Le journal de l'agence

Réponse de Claude Bas à l'étude TNS-SOFRES-L'Adresse

courrier / Les news JDA
Date: 12 Juil 2005 @ 17:24
Nous reproduisons ci-après une réponse au communiqué de presse du réseau «L’Adresse» que nous avons publié et sollicitée M. Claude Bas, Président-Fondateur de 4% Immobilier. Bien évidemment, cette réponse, publiée in extenso, n’engage que son auteur.

Voir l'article : http://www.journaldelagence.com/displayarticle167.html

« Je souhaite réagir vivement à l’article paru le 6 juillet à propos de la part de marché des professionnels, suite à une étude commandée à TNS Sofres par le réseau l’Adresse : « Et si la part de marché des professionnels était de 76% ? »
 
Il est tout à fait certain que le titre de cet article hallucinant contient une contre vérité qu’il est très grave de propager ainsi.
Non, la part de marché des professionnels en France n’atteint qu’à peine les 40% des 600 000 ventes constatées dans l’ancien, et non 76% comme cet article le prétend.
Les propos recueillis par Bernard Worms « Moderniser la réglementation des activités immobilières » du 3 avril 2002 sont très clairs. Les français n’éprouvent majoritairement pas le besoin de vendre leur bien par l’intermédiaire d’un agent immobilier, la plupart estimant que la rémunération des intermédiaires est injustifiée, ne percevant pas précisément le rôle rempli par les agents immobiliers.
 
Seul notre réseau national, regroupant trois enseignes : 4% immobilier, Immobest et Must Agency, est en mesure répondre à cette attente simple et explicite du consommateur français : enfin des honoraires moins élevés et acceptables ! Doit-on encore rappeler la part de marché de nos voisins européens comme la Grande-Bretagne, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne où partout les honoraires sont plus bas qu’en France, et où partout les parts de marché sont très largement supérieures ?
 
Les règles simples du commerce ne s’appliqueraient pas aux agences immobilières ?
 
À la fin 2004, l’Observatoire de la FNAIM, constatait les parts de marché suivantes :
Ventes « ancien » réalisées de particulier à particulier 47%, notaires 11%, professionnels soumis à la Loi Hoguet 42% (agents immobiliers, marchands de listes)
 
Par ailleurs, il est très facile, à partir de la base de données des notaires de Paris et de la petite couronne, de constater exactement le même ordre de grandeur de répartition des parts de marché des intervenants de la transaction immobilière « ancien ». 37% pour les professionnels, 50% pour les particuliers et 13% pour les notaires.
 
J’ignore comment a été administré le sondage commandé par le réseau l’Adresse, mais nul doute que les conclusions sont pour le moins erronées.
 
Il est facile aussi de s’en rendre compte lorsqu’on est un agent immobilier traditionnel. Combien de mandats rentrés chaque année ? Combien de ventes ? Combien de mandats retirés parce que vendus par le propriétaire à un acquéreur directement….? Si la part de marché du portefeuille des mandats atteint pour moi entre 75 et 80% des biens disponibles à la vente…. Les taux de transformation ne sont pas de 100% ! Mais en moyenne entre 25 et 30% suivant les agences…. Faites donc le calcul… c’est une simple règle de 3 !
 
Que 76% des vendeurs confient leur bien à vendre à un ou plus exactement des professionnels (5 à 7 en moyenne), je veux bien le croire. Mais les agents immobiliers ne réalisent pas 76% des 600 000 ventes dans l’ancien !
 
Maintenant, je m’interroge sur les motivations réelles du dirigeant de l’Adresse à publier de telles inepties.
 
La FNAIM publie régulièrement des chiffres différents et contradictoires à ceux de cette étude de TNS Sofres commandée par l’Adresse. La FNAIM s’appuyant sur un réseau de 10 000 agences immobilières…. Et non des moindres !
 
Quelle mouche a donc piqué les dirigeants de l’Adresse ?
 
L’Adresse est un réseau créé par la FNAIM -  mais était-ce le rôle d’un syndicat professionnel de créer un réseau d’agences immobilières ? – financé par les cotisations des adhérents de la FNAIM, où aucun ou presque des cadres de la FNAIM n’a ouvert une agence à cette enseigne, et que quelques mois après sa création, la FNAIM a cherché à vendre, est dans une fâcheuse posture avec la prolifération des MLS locaux SIA ou FIFP…. o­n peut comprendre qu’en ces temps de mutations profondes de la profession, les propos les plus délirants, créant le scandale soient la meilleure méthode en apparence pour faire parler de soi, à défaut de proposer une vision stratégique pertinente et adaptée à un monde sans cesse en mouvement.
 
Car il est tout de même grave d’écrire que la part de marché des professionnels de l’immobilier en France atteint 76%. À en croire l’Adresse, messieurs les agents immobiliers, messieurs les négociateurs : levez le pied ! Vous avez conquis le marché !
Cessez donc d’investir dans du marketing direct, cessez de prospecter ! Cessez de vous former ! Votre incompétence notoire n’était qu’une fable !
 
Alors que la réalité est, à l’inverse, triste. Si les prix de l’immobilier o­nt augmenté de 15,5% en France en 2004, le chiffre d’affaires des professionnels n’a augmenté que de 2,1% sur la même période avec un niveau d’honoraires constant s’établissant entre 6 et 8% du montant de la transaction….
À qui fera-t-on croire, dans ces conditions, que les agents immobiliers sont les acteurs essentiels des transactions dans l’ancien ? Alors que la transaction est devenue chaque jour plus complexe, la part de marché des professionnels n’a cessé de baisser en 20 ans. 42% ? C’est un score d’allumeurs de réverbère lorsqu’ils o­nt découvert l’électricité !
 
La conclusion de cet article est également hallucinante ! Ainsi, la loi Hoguet, aura atteint ses objectifs : moraliser une profession et retrouver la confiance du public. Alors qu’il n’y a pas de réglementation plus contraignante, plus inappropriée à un commerce moderne et intelligent.
 
Non, la loi Hoguet n’a sûrement pas atteint ses objectifs de redonner confiance au public….
 
Alors que l’image des intermédiaires est partout mise à mal par l’arrivée d’Internet et des nouvelles technologies de communication, celle des agents immobiliers serait au beau fixe ! Il se trouve que je contribue depuis plusieurs années sur un forum de discussions traitant de l’immobilier sur la hiérarchie usenet… et il m’est vraiment permis de douter d’une image positive des agents immobiliers….
 
Que l’image négative donnée par les français aux agents immobiliers n’est pas globalement justifiée, je suis bien d’accord, mais il n’empêche que la confiance est loin d’être établie !
 
L’article de l’Adresse est particulièrement trompeur et grave quand o­n connaît les enjeux actuels, et les difficultés que rencontrent chaque jour les agents immobiliers confrontés au terrain.
 
Ce terrain, que semble-t-il, le dirigeant de l’Adresse méconnaît totalement !
 
Claude BAS »
 



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