Immobilier : les Français restent attachés à la pierre, mais la prudence s’installe durablement

Malgré un contexte économique et géopolitique toujours incertain, les Français ne renoncent pas à leurs projets immobiliers. C'est ce que révèlent deux études réalisées par le portail immobilier leboncoin immo auprès du grand public et des professionnels de l'immobilier. Si l'attentisme progresse, le marché reste animé par une demande bien présente, mais désormais plus prudente et plus exigeante. Décryptage.

Inflation persistante, tensions internationales, pouvoir d’achat contraint, coût du crédit encore élevé… Rarement l’environnement économique aura autant pesé sur les décisions immobilières des ménages. Pourtant, contrairement à ce que pourrait laisser penser ce climat d’incertitude, l’envie d’acheter, de vendre ou d’investir reste bien présente. Les deux études menées par leboncoin immo révèlent en effet un marché qui continue de fonctionner, mais dont les ressorts ont profondément changé. L’heure n’est plus aux décisions impulsives. Les Français avancent, mais avec davantage de précautions.

Des projets immobiliers toujours nombreux, malgré les incertitudes

Premier constat : l’immobilier conserve toute sa place dans les projets des Français. Près de 40 % des personnes interrogées déclarent ainsi envisager un achat immobilier, tandis que seuls 29 % affirment ne pas avoir de projet à court terme. Cette résilience du désir immobilier surprend au regard du contexte. Elle confirme que la pierre demeure, pour une grande partie des ménages, à la fois un projet de vie et une valeur refuge.

Pour autant, les professionnels de l’immobilier interrogés par leboncoin immo observent une nette montée de l’attentisme. 9 sur 10 estiment que les acheteurs et les vendeurs se montrent aujourd’hui plus prudents qu’auparavant. Une tendance qui se traduit par des délais de réflexion plus longs et des arbitrages plus nombreux avant toute prise de décision. Mais si le marché immobilier ralentit, force est de constater qu’il ne s’arrête pas.

Le marché immobilier subit les conséquences d’un climat anxiogène

Si les Français hésitent davantage, ce n’est pas uniquement à cause de l’immobilier lui-même. Pour les ménages, les principales raisons de patienter sont les incertitudes économiques, l’inflation, la baisse du pouvoir d’achat et l’espoir d’une correction des prix. Les professionnels dressent un diagnostic très proche, en ajoutant un facteur devenu incontournable en 2026 : le contexte géopolitique international.

Conflits, tensions énergétiques, ralentissement économique européen, instabilité politique… autant d’éléments qui alimentent une forme de prudence généralisée. Le constat est clair : l’immobilier n’est plus perçu comme un marché isolé du reste de l’économie. Il est désormais directement influencé par les inquiétudes qui traversent l’ensemble de la société.

Des ménages qui adaptent leurs projets plutôt qu’ils ne les abandonnent

Autre enseignement majeur : face aux difficultés, les Français préfèrent adapter leurs projets plutôt que les abandonner. 25 % des personnes interrogées déclarent avoir reporté leur projet immobilier. D’autres ont revu leur budget à la baisse, modifié le type de bien recherché ou changé leurs critères de localisation. Les abandons restent, quant à eux, très minoritaires.

Cette évolution se retrouve au sein des agences immobilières. Les professionnels signalent une hausse des négociations sur les prix, davantage de demandes d’estimation sans passage à l’acte et une baisse du nombre de visites. Les ménages restent présents, mais ils veulent être certains de faire le bon choix. Cette nouvelle réalité impose donc aux acteurs du marché immobilier de composer avec des cycles de décision plus longs et des clients beaucoup plus exigeants.

Le retour en force du critère budgétaire

Derrière cette prudence se cache une préoccupation centrale : la capacité à financer durablement son projet. L’étude menée auprès du grand public montre que les Français raisonnent désormais autant en coût global qu’en prix d’acquisition. Les mensualités de crédit, les dépenses énergétiques, les charges courantes ou encore le coût des travaux entrent pleinement dans leurs calculs.

Pour les professionnels, ce nouveau paradigme se traduit par des acquéreurs plus informés et plus attentifs à chaque poste de dépense. Les primo-accédants apparaissent d’ailleurs parmi les profils les plus attentistes, pénalisés à la fois par le niveau des prix, le coût du financement et la pression exercée sur leur pouvoir d’achat.

La performance énergétique devient incontournable

S’il est un sujet sur lequel particuliers et professionnels affichent une parfaite convergence, c’est bien celui de la performance énergétique. Près d’1 Français sur 2 affirme vouloir privilégier un logement économe en énergie. Plus largement, plus de 8 sur 10 prennent désormais en considération ce critère dans leurs recherches.

Les professionnels confirment, de leurs côtés, cette nouvelle tendance. Pour 88 % d’entre eux, les acheteurs et les locataires accordent aujourd’hui une attention particulière au DPE.

Dans un contexte de hausse durable des coûts énergétiques et de durcissement des réglementations, les logements performants gagnent en attractivité tandis que les biens les plus énergivores voient leur commercialisation se complexifier. Au-delà d’un simple critère environnemental, la performance énergétique est ainsi devenue un critère économique à part entière.

Les professionnels face à un nouveau défi : rassurer

Les résultats de l’enquête menée auprès des professionnels de l’immobilier mettent en lumière une transformation plus profonde encore : celle de leur métier. Dans un marché où les décisions sont davantage réfléchies, le rôle de conseil prend en effet une dimension nouvelle. Les clients recherchent des explications sur les conditions de financement, les perspectives du marché, les conséquences des réglementations énergétiques ou encore l’évolution des prix. L’accompagnement devient ainsi un levier essentiel pour permettre aux ménages de franchir le pas. Plus que jamais, les professionnels de l’immobilier apparaissent comme des acteurs de réassurance dans un environnement marqué par l’incertitude.

Une confiance fragilisée, mais loin d’avoir disparu

Les deux études convergent enfin sur un point essentiel : la confiance dans l’immobilier reste présente, même si elle s’est érodée. Les Français continuent de considérer l’achat immobilier comme un projet pertinent à long terme. Les professionnels, eux, ne décrivent pas un marché en crise, mais un marché plus sélectif, plus rationnel et plus exigeant.

Pour retrouver une dynamique plus fluide, ménages et professionnels identifient les mêmes leviers : une amélioration du pouvoir d’achat, une détente sur les taux d’intérêt, davantage de stabilité économique et une meilleure visibilité politique et réglementaire.

En attendant, le marché immobilier français poursuit sa mue. Les projets demeurent nombreux, mais chaque décision semble désormais davantage pesée, calculée et sécurisée. Une évolution qui redessine progressivement les règles du jeu pour l’ensemble des acteurs du secteur.

 

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