au recru­te­ment, élabo­ra­tion d’un plan média à l’ouverture de l’agence…

Tel est l’appui du réseau avant et au moment du démar­rage du créa­teur qui béné­fi­cie par ailleurs d’une for­ma­tion théo­rique et pra­tique de six semaines dans tous les domaines qui touchent à l’immobilier (juri­dique, com­mer­cial, admi­nis­tra­tif, fis­cal, mana­ge­ment, infor­ma­tique). A cela, il faut ajou­ter une for­ma­tion conti­nue d’une jour­née par tri­mestre ainsi qu’une « hot­line » dédiée aux aspects juri­diques du métier et à l’informatique.

« Les agents immo­bi­liers sont confron­tés au devoir de conseil, nous devons les assis­ter au maxi­mum. Quand ils sont déjà agents immo­bi­liers, il n’y a pas de pro­blème, mais quand ils sont créa­teurs, on leur donne la meilleure assis­tance pos­sible, explique Fabrice Bla­cher, tous les mois on passe les voir et s’ils ren­contrent une dif­fi­culté, on ana­lyse la situa­tion avec eux et on les aide à cor­ri­ger le tir ».

Autre approche, celle de Sol­vimo. Ce réseau lancé en 2001 est aujourd’hui avec 150 agences ouvertes, en 7e posi­tion des fran­chi­seurs en France. Et sa pro­gres­sion est très rapide puisque 90 autres agences sont en cours d’ouverture (contrats signés), ce qui porte le nombre de fran­chi­sés à 240.

Notre déve­lop­pe­ment est lié au bon fonc­tion­ne­ment de notre réseau qui reste à taille humaine. Contrai­re­ment aux grands réseaux je consi­dère qu’il est plus impor­tant d’investir dans l’annimation des points de vente plu­tôt que de réa­li­ser les cam­pagnes publi­ci­taires TV.
Oli­vier Alonso
Pré­sident Sol­vimo Immobilier

« Notre déve­lop­pe­ment est lié au bon fonc­tion­ne­ment de notre réseau qui reste à taille humaine, explique Oli­vier Alonso, le Pdg fon­da­teur du réseau, nous avons une vision plus nova­trice du métier et des outils très performants.

Nous appor­tons tous les ser­vices d’une grande fran­chise mais pour ma part, je consi­dère, à l’inverse des grands réseaux, qu’il est plus impor­tant d’investir dans l’animation des dif­fé­rents points de vente plu­tôt que de réa­li­ser de grandes cam­pagnes TV.

C’est une vision qui marche bien car nous sommes arri­vés à la même qua­lité de ser­vices que les grands réseaux qui, par ailleurs, nous res­pectent ». D’un son­dage Ifop réa­lisé en avril der­nier sur 300 clients Sol­vimo, il res­sort que 97 % de ces clients sont satis­faits des pres­ta­tions de l’agent immo­bi­lier local.

« Preuve du sérieux et de la qua­lité que notre réseau apporte à ses fran­chi­sés et par voie de consé­quence aux clients ven­deurs et acquéreurs ».

Le réseau sur­tout implanté en région pari­sienne et en Paca, pour­suit son maillage sur l’ensemble du ter­ri­toire fran­çais et garan­tit une zone d’exploitation aux franchisés.

On aide nos fran­chi­sés à se consti­tuer une clien­tèle, on les forme durant deux mois en alter­nance, soit deux jours de théo­rie et trois jours de vie en agence. Le par­te­naire doit se for­ger une expé­rience. Chez nous 75 % des fran­chi­sés sont des créa­teurs qui viennent de tous hori­zons et 25 % des agents immo­bi­liers déjà ins­tal­lés. Ce qui nous lie, c’est la même vision, la même notion de ser­vices. Une notion que les agents immo­bi­liers ont ten­dance à oublier parce qu’ils sont pris dans un rythme et qu’ils ne maî­trisent pas leur temps. Et ça marche puisque nos agences réa­lisent 20 à 30 % de chiffre d’affaires en plus par rap­port à d’autres. L’agence de Mon­ti­gny qui a un mana­ger et deux conseillers réa­lise même un chiffre d’affaires de 500 000 à 550 000 euros. C’est énorme com­paré à la moyenne que réa­lisent les agences non fran­chi­sées.
Oli­vier Le Coq
Fon­da­teur de Futur Tran­sac­tions
 

Elyse Ave­nue figure au rang des petits réseaux qui montent. Impulsé par Jean– Louis Roy avec le concours de Guy Hoquet, l’enseigne a vu le jour en 2006.

Deux ans plus tard, le réseau dis­pose de 40 agences répar­ties dans 27 départements.

Fondé sur le fait que les femmes qui effec­tuent les pre­mières démarches auprès des agences lorsqu’il y a pro­jet immo­bi­lier, le réseau s’appuie notam­ment sur un concept novateur.

Chaque agence du réseau se pré­sente, en effet, comme un appar­te­ment amé­nagé avec cui­sine à l’américaine pour l’espace accueil et salon très « cosy » pour que le client se sente comme chez lui.

« Je n’aurais jamais fait de la fran­chise si je n’avais pas ren­con­tré Guy Hoquet, explique Jean-Louis Roy, tous les réseaux se disent dif­fé­rents mais sont assez iden­tiques et nous nous sommes posés la ques­tion de savoir ce que l’on pour­rait faire pour être dif­fé­rents. Nous avons fait une étude de mar­ché qui nous a per­mis de cer­ner deux choses, la pre­mière c’est que le mar­ché a une forte domi­nante fémi­nine, la seconde c’est que la clien­tèle a besoin d’une mise en confiance et de convi­via­lité. D’où notre concept. Nous n’avons pas réin­venté le métier mais on peut l’aborder différemment ».

Et ce jeune réseau veut même expor­ter son concept à l’étranger, notam­ment au sud et au nord de l’Europe. Pour Futur Tran­sac­tions, pas ques­tion de repro­duire le modèle des grands réseaux.

« Chez Mac Donald, le jour où vous ouvrez votre établis­se­ment, tout est prêt, pla­ni­fié, ce n’est pas le cas des grands réseaux qui misent sur leur noto­riété pour atti­rer des franchisés.

Or, la noto­riété n’est pas tou­jours suf­fi­sante, consi­dère Oli­vier Le Coq, ils font de la publi­cité à la télé­vi­sion parce que cela leur per­met de vendre des droits d’entrée 20 000 à 25 000 euros mais le ser­vice n’est pas à la hauteur ».

De fait, ce réseau se défi­nit comme une fran­chise low cost avec des ser­vices très per­for­mants et à la carte. « Chez nous, on ne paie que ce que l’on utilise ».

ReMax qui s’est implanté en France depuis peu vise de plus grosses struc­tures. « Nous sélec­tion­nons des fran­chi­sés ayant la capa­cité de recru­ter des équipes de com­mer­ciaux impor­tantes car il me semble que c’est beau­coup plus effi­cace pour les tran­sac­tions. A Rome, nous avons une agence avec 130 col­la­bo­ra­teurs. On est un MLS euro­péen et nous sommes d’ailleurs la seule fran­chise a avoir réflé­chi sérieu­se­ment à l’échelon inter­na­tio­nal », note Jean-Pascal Dutto, de ReMax.

Leur cible, l’agent immo­bi­lier soli­de­ment ancré à un ter­ri­toire plu­tôt que le créa­teur. A ce jour, le réseau dis­pose de 11 fran­chises et d’une cin­quan­taine de col­la­bo­ra­teurs, le tout en 8 mois de com­mer­cia­li­sa­tion du concept.

Il est pré­sent à Dun­kerque, Bor­deaux, Paris, la Côte d’Azur et l’Ile de France. Et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Bref, on le voit toutes les fran­chises n’ont pas la même phi­lo­so­phie. En termes de recru­te­ment comme de droit d’entrée et de rede­vance non plus.

Recru­te­ment drastique

Le recru­te­ment est la clé de voûte de tout réseau qui veut se déve­lop­per.  De ce point de vue, les réseaux se montrent exi­geants et se posi­tionnent sur deux cibles : les créa­teurs doté d’une solide for­ma­tion supé­rieure et dési­reux de créer leur entre­prise et les agents immo­bi­liers indépendants.

Le recru­te­ment s’effectue par can­di­da­tures spon­ta­nées, par le biais des salons pro­fes­sion­nels ou encore par le biais de par­rai­nage ou d’annonces. Pour les agents déjà ins­tal­lés, la situa­tion géo­gra­phique est déter­mi­nante. Si le réseau estime qu’il existe un poten­tiel et qu’il n’y a pas d’agences fran­chi­sées ins­tal­lées dans un rayon proche, pas de problème.

La conjonc­ture n’est pas très bonne depuis main­te­nant plus d’un an et il semble évident qu’il n’y aura que les agences sus­cep­tibles d’apporter un ser­vice de qua­lité qui sub­sis­te­ront. De ce point de vue, l’adhésion à un réseau comme à un syn­di­cat pro­fes­sion­nel est une bonne option. Le mar­ché de la fran­chise est devenu très concur­ren­tiel et je pense que de gros réseaux comme Cen­tury 21 doivent se remettre en cause car ils ne sont plus seuls. On fai­sait le reproche à Cen­tury 21 de man­quer d’écoute vis-à-vis de ses fran­chi­sés. Il est vrai qu’on n’était pas tel­le­ment entendu. Mais il y a un chan­ge­ment de géné­ra­tion et l’arrivée d’un sang neuf per­met aujourd’hui de mettre en oeuvre une meilleure écoute. Nexity a été pour beau­coup dans cette remise en cause.
Jean-François Gra­nié
Fran­chisé Cen­tury 21 à Mont­pel­lier, pré­sident de la chambre Fnaim du dépar­te­ment et pré­sident du 3e SIA à l’échelon de l’Hexagone (158 agences)

« Nous fai­sons un étude de mar­ché sur le sec­teur, ensuite, nous réa­li­sons une sélec­tion en tes­tant les can­di­dats pour savoir s’ils sont prêts à s’intégrer à un réseau et s’ils par­ti­ci­pe­ront à la vie du réseau, expliquent Patrick Michel Khi­der et Ber­nard de Cré­miers, c’est le secret de la réus­site d’un réseau, plus l’agent immo­bi­lier par­ti­cipe et plus son chiffre d’affaire aug­mente. Pour cela, il faut la men­ta­lité d’un chef ».

Au niveau d’études et à la moti­va­tion, s’ajoute évidem­ment des cri­tères financiers.

Le futur fran­chisé a-t-il un apport ? Peut-il emprun­ter? « On l’aide à bâtir son plan de finan­ce­ment, son busi­ness plan… », pré­cise Patrick Michel Khider.

Dans tous les réseaux, l’intégration passe par une période de for­ma­tion plus ou moins longue selon la fran­chise. «Les grandes banques qui se posi­tionnent sur l’immobilier recrutent des bac +4 ou 5 et consacrent 5% de leur chiffre d’affaires à for­mer leurs com­mer­ciaux, cela va obli­ger les réseaux à suivre», observe Gérard Bornot.

Droit d’entrée variable

Quant aux droits d’entrée et à la rede­vance, ils sont très variables. Chez FBI, les droits d’entrée se montent à 18 000 euros (y com­pris le site inter­net, charte graphique).

La rede­vance équi­vaut à 950 euros HT men­suels, mais les six pre­miers mois, le fran­chisé ne paie rien.

« Les grands réseaux font payer 6 à 8 % du chiffre d’affaires », lance Fabrice Blacher.

Chez Sol­vimo, on pro­pose pour l’agent déjà ins­tallé, des droits d’entrée à 15 000 euros et à 20 000 euros pour le créa­teur. Ce qui tient compte d’une for­ma­tion plus importante.

A cela, il faut ajou­ter une rede­vance de 750 euros men­suels plus 350 euros de fonds de com­mu­ni­ca­tion, soit 1100 euros HT par mois.

Quant aux éven­tuelles royal­ties, « elles ne sont pas pré­vues dans l’immédiat, plus tard on y vien­dra ». Chez Elyse Ave­nue, même approche tarifaire.

« L’agent ins­tallé ne paie pas la même chose que le créa­teur. Dans l’ensemble, disons que cela coûte 8 500 euros HT pour la for­ma­tion et le coat­ching. Mais on fait du surmesure ».

Quant aux grands réseaux, leurs tarifs sont plus impor­tants. Chez Lafo­rêt, les droits d’entrée s’élèvent à 28 000 euros et la rede­vance s’établit à 6 % du chiffre d’affaires annuel avec un dégressif.

A cela, il faut ajou­ter 2 % pour le fonds com­mun de publi­cité. Reste à savoir, compte tenu des tarifs, si les agences en retirent des bénéfices.

Selon les réseaux, c’est indis­cu­table. La plu­part des pro­fes­sion­nels affirment que leur fran­chise per­met à l’agent immo­bi­lier d’augmenter son chiffre d’affaire de 40 à 50 %.

Il n’empêche que grands réseaux ou pas, cer­taines agences ne sur­vivent pas longtemps.

«C’est tou­jours catas­tro­phique, lance Fabrice Bla­cher, dans mon sec­teur par exemple, deux agences sous enseigne qui viennent de fer­mer. On ne s’invente pas agent immo­bi­lier, c’est un vrai métier ».

On assiste aussi à la reprise par de grandes banques, d’agences sous l’enseigne de grands réseaux. Une situa­tion qui n’est pas tou­jours bien vécue par les agents immobiliers…

L’union fait la force : c’est le prin­cipe de base du réseau de fran­chise. On est tou­jours mieux à plu­sieurs que tout seul. Il y a une sorte d’émulation. C’est la logique de l’intercabinet, en quelque sorte une forme de MLS à la fran­çaise. Pour notre part, nous déve­lop­pons plu­sieurs concepts : Le Tuc Immo­bi­lier qui est un réseau de fran­chise sous licence de marque, Idimmo l’Immobilier en direct qui s’adresse aux agents indé­pen­dants qui n’ont pas pignon sur rue, et Idi­max, un réseau d’agence à frais réduits, et enfin Pin­kimmo. Au total, nous comp­tons 1000 agences sous licence de marque. Aujourd’hui, pour un client, le repère, c’est la marque. Or, les agents immo­bi­liers ont des dif­fi­cul­tés à prendre des parts de mar­ché sur les par­ti­cu­liers. Avec un réseau, il dyna­mise ses ventes, réduits ses coûts, béné­fi­cie d’outils de for­ma­tion, d’un suivi.
Claude Oli­vier Bon­net
Direc­teur géné­ral et com­mer­cial du groupe Eric Mey

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