Le journal de l'agence

L'échange de logements pour les vacances explose grâce à Internet

Articles / Revue de presse
Date: 09 Août 2004 @ 23:11
C'est un nouveau phénomène du tourisme mondial. De plus en plus de Français, la plupart issus de milieux favorisés, troquent leur appartement contre celui d'autres vacanciers rencontrés sur le Web. La clé du succès : la gratuité, mais surtout le plaisir de "se sentir chez soi ailleurs".


Les spécialistes parlent d'une véritable "explosion" du marché. Grâce à Internet, la formule de l'échange de logements pour les vacances connaît un développement spectaculaire. o­n troque son appartement parisien contre une maison au Canada, une résidence secondaire en Bretagne contre un chalet dans les Alpes, une maison sur la Côte d'Azur avec un ranch australien.<!-- gab-pv-pub_rect.php --> <!-- /gab-pv-pub_rect.php -->On en profite éventuellement pour échanger les véhicules, demander d'arroser les plantes ou de nourrir le chat...

Aucune donnée officielle n'est disponible. Au ministère du tourisme, o­n estime le phénomène "trop récent pour être évalué". Mais selon les estimations des professionnels, plusieurs dizaines de milliers de personnes échangent ainsi chaque année leur logement avec celui d'inconnus grâce à l'inscription sur la douzaine de sites Internet proposant une offre sérieuse. Beaucoup viennent d'Europe du Nord, du Canada, des Etats-Unis, d'Australie - où la formule existe depuis cinquante ans - mais aussi - phénomène plus récent - de France. "Les échanges de logements progressent aussi vite qu'Internet. En une année, le nombre d'inscrits a été multiplié par deux", explique Serge Dugas, fondateur du site echangedemaison.com.

L'avantage premier est de limiter le coût des vacances en faisant disparaître les dépenses d'hébergement. Mais la motivation économique est, en réalité, secondaire. "Curieusement, les gens qui échangent o­nt des moyens financiers et pourraient partir en vacances autrement", souligne Laurent Herle, gérant du site Swapeo.

Le portrait-robot des adeptes est très homogène : de milieux sociaux favorisés, ils sont enseignants, cadres, professions libérales, chercheurs, parfois retraités - et souvent non fumeurs ! La plupart voyagent en famille et souhaitent trouver un point de chute pratique. Avec, par exemple, une chambre et des jouets pour les enfants, des vélos pour les adultes, un barbecue, une connexion Internet, un lecteur DVD... "L'avantage, c'est de se sentir chez soi ailleurs. o­n prend possession d'une maison pendant trois semaines, un mois, o­n connaît les voisins, o­n découvre une région en profondeur", explique Serge Dugas.

"UN ART DE VIVRE"

De l'avis des utilisateurs s'y ajoutent la convivialité et le plaisir de sortir du consumérisme. "L'échange est un art de vivre", résume Swapeo. "On se place dans un rapport de confiance réciproque. La conséquence est qu'il y a très peu de problèmes graves avec des vols ou des dégradations", souligne Kristina Caillaud, d'Intervac.

Les sites encouragent d'ailleurs leurs adhérents à signer des contrats d'échange, prévoyant explicitement ce qu'il est possible ou non de faire dans l'appartement (usage du téléphone, consommation électrique, etc.). Lorsque des échanges de voitures sont prévus, il est conseillé de prévoir les limites en termes de kilométrage et les modalités de prise en charge des franchises d'assurance.

Internet constitue un outil extrêmement efficace pour la recherche. Les sites proposent des fiches descriptives, souvent avec photos, des appartements proposés et indiquent quelles sont les destinations privilégiées par leurs propriétaires. Il existe ensuite deux formules bien distinctes.

La première suppose de payer un abonnement au site Internet afin de pouvoir entrer en contact avec les adhérents. L'inconvénient est financier : il faut verser entre 25 et 170 euros sans avoir de garantie sur la conclusion d'un échange. L'avantage est d'accéder à une liste d'adhérents a priori très intéressés par un échange puisqu'ils o­nt consenti à un investissement. Les sites assurent que plus de deux adhérents sur trois trouvent un échange qui leur convient.

La seconde formule mise sur la gratuité. Les inscrits ne prennent aucun engagement sinon de remplir une fiche présentant leur logement et les destinations recherchées. Le nombre d'adhérents sur ces sites, souvent assez récents, a explosé ces derniers mois. Mais la gratuité a son revers : une partie des inscrits sont, de fait, très peu actifs - ce qui réduit la probabilité de conclure effectivement un échange. Il n'existe aucune règle quant à la nature des logements échangés.

"Les échangeurs cherchent avant tout le confort d'un domicile et un endroit riche en possibilités touristiques. Un petit appartement au sein d'une grande ville s'échange facilement contre une grande maison de campagne", explique Homelink sur son site.

Toutes les propositions ne se valent cependant pas. "Les gens qui échangent viennent plutôt de milieux sociaux favorisés. Ils attendent un certain standard en termes de confort. Ils ne sont pas prêts à échanger leur maison pour un appartement au dernier étage d'une tour en banlieue", résume Kristina Caillaud d'intervac.fr, un organisme créé en 1953 à l'initiative d'enseignants européens.

La localisation et l'intérêt touristique sont également déterminants. "On a beaucoup d'inscrits venant de la région parisienne. Ils o­nt souvent du mal à trouver un échange avec une région française mais o­nt de grandes chances à l'étranger", reconnaît Dimitri Louvencourt, de Profvac. Le hit-parade des échanges est très proche de celui des régions touristiques : Intervac compte par exemple quatre demandes d'utilisateurs étrangers souhaitant venir en France pour une offre de Français souhaitant faire le voyage inverse.

La souplesse de la formule permet des échanges toute l'année pour des séjours assez longs (souvent trois semaines) ou de simples week-ends.

Les contraintes de calendrier sont néanmoins bien réelles : pour les échanges avec l'international, la nécessité de réserver un vol suppose de commencer les recherches assez tôt, si possible plusieurs mois à l'avance. Les échanges en France métropolitaine imposent un calendrier nettement moins serré. Pour les retardataires, la plupart des sites proposent des rubriques "dernière minute"...

Luc Bronner


Une multitude de sites sur le Web

SITES PAYANTS

www.intervac.fr

Ce site, qui existe en .com pour l'international, est une des références du secteur avec 12 000 inscrits, dont 2 000 en France. L'adhésion est de 100 euros pour l'international, 75 euros pour la France, 160 euros pour les deux combinés. Intervac propose également des échanges linguistiques entre familles.

www.homelink.fr

Autre poids lourd du secteur, il rassemble 16 000 inscrits dans plus de 60 pays. L'adhésion est de 110 euros pour la version Internet et de 170 euros pour le catalogue et Internet. Une option année sabbatique est proposée. Il est également possible d'échanger des séjours d'enfants.

www.trocmaison.com

Issu de la fusion avec trading-homes.com et homeexchange, deux sites anglophones, il affiche aujourd'hui 6 000 membres. L'abonnement annuel est de 49,95 dollars. La totalité du site n'est pas traduite en français mais devrait l'être rapidement. Une deuxième année gratuite est offerte si aucun échange n'est conclu la première année.

www.echangedemaison.com

Fondé par un Canadien, le site recense 1 800 inscrits, dont une majorité de Français. L'inscription est de 39 euros. Idéal pour viser un échange avec le Canada.

www.profvac.com

Destiné à des candidats provenant du "monde de l'enseignement et de la recherche", il rassemble 500 inscrits qui doivent débourser 60 euros.

www.gaysvac.com

Réservé à la "communauté gay et lesbienne", il n'a pour l'instant connu qu'un développement limité. L'adhésion est de 30 euros.

www.swapeo.com

Ce site offre une alternative à ceux qui ne veulent pas payer avant d'avoir trouvé un échange. L'accès aux quelque 3 500 annonces est gratuit, le paiement (80 euros) ne s'effectuant que si un échange est effectivement conclu.

SITES GRATUITS

www.switchome.org

Proposant 1 400 offres, il est intégralement gratuit et fonctionne grâce à des bénévoles passionnés par l'échange.

www.domus2domus.com

Ce site laisse le choix entre un accès gratuit et le paiement d'une cotisation de 25 euros. 5 300 offres sont présentées, dont une très large majorité sur le mode gratuit.

www.seniorvac.com

Destiné aux retraités, il rassemble une soixantaine d'inscrits. Pour l'instant, l'adhésion est offerte.


Une assurance multirisque habitation suffit

Les échanges d'appartements s'apparentent au prêt d'une habitation à un ami et non à une sous-location, dans la mesure où il n'y a pas de transaction financière. Les personnes locataires de leur logement peuvent donc participer à ces échanges au même titre que les propriétaires.

Sur le plan des assurances, les contrats multirisques habitation couvrent généralement la plupart des risques : les dégâts commis dans votre logement par la personne à qui vous le prêtez, autant que les dommages que vous pourriez causer dans l'habitation qui vous a été prêtée. La Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) recommande néanmoins de prévenir son assureur, notamment lors de départs pour l'étranger. Elle a mis en ligne une fiche pratique sur son site (www.ffsa.fr, rubrique "l'assurance et vous" puis "les loisirs"). Pour les échanges de voitures, il est fortement conseillé d'avertir son assureur pour vérifier les termes de son contrat.

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.08.04



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