Transaction, la stratégie des notaires

Lundi 20 octobre 2008, dans Dossier

Fini l’euphorie immo­bi­lière. Dans ce contexte de crise, les notaires réagissent et veulent aug­men­ter leur part du gâteau de la transaction.

Ils se regroupent, créent des sites Inter­net, jouent l’effet de proxi­mité auprès de leur clien­tèle. Trouveront-ils leur place entre les agents immo­bi­liers qui occupent déjà bien le ter­rain et les par­ti­cu­liers qui détiennent la moi­tié du marché ?

«Déjouez les pièges de l’immobilier ». Le slo­gan que l’on a pu voir au prin­temps dans la presse maga­zine et sur un cer­tain nombre de sites Inter­net est on ne peut plus expli­cite quant à la volonté des notaires de pro­mou­voir et déve­lop­per leur acti­vité de négo­cia­tion immobilière.

Cette cam­pagne avait, en effet, pour objec­tif de faire connaître au grand public le por­tail récem­ment mis en ligne par les Notaires de France (www.immobilier.notaires.fr), sur lequel les par­ti­cu­liers peuvent actuel­le­ment trou­ver, sur l’ensemble du ter­ri­toire, quelque trente mille annonces dont les man­dats de vente ont été confiés à des notaires.

Cette volonté se tra­duira égale­ment bien­tôt par la mise en ligne d’un autre site, en lien avec le pré­cé­dent, d’un concept tout à fait ori­gi­nal puisqu’il s’agira d’un sys­tème de vente interactive.

« Après mise en rela­tion par le biais d’Internet, les par­ti­cu­liers pour­ront en effet visi­ter phy­si­que­ment le bien et obte­nir auprès du notaire un code d’accès qui leur per­met­tra, s’ils sont inté­res­sés, de faire une offre de prix dif­fé­rente de celle indi­quée dans l’annonce », indique Pierre Bazaille, du pôle immo­bi­lier des Notaires de France et pré­sident de l’Institut nota­rial de l’immobilier. Sur les six semaines de mise en ligne de l’annonce, cette pos­si­bi­lité pourra être exer­cée durant quarante-huit heures et c’est, bien entendu, la meilleure offre qui l’emportera ».

Ce concept, bap­tisé Ventes nota­riales inter­ac­tives, devrait démar­rer dès le début de l’année 2009. Objec­tif affi­ché ? « Le but de ce site n’est pas de rem­pla­cer la négo­cia­tion tra­di­tion­nelle, mais d’offrir une qua­lité de ser­vices, indique pour sa part Xavier Ripoche, direc­teur du mar­ché immo­bi­lier des Notaires de France. Nous allons pro­po­ser, pour chaque bien dont nous détien­drons un man­dat exclu­sif et qui aura fait l’objet d’une évalua­tion, l’information la plus com­plète pos­sible, en met­tant en ligne des pho­tos, des plans, les diag­nos­tics tech­niques obli­ga­toires… Bref, l’image vieillotte dont les notaires avaient – semble-t-il – du mal à se débar­ras­ser, fait défi­ni­ti­ve­ment par­tie du passé.

Des parts de mar­ché disparates

Nul doute que les agents immo­bi­liers ne voient pas la chose d’un bon oeil, même si l’activité de négo­cia­tion reste fina­le­ment assez mar­gi­nale chez les notaires.

A l’échelon natio­nal, elle ne concerne en moyenne que 10 % des tran­sac­tions et ne repré­sente que 4 % du chiffre d’affaires des études.

Reste que la négo­cia­tion est une tra­di­tion plus ou moins implan­tée selon les régions.

« Tra­di­tion­nel­le­ment, il y a deux régions où l’ancrage est impor­tant, le Nord, la Bre­tagne et son pour­tour, ainsi que, dans de moindres pro­por­tions, la région de Bor­deaux. Dans ces sec­teurs, les études nota­riales ont sou­vent des ser­vices bien orga­ni­sés, drai­nant de 15 à 20 % de chiffre d’affaires », indique Pierre Bazaille, qui pour­suit « Cela reste une acti­vité acces­soire et il faut savoir que sur le reste de la France, on négo­cie peu ou prou ».

A titre d’exemple, dans le Rhône, il existe un peu moins de trois cents notaires, mais six seule­ment font de la transaction.

Dans les Alpes-Maritimes, un seul offi­cier minis­té­riel exerce cette acti­vité. Quelles en sont les rai­sons ? C’est simple, tout dépend de la concur­rence qu’ils ren­contrent avec les autres pro­fes­sion­nels de la négociation.

Autre­ment dit, là où les agents immo­bi­liers sont très pré­sents, les notaires font peu de négociation.

A l’inverse, ces der­niers prennent la main lorsque les agents sont moins nom­breux, notam­ment dans les zones rurales.

Paris fait tou­te­fois figure d’exception. Les pro­fes­sion­nels immo­bi­liers y occupent une place impor­tante, ce qui n’empêche pas les notaires exer­çant l’activité de négo­cia­tion d’avoir formé des grou­pe­ments, par exemple Négonotaire.

Ce grou­pe­ment qui compte cent cin­quante membres, a été créé en 1997 et rayonne sur Paris et Neuilly­sur– Seine. Son but ? Pro­mou­voir la négo­cia­tion immo­bi­lière nota­riale en Ile-de-France.

« C’est plus facile à Paris que dans une ville moyenne où les oppor­tu­ni­tés sont plus impor­tantes », pré­cise Pierre Bazaille.

Au total, deux tiers des notaires font de la négo­cia­tion, mais seule­ment un tiers a un ser­vice dédié.

De fait, on peut dire que, pour une majo­rité de pro­fes­sion­nels, cette acti­vité reste véri­ta­ble­ment accessoire.

Cer­tains n’y sont d’ailleurs pas favo­rables, esti­mant que leur rôle ne se place pas dans la négo­cia­tion mais dans la sécu­ri­sa­tion juri­dique des actes immo­bi­liers ; d’autres, au contraire, s’y impliquent.

Comme Me Fran­çois Carré, à Paris. « Au début, je n’y étais pas favo­rable car je consi­dé­rais que cela dépas­sait mon rôle. Mais, il y a une dizaine d’années, j’ai fait un DESS en ges­tion de patri­moine et, dans cette logique de ges­tion, la négo­cia­tion me parais­sait un ser­vice com­plé­men­taire per­ti­nent. Pour moi, cette acti­vité reste cepen­dant mar­gi­nale puisqu’elle ne repré­sente que 5 % de mon chiffre d’affaires. En tout cas, elle n’est pas indis­pen­sable à mon activité. »

Ce notaire fait d’ailleurs par­tie de Négo­no­taires. « Cela crée une inter­ac­ti­vité entre pro­fes­sion­nels. On se ren­contre régu­liè­re­ment, on échange nos expé­riences, alors qu’auparavant, on était davan­tage iso­lés », pour­suit, Me Fran­çois Carré.

De nom­breux groupements

Selon Nota­riat Ser­vices, groupe de presse situé à Pom­pa­dour, en Cor­rèze, qui conçoit et dif­fuse à des­ti­na­tion des notaires de nom­breux jour­naux, revues et sites Inter­net, il existe actuel­le­ment en France une cin­quan­taine de grou­pe­ments de notaires négo­cia­teurs, réunis­sant de trois à plus de soixante études selon les cas.

Cer­tains dépar­te­ments dis­posent de plu­sieurs grou­pe­ments, notam­ment dans le Nord de la France (Dun­kerque et Lille), tan­dis que d’autres rayonnent sur plu­sieurs dépar­te­ments (Franche-Comté par exemple).

Au total, sur près de quatre mille cinq cents études, mille deux cents envi­ron font de la négo­cia­tion. Et cer­tains notaires se font fort de faire pro­gres­ser cette activité.

A l’image de Thi­bault Sudre, notaire à Bor­deaux et pré­sident de l’Association de déve­lop­pe­ment de la négo­cia­tion (ADN, www.adn-notaires. fr).

Une conven­tion se tient chaque année depuis quatre ans. La der­nière en date, qui s’est dérou­lée à Opio au mois de juin, a d’ailleurs ren­con­tré un beau suc­cès puisqu’elle a ras­sem­blé trois cent cin­quante notaires et négociateurs.

De nom­breux thèmes y ont été abor­dés, tels le rôle du négo­cia­teur, les plus-values, les diag­nos­tics tech­niques, l’expertise, l’amélioration de la ren­ta­bi­lité d’un ser­vice négo­cia­tion, la qualité…

Il est vrai que la négo­cia­tion débouche bien sou­vent sur d’autres pres­ta­tions. Par exemple, l’expertise de biens immo­bi­liers ou la ges­tion de patrimoines.

Cer­tains notaires et notam­ment les ruraux ne peuvent sur­vivre que grâce à la négo­cia­tion immo­bi­lière du fait de l’exode rurale et de la forte baisse du nombre des tran­sac­tions d’exploitations agricoles. 

Au grand dam des agents immo­bi­liers qui ont déjà bien des dif­fi­cul­tés à prendre des parts de mar­ché sur les par­ti­cu­liers et qui se trouvent, de nou­veau, confron­tés à une concur­rence accrue des études notariales.

Il faut dire que la crise immo­bi­lière qui s’installe ne devrait rien arranger.

Notaires comme agent immo­bi­liers la subissent en effet de plein fouet avec un nombre de tran­sac­tions en chute.

« Les notaires se sont mis à la tran­sac­tion par néces­sité écono­mique au moment de la der­nière crise, affirme Henry Buzy-Cazaux, fraî­che­ment élu délé­gué géné­ral de la Fnaim.

On a alors assisté à une guerre ouverte entre notaires et agents immo­bi­liers, mais, depuis dix ans, les choses s’étaient cal­mées car l’immobilier allait bien.

Les agents gagnaient leur vie, les notaires aussi. Ils assu­raient leur chiffre d’affaires rien qu’avec les actes ».

Aujourd’hui, la donne a changé. Mais sont-ils une réelle menace pour les agents immo­bi­liers ? Pour l’heure, pas vraiment.

D’autant que les notaires voient, sinon une baisse, au mieux une stag­na­tion de l’activité de négociation.

Une chose est sûre : agents immo­bi­liers comme notaires rêvent de prendre des parts de mar­ché sur les tran­sac­tions entre par­ti­cu­liers.  Or, on est loin du compte.

Des règles pré­cises à respecter

Il est admis que près de la moi­tié des tran­sac­tions sont le fait des par­ti­cu­liers, le reste se répar­tis­sant entre agents immo­bi­liers (35 à 40 %) et notaires (10 à 15 %), selon les régions.

« La conjonc­ture est plu­tôt sombre, lance Henry Buzy-Cazaux. On assiste à une véri­table frac­ture et, ce qui est inquié­tant, c’est que la crise n’est pas immo­bi­lière mais finan­cière, et qu’elle dépasse très lar­ge­ment nos fron­tières ».  Résul­tat, tous les pro­fes­sion­nels de la tran­sac­tion voient leur chiffre d’affaires chu­ter.  « Les notaires sont ten­tés d’aller conqué­rir des parts de marché. »

Le règle­ment natio­nal du Conseil supé­rieur du nota­riat n’y fait évidem­ment pas obs­tacle, indi­quant que « la négo­cia­tion de biens à vendre ou à louer consti­tue une des acti­vi­tés tra­di­tion­nelles du notaire ». Pas plus que la loi Hoguet.

« Il faut d’ailleurs rap­pe­ler que bien avant le décret de 1955 sur la publi­cité fon­cière, les notaires rédi­geaient et rece­vaient la quasi-totalité des muta­tions immo­bi­lières, indique Gérard Bor­not, consul­tant du cabi­net ANTOlogis.

La pro­fes­sion d’agent immo­bi­lier n’a été régle­men­tée que bien plus tard avec, jus­te­ment, la loi Hoguet de 1970 et son décret d’application (no 72–678 du 20 juillet 1972).

A l’inverse des agents immo­bi­liers, cette loi ne sou­met pas les notaires à l’obligation de déte­nir une carte pro­fes­sion­nelle puisqu’ils sont offi­ciers minis­té­riels, mais ils doivent eux aussi déte­nir un man­dat et res­pec­ter cer­taines règles.

« Il y a négo­cia­tion lorsque le notaire, agis­sant en vertu d’un man­dat écrit que lui a donné à cette fin l’une des par­ties, recherche un cocon­trac­tant, le découvre et le met en rela­tion avec son man­dant, soit direc­te­ment, soit par l’intermédiaire du cocon­trac­tant, reçoit l’acte ou par­ti­cipe à sa récep­tion », pré­cise le décret du 8 mars 1978 (no 78–262).

Le notaire négo­cia­teur doit, en outre, res­pec­ter un code de bonne conduite. Il a, en effet, fallu l’affaire d’Amiens, dans les années 1980, pour que le Garde des sceaux de l’époque, Robert Badin­ter, pré­cise le cadre exact de l’intervention du notaire en matière de négo­cia­tion immobilière.

Sans doute qu’alors cer­taines études s’apparentaient-elles plus à des agences immo­bi­lières qu’à des offi­cines notariales.

Une obli­ga­tion de discrétion

En matière de négo­cia­tion, les notaires n’ont pas les mains aussi libres que les agents immo­bi­liers. Le notaire n’a, par exemple, pas le droit de prospecter.

Mais, son métier le conduit à ren­con­trer beau­coup de clien­tèle. Ne serait-ce qu’à l’occasion de suc­ces­sions, de dona­tions, d’expertises immo­bi­lières… Autant de domaines qui l’amènent à déli­vrer des conseils.

« Le notaire est le confi­dent et le conseiller natu­rel de la famille. A ce titre, il est régu­liè­re­ment confronté à des ques­tions immo­bi­lières et se trouve logi­que­ment au point de ren­contre entre offre et demande », indique Gérard Bor­not, qui pour­suit, cer­tains notaires se contentent de don­ner la marche à suivre pour vendre ou ache­ter un bien immo­bi­lier, d’autres vont beau­coup plus loin, se char­geant notam­ment de la négociation. »

Pen­dant des siècles, le notaire a été le seul inter­lo­cu­teur des par­ti­cu­liers sou­hai­tant réa­li­ser une opé­ra­tion immo­bi­lière, notam­ment dans les zones rurales.

Au début des années 1990, la région Nord-Pas-de-Calais comp­tait une agence immo­bi­lière pour trois mille deux cents foyers, alors que la moyenne natio­nale était de mille trois cent vingt et que cer­taines régions très urba­ni­sées n’en dénom­braient qu’une seule pour quatre cent cin­quante à six cents foyers.

Un notaire d’Hazebrouck recense, pour sa part, vingt agences sur son sec­teur alors qu’il n’en exis­tait aucune il y a vingt ans.

Quoi qu’il en soit, les notaires ne dis­posent pas des moyens de com­mu­ni­ca­tion des agents immobiliers.

Leur code de bonne conduite leur inter­dit par exemple de créer une vitrine et d’y affi­cher les biens pour les­quels ils détiennent un man­dat. Ils n’ont pas le droit de pra­ti­quer la négo­cia­tion ni dans un local indé­pen­dant de leur étude, ni dans une pièce dis­po­sant d’une entrée sépa­rée. Ils ne peuvent pas non plus avoir d’enseigne par­ti­cu­lière. Aucune men­tion sur leurs ser­vices et leurs com­pé­tences ne doit appa­raître sur la façade de l’étude, comme « office nota­rial spé­cia­liste en immo­bi­lier ». Pas plus qu’une indi­ca­tion d’appartenance à un grou­pe­ment de notaires négociateurs.

Le notaire peut, en revanche, appo­ser un pan­neau sur le bien à vendre ou à louer. Dans ce cas, son nom doit y figu­rer, de même que le logo de la « Marianne ». Mais dès que le bien est vendu, cet affi­chage doit être oté.

Les notaires ont égale­ment la faculté de mettre en com­mun dif­fé­rents moyens pour appor­ter le meilleur ser­vice pos­sible en matière de négociation.

Par exemple, ils ont la pos­si­bi­lité de mettre leurs man­dats de vente sur un fichier com­mun à plu­sieurs notaires ou à un groupement.

De même qu’ils peuvent dif­fu­ser leurs annonces dans des jour­naux gra­tuits d’annonces immo­bi­lières (art. 5, ali­néa 2 de l’arrêté du 27 mai 1982) édités par un groupe d’offices et dis­tri­bués gra­tui­te­ment dans les boîtes aux lettre.

Les offi­ciers minis­té­riels ont le droit de faire de la publi­cité dans les jour­naux, mais uni­que­ment pour pré­sen­ter des biens à la vente ou à la loca­tion (à l’exception donc de toute autre publicité).

Une valeur ajou­tée pour la clientèle ?

Pour jus­ti­fier de la légi­ti­mité de leur acti­vité de négo­cia­tion, les notaires mettent, bien sûr, en avant leurs com­pé­tences juri­diques et fiscales.

Il est un fait que ces connais­sances sont des atouts assu­rant la sécu­rité des ventes qui leur sont confiées.

« Nous ne sommes pas des com­mer­çants, indique un notaire, sous cou­vert d’anonymat. Dans la négo­cia­tion, il y a une notion de ser­vice qui a été trop sou­vent oubliée ces der­nières années avec l’euphorie immobilière. »

En outre, le notaire dis­pose d’outils per­for­mants en termes d’expertise. Il peut notam­ment recou­rir à Per­val grâce au logi­ciel Syno­tex, une base de don­nées qui col­lecte sept cent mille réfé­rences par an. Une aide pré­cieuse dans l’estimation du prix d’un bien immo­bi­lier quelle que soit sa localisation.

En outre, à l’échelon de son quar­tier ou de sa ville, le notaire dis­pose d’une obser­va­tion per­ma­nente du mar­ché immo­bi­lier, en par­ti­cu­lier au tra­vers des actes qu’il authen­ti­fie au quotidien.

« Lorsque j’expertise un bien immo­bi­lier, j’en donne la valeur au ven­deur et il n’est pas ques­tion, pour moi, de prendre un man­dat à un prix au-delà du mar­ché, explique Me Pierre Bazaille, sinon, je consi­dé­re­rais que je vole l’acquéreur. »

Mais, l’argument de poids des notaires tient à leur tari­fi­ca­tion, en matière de négociation.

Le man­dat écrit doit indi­quer le mode de cal­cul de l’émolument et pré­ci­ser qui, du ven­deur ou de l’acquéreur, sera facturé.

Par rap­port aux tarifs pra­ti­qués par les agents immo­bi­liers, les hono­raires de négo­cia­tion des notaires sont moins élevés.

Ceux-ci sont d’ailleurs régle­men­tés comme sui (décret 78– 262 du 8 mars 1978) : 5 % jusqu’à 45 700 euros et 2,5 % au-delà. Sur une vente de 150 000 euros, par exemple, les hono­raires s’élèvent à 3,9 % TTC.

Pour une même opé­ra­tion, les agences affichent des barèmes com­pris entre 5 et 8 %.

Certes, on assiste à l’apparition d’agences « low cost » et le ralen­tis­se­ment du mar­ché conduit de nom­breux pro­fes­sion­nels à réduire leurs rémunérations.

Sur un mar­ché qui semble aller tout droit vers la crise, les notaires seront pro­ba­ble­ment moins tou­chés que cer­taines agences, la négo­cia­tion ne repré­sen­tant qu’une part minime de leur chiffre d’affaires et leurs sala­riés négo­cia­teurs étant le plus sou­vent rému­né­rés sur la base d’un fixe plus un pour­cen­tage ou une prime en cas de vente.

Un coût infé­rieur au poids de cette acti­vité dans une agence : autour de 50 à 55 % du chiffre d’affaires. Pour autant, dans les cam­pagnes, la situa­tion des notaires n’est pas for­cé­ment aussi bonne que d’aucuns le prétendent.

« Cer­tains notaires et notam­ment les ruraux ne peuvent sur­vivre que grâce à la négo­cia­tion immo­bi­lière du fait de l’exode rural et de la forte baisse du nombre des tran­sac­tions d’exploitations agri­coles », note Mau­rice Floch, direc­teur des agences Square Habi­tat de l’agglomération bres­toise et ancien clerc de notaire.

En ville, on assiste à un autre phé­no­mène. « En zone urbaine, les notaires pré­fèrent com­po­ser avec les agents immo­bi­liers qui sont des appor­teurs d’affaires, pour­suit Mau­rice Floch. A Brest, chaque notaire a un ser­vice de négo­cia­tion mais, mal­gré cette concur­rence, cela ne m’empêche pas d’entretenir de bonnes rela­tions avec eux. En échange des ventes que j’apporte aux études, celles-ci me pro­posent des col­la­bo­ra­tions sur cer­taines affaires. »

Cer­tains notaires ouvrent, par ailleurs, leur fichier aux agents immo­bi­liers et font, en quelque sorte, de l’inter cabinet.

Il faut tou­te­fois noter qu’un notaire ne peut ni per­ce­voir, ni ver­ser une com­mis­sion à un tiers. Dans un mar­ché de plus en plus concur­ren­tiel, les notaires négo­cia­teurs s’inquiètent non seule­ment du nombre crois­sant d’agences immo­bi­lières, même si, à l’heure actuelle, on assiste davan­tage à des fer­me­tures qu’à des ouver­tures, mais égale­ment du déve­lop­pe­ment des réseaux, de l’arrivée des banques sur le mar­ché de la transaction…

Mal­gré tout, s’il est un point sur lequel tous les pro­fes­sion­nels s’accordent – et qui les inquiète –, c’est bien la concur­rence des particuliers.

Sans nul doute, les notaires comme les agents immo­bi­liers ont-ils une carte à jouer. Sauront-ils la sai­sir et faire en sorte de coha­bi­ter dans le res­pect des règles déon­to­lo­giques qui leurs ont été fixées ?

Rien n’est moins sûr en période de crise

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Voir aussi :

  1. Notaires en danger
  2. Les arcanes d’une tran­sac­tion immo­bi­lière réussie

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