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« Complément d’enquête jeudi 11 avril ? Encore un coup porté à notre profession ! », Jean-Luc Brulard

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Jeudi soir, j’étais heureux en m’installant devant l’émission « Complément d’Enquête » sur France 2 consacré à l’immobilier. Seulement voilà…

photo : Capture d’écran 2019-04-12 à 17.32.10

Comme beaucoup d’entre nous, j’apprécie les soirées de France 2 « Envoyé Spécial » suivie de Complément d’Enquête : Elise Lucet, Jacques Cardoze et leurs équipes d’investigation : pertinence, responsabilité, révélations, autant d’éléments qui honorent le Service public de télévision, nourrissent notre esprit critique et nous changent des séries… en série, et des médiocres téléréalités… Hier soir jeudi 11 avril, j’étais donc heureux de cette nouvelle soirée, d’autant que « Complément d’Enquête » allait aborder un sujet essentiel pour les français : l’Immobilier,c’est-à-dire essentiellement le Logement.  Car je suis aussi Agent Immobilier de proximité depuis plus de 10 ans : et j’en suis fier, c’est un beau métier quand il est bien fait.

Mon métier d’agent immobilier mis au pilori

Seulement voilà, cette fois-ci c’est mon métier et celui de mes collaborateurs que j’ai découvert, mis sur la sellette et même au pilori.
Je ne suis pas naïf :
– Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne,
– L’audience est généralement alimentée par le scandale, la contradiction, les mises en lumière de petites ou grosses magouilles, etc, etc,…
– Et les médias, comme toutes entreprises ont besoin de soutenir leur chiffre d’affaire et leur visibilité, en l’espèce leur audience, et le service public n’échappe pas (toujours) à cette règle.
Mais j’ai hier soir pourtant été ému, choqué, déçu par cette présentation uniquement à charge de notre profession :
– Son titre « Les Nouveaux Profiteurs de l’Immobilier », et votre introduction « un monde où tous les coups sont permis »
– La juxtaposition d’un premier reportage sur les marchands de sommeil, gangrène de notre Société, avec le suivant, sur les professionnels de l’immobilier,
– Des exemples et témoignages uniquement à charge, autant d’éléments qui tendent (méconnaissance ou volonté ?) à jeter le discrédit, l’opprobre sur nos professions dans l’esprit du grand public.

Bien sûr, aucune illusion, ni aucune contestation de ma part :
– Il y a dans nos activités autant de « planches pourries », de « brebis galeuses », de pratiques douteuses, voire répréhensibles, que dans la banque, la politique, chez les journalistes, les garagistes,… bref que dans toute activité humaine, et on doit donc lutter sans cesse, sanctionner lourdement : pouvoirs publics, organisations professionnelles, grandes enseignes, tout le monde doit être mobilise à cet effet,

– Notre profession est rude, ingrate souvent, et c’est un vrai métier qui doit donc s’apprendre et cela prend du temps…

Les professions immobilières n’échappent pas au développement des statuts d’auto-entrepreneurs (mandataires dans l’immobilier), parfois souhaités par les meilleurs et les plus autonomes, mais souvent subis notamment par les plus fragiles : les jeunes, les personnes en difficulté d’emploi… on le constate tant et tant dans notre société, parfois même en portant au pinacle des exemples de réussite basée sur des plate-formes qui exploitent, elles-aussi des auto-entrepreneurs pour livrer des pizzas à vélos, transporter des personnes, ou exercer des professions bien plus traditionnelles : le triomphe du low-cost où chacun de nous est à la fois, pour soi-même ou ses enfants, exposé à la paupérisation du travail, mais en même temps ( pour des raisons souvent de pouvoir d’achat, mais aussi parfois de simple profit ou d’économies supplémentaires), tenté par ces nouveaux modes de consommation,… mais, surtout, sans poser la question à son livreur ou son prestataire de son statut, de ses revenus, de sa précarité éventuelle…

Notre profession répond à un besoin largement reconnu

Mais tout de même :
– Notre profession, ancienne répond a un besoin largement reconnu (et qui d’ailleurs progresse régulièrement par rapport opérations entre particuliers), compte-tenu des enjeux, financiers, personnels et familiaux du projet immobilier (qui est généralement un projet de vie), de la complexité administrative et juridiques, des risques encourus,…
– Des acteurs de l’immobilier tous précarisés ? : dans mon agence, mes 5 collaborateurs sont en CDI (ils peuvent donc ainsi louer ou acheter leur logement, par exemple),
– Une profession de mandataires qui font ce métier du jour au lendemain ? : moi, je suis Agent Immobilier, notre titre est désormais protéger (Loi ELAN) car il correspond à une formation (de base et régulière), une expérience, un niveau de compétence sanctionné par l’obtention d’une Carte professionnelle (Transaction, Gestion,…). Je connais d’excellents mandataires, mais nous n’exerçons pas la même profession, le grand public doit le savoir : il a parfaitement le droit de choisir son partenaire, bien entendu, mais il faut que ce soit un choix éclairé : quand vous acheter votre baguette de pain décongelée à 0,80€, ou bien que, le dimanche matin, vous allez chez votre artisan-boulanger en acheter une qui sort du four à 1,20€, dans les deux cas, on vous a vendu une baguette de pain, mais vous savez clairement ce que vous achetez et pourquoi : ce n’est malheureusement pas (encore) le cas dans l’immobilier…
– Un métier où plus du tiers des acteurs ne gagne pas même le SMIC ? : c’est probablement vrai, mais dans mon agence, comme dans bien d’autres, tous les salariés, même la plus récente (1 mois d’ancienneté et âgée de 26 ans) sont largement au-delà…
– Des fausses annonces ? : avec mon équipe, nous ne savions même pas que ces pratiques existaient, nous serions ainsi bien naïfs ou anormalement honnêtes ?

Agent immobilier, un beau métier, s’il est bien fait

Ma soirée aurait été agréable si, a minima, le reportage avait consacré, quelques bref instants pour montrer d’autres situations, d’autres pratiques et aider ainsi le grand public à éclairer ses choix, à savoir séparer le bon grain de l’ivraie.. et peut-être, pour les quelques-uns de nos clients qui se reconnaîtront, avant de profiter de la rude concurrence entre acteurs de l’immobilier pour pressuriser les honoraires (parfois même dès la prise de mandat, avant de connaître la réalité des prestations fournies !) honoraires pourtant fixés par un barème qui doit être respecté ( c’est la loi), de poser la question à leur interlocuteur de son statut, de sa précarité éventuelle, de son bien-être ou non de se placer à son service…… ou encore de donner mandat de vente de leur bien à 4 ou 5 agences ou mandataires (pensant, parfaitement à tort – mais c’est un autre sujet – gagner en efficacité) ce qui revient à dire à 10, 15 ou 20 collaborateurs « travaillez tous au mieux pour le succès de ma vente… mais un seul d’entre vous sera payé » (conception , entretenue par la règlementation, un peu moyenâgeuse pour un pays développé comme le nôtre, non ? qui accepterait ces conditions de travail et de rémunération dans un autre secteurd’activité ?)

Monsieur Cardoze et votre équipe :

– Je nourris l’espoir de pouvoir, au moins, de vous éclairer car je n’ose pas imaginer de droit de réponse, ce
n’est pas la pratique…

– Et mon équipe et moi-même souhaiterions tant que votre projet immobilier, votre projet de vie, vous
conduisent, un jour, à pousser la porte de notre Agence Immobilière de proximité : nous avons
l’ambition, en effet, de vous faire changer d’avis sur les agents immobiliers… C’est, nous vous l’assurons,
un beau métier quand il est bien fait !

Jean-Luc Brulard
Directeur d’Agence IMMEDIAT – RICS
Agent Immobilier de proximité

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Vos réactions

  • Par Brulard, il y a 4 mois

    Merci à vous.

  • Par LOUATY, il y a 4 mois

    Bonjour à tous de la profession 
    Si on réfléchit un tout petit peu 
    N’y aurait-il pas un peu de favoritisme entre les chaînes 
    Détruire certains au profit d’autre 
    Il n’y a qu’un seul aux yeux de tous qui travaille mieux que les autres 
    ET nous, N’AURIONS- NOUS AUSSI, PAS DROIT À UNE EMMISSION BIEN MENÉE 
    Exemple : de suivre une agence de proximité pendant 2 ou 3 jours dans des secteurs définis 
    super votre message et je vous en remercie de tout cœur 
    Travaillant depuis 20 ans dans un secteur difficile
    il y a aujourd’hui beaucoup de mandataires je pense qu’une émission sur des agences de proximité serait certainement appréciée 
    QU’EN PENSEZ-VOUS ?
    A commencer par la votre 
    Bien à vous GL 

  • Par Sophie Garcia-Escobar, il y a 4 mois

    Tout simplement merci, Jean-Luc. Mon équipe et moi-même vivons également avec passion notre difficile mais beau métier. À quand une émission qui montre l’intérêt de travailler avec des agents impliqués et régulièrement formés pour la réussite d’un projet immobilier ?

  • Par Nicole, il y a 4 mois

    Merci Jean- Luc pour cette mise au point qui nécessitait d’être faite!

  • Par LE CROLLER, il y a 4 mois

    Dommage qu’encore une fois les métiers de l’immobilier soient pointés de manière si négative. Pour ma part j’exerce depuis 15 ans dans le syndicat de copropriété dont 5 ans en qualité de gestionnaire. régulièrement je suis écœurée par certains reportages qui ne montrent que des cas extrêmes, d’agences vraiment incompétentes comme il en existe c’est vrai mais il serait bon de temps en temps de parler des bons professionnels, qui font leur travail avec rigueur, compréhension et écoute. nous avons dans notre parc des immeubles dont nous sommes syndic depuis
    30 ans et ne faisons aucun démarchage, et le Cabinet est très sollicité par des copropriétaires désireux de changer de syndic.

    C’est le travail et la compétence de l’agent qui font sa réputation.

    Je partage également votre point de vue sur la pressurisation des honoraires par la clientèle.

  • Par Geneviève LACOSTE, il y a 4 mois

    Monsieur Brulard,
    Merci pour vos propos clairs sur ce métier que j’exerce depuis bientôt 30 ans.
    Comme dans toute profession, effectivement il y a des brebis galeuses dans notre monde de l’immobilier.
    Mais, fort heureusement, il y a une grande majorité de belles personnes qui l’exerce avec rigueur, probité et honnêteté.
    Ce besoin permanent de salir telle ou telle profession pour faire de l’audimat nous laisse un goût amer …

  • Par Esteban, il y a 4 mois

    Tribune absolument partagée.
    Je l’exerce depuis 6 ans, je reconnais tous les aspects positifs et toutes les difficultés. 
    Ce que je déplore c’est que tout peut se voir et qu’il y a tous les outils pour progresser et éviter le n’importe quoi dans le logement. Comme souvent «  on entame la traversée du gué » et on s’arrete plutôt vite.
    La loi hoquet doit être revue. Une loi de ce type ne permet pas si elle ne peut s’ajuster de suivre ou de prévenir les évolutions.

  • Par DE CAYRON, il y a 4 mois

    c’est vrai il existe des agents immobiliers compétents  professionnels 
    mais malheureureusement ils sont rares  mais ce n ‘est pas spécifique à  la  profession toutes  les professions sont touchées par les approximatifs et les gens qui se disent agent immobiliers alors qu’ils seraient préférables qu’ils aillent vendre des cacahuètes sur la plage 
    en plus la multiplicité de la réglementation qui ne sert à rien complique la profession avec la lenteur des notaires 
    PH DE CAYRON 

  • Par Franck GUYONNET, il y a 4 mois

    Merci Mr BRULARD de votre intervention.
    Nous savons vous comme moi que dans tous les métiers vous avez des bons et des médiocres, des professionnels qui aiment leur métier et d’autres qui ne voient que sur du court terme.
    L’agent immobilier est à la source de toutes les étapes de vie d’un particulier. Quelle satisfaction de revoir un client 10 ans après qui souhaite s’agrandir pour sa famille ou acheter pour ses enfants.
    Il m’est même arrivé de marier des clients.
    Dans les accidents de la vie tel que les divorces ou les décès nous sommes encore là et souvent c’est nous qui conseillons la famille.
    Un bon agent immobilier et un prestataire de service, son rôle est d’aider au projet du client acquéreur ou vendeur dans les meilleurs conditions et le l’accompagner jusqu’à la signature authentique.
    Voilà ce qu’est un vrai agent immobilier…
    Sa proximité avec les habitants de son quartier et comme le boulanger au coin de la rue. Il sera reconnu comme faisant du bon pain ou pas.
    Il sera de bon conseil ou pas…

  • Par Jamiloun, il y a 4 mois

    Je vous rejoins entièrement et vous remercie d’avoir exprimé publiquement le profond sentiment d’injustice que je ressens après avoir vu ce reportage.. Je me demande de quelle objectivité et de quel travail de journalisme peuvent se revendiquer les auteurs de cette émission.
    Je ne pensais pas le service public aussi avide d’audimat. Le mal est fait, et c’est profondément regrettable.

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