Les crédits à 50 ans pour primo-accédants

Dimanche 29 juillet 2007, dans Financement

L’arrivée des cré­dits à très long terme per­met à une clien­tèle de jeunes dis­po­sant de faibles reve­nus d’accéder à la pro­priété. Ce qu’il faut savoir.

Pour sol­va­bi­li­ser des emprun­teurs décou­ra­gés par la hausse des prix, les banques n’hésitent plus à allon­ger la durée des cré­dits. Alors que les for­mules sur 30 ou 35 sont désor­mais cou­rantes, le cour­tier Cafpi a défrayé la chro­nique début jan­vier en intro­dui­sant sur le mar­ché fran­çais un prêt à 50 ans, dis­tri­bué par la Kutxa­Bank. L’objectif de ces nou­veaux cré­dits ? Cibler des clients à reve­nus modestes qui sou­haitent accé­der à la pro­priété en leur per­met­tant d’alléger le mon­tant des men­sua­li­tés ou d’emprunter davan­tage. D’autant qu’il est sou­vent plus facile aujourd’hui, pour une jeune ménage, de trou­ver un loge­ment à ache­ter qu’à louer. Et les cri­tères de sol­va­bi­lité rete­nus par les établis­se­ments prê­teurs s’avèrent sou­vent plus souples que ceux des pro­prié­taires bailleurs.

Des échéances réduites, un pou­voir d’achat augmenté…

Pour emprun­ter 150 000 euros, il faut jus­tifi er de 3000 euros de reve­nus men­suel si le prêt est sur 20 ans. Il suffi t de 2200 euros si la durée est por­tée à 50 ans. La men­sua­lité, elle, passe de 913 euros sur 20 ans, à 670 euros sur 50 ans. « Qu’on se ras­sure, emprun­ter sur 50 ans ne veut pas dire habi­ter le même loge­ment pen­dant tout le temps. Il est tou­jours pos­sible de revendre et de rache­ter autre chose, pour suivre l’évolution fami­liale ou pro­fes­sion­nelle », pré­cise Phi­lippe Tabo­ret, direc­teur mar­ke­ting de Cafpi.

Un coût élevé

La contre­par­tie, outre le mon­tant élevé des inté­rêts dus à la banque, est l’extrême len­teur du rem­bour­se­ment du capi­tal. Dans un cré­dit, ce sont les inté­rêts qui sont rem­bour­sés en pre­mier lieu, et le capi­tal s’amortit très dou­ce­ment. Or, en cas de rem­bour­se­ment anti­cipé, le réveil risque d’être dou­lou­reux. D’après le Cré­dit Fon­cier de France, la durée moyenne d’utilisation d’un cré­dit par la géné­ra­tion des 30–35 ans se situe entre 10 et 12 ans. C’est-à-dire qu’au terme de ce délai, de nom­breux emprun­teurs devront sol­der leur cré­dit. Si l’on prend un mon­tant de 150.000 euros au taux de 5% en taux effec­tif glo­bal, le capi­tal res­tant à rem­bour­ser au bout de 10 ans sera de 93.330 euros pour 20 ans (soit 62%), 122.000 euros pour 50 ans (94%). Lorsque l’emprunteur, au bout de dix années de rem­bour­se­ment, veut sol­der son cré­dit sous­crit sur 50 ans pour ache­ter un nou­veau loge­ment, il doit encore qua­si­ment la tota­lité du capi­tal emprunté à sa banque. Le coup risque d’être encore plus rude en cas de baisse des prix de l’immobilier. S’ils chutent, ce que rien ne laisse pré­sa­ger pour l’instant, l’emprunteur pour­rait bien se retrou­ver avec un pro­duit de la vente de son loge­ment infé­rieur au mon­tant de sa dette !

Un risque accru

Deuxième dan­ger asso­cié à ces cré­dits : ils sont sous­crits à taux révi­sable, sans butoir à la hausse dans le cas du pro­duit dis­tri­bué actuel­le­ment en France. Dans un contexte où les taux aug­mentent dou­ce­ment mais sûre­ment, la hausse des taux peut repré­sen­ter un véri­table dan­ger de déso­l­va­bi­li­sa­tion des ménages les plus modestes. Si l’emprunt s’effectue à taux révi­sable, il faut éviter des for­mules ne pos­sé­dant pas de butoir à la hausse, car cela peut être très dan­ge­reux pour l’emprunteur.

Camille Pujols

  • Google Bookmarks
  • Yahoo! Bookmarks
  • Facebook
  • Twitter
  • Wikio FR
  • Digg
  • del.icio.us
  • Live
  • MSN Reporter
  • Netvibes
  • Yahoo! Buzz
  • blogmarks
  • PDF
  • Print
  • email
  • RSS

Voir aussi :

  1. Le finan­ce­ment des primo accédants
  2. La restruc­tu­ra­tion de cré­dits pour lut­ter contre le surendettement
  3. In&FI Cré­dits lance son appli­ca­tion iphone
  4. René­go­cier son cré­dit immobilier
  5. Cré­dit d’impôt sur les inté­rêts d’emprunt

Qu'en pensez vous?