L'Etat, premier propriétaire de France qui veut vendre 1 million de mètres carrés de bureaux, doit prochainement annoncer le nom de la personne qui pilotera le processus de cession.
La cession du patrimoine de l'Etat continue d'exciter les professionnels de l'immobilier. Hier, Alain Béchade, président du directoire d'Atis Real, a proposé au gouvernement de vendre son patrimoine, non pas aux grands groupes américains et allemands qui ont animé le marché ces dernières années, mais aux petits épargnants français. En avril, il avait vanté la "retraitée de Carpentras" dans les colonnes des Echos. Lors d'une réunion organisée par le Medef Ile-de-France, il est revenu à la charge, suggérant au gouvernement de regrouper l'ensemble de ses actifs immobiliers au sein d'une société foncière. Ce qui permettrait d'en vendre les actions aux futurs retraités. "La Poste a montré le chemin en créant une foncière au sein de laquelle elle a logé ses actifs", explique le président d'Atis Real. Le montage proposé repose sur l'idée que la nouvelle structure pourrait progressivement revendre certains immeubles et bénéficierait du régime des SIIC qui s'applique désormais aux foncières cotées en Bourse de Paris. Elle aurait par ailleurs comme avantage de bénéficier d'un engagement locatif des services de l'Etat de longue durée. Les titres seraient éligibles aux plans d'épargne pour la retraite (PERP). Analyse du portefeuille Gérard Auber, président de CB Richard Elis qui a repris l'an dernier le groupe Bourdais, appelle l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité d'organiser les ventes progressivement, sans inonder le marché. Pour lui, l'Etat ne pourra céder le moindre immeuble sans avoir réalisé une véritable analyse de son portefeuille, pour différencier ce qu'il faut vendre libre ou occupé en selon la qualité des actifs et la stratégie des investisseurs. Les investisseurs allemands recherchent de gros blocs d'immeubles occupés, les Américains les préfèrent vides pour les valoriser, d'autres demandent des ensembles de plus petite taille. Le gouvernement doit annoncer prochainement le nom de la personne qui sera chargée de piloter le processus de vente.
CH.Les Echos du 10 juin 2004
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