« Amanda permet aux agences immobilières de multiplier les opportunités de vente »

Dans un marché immobilier plus exigeant, Amanda mise sur la coopération entre professionnels pour accélérer les transactions. Bahi Khoury, son président, revient sur les atouts du mandat exclusif partagé, les outils proposés aux agences et les ambitions de l’association.

Dans le contexte actuel, pourquoi le modèle d’Amanda prend-il tout son sens ?

Nous évoluons dans un marché « grippé », le locatif manque de fluidité, la promotion immobilière est quasiment à l’arrêt et le marché de l’ancien reste difficile. Après une année 2025 qui a culminé, selon les chiffres des notaires, autour de 950 000 transactions, nous pourrions nous situer cette année entre 800 000 et 850 000 ventes.

Dans ce contexte, les professionnels de l’immobilier doivent trouver de nouveaux leviers pour gagner en efficacité. Amanda répond précisément à cet enjeu en permettant aux agences de partager leurs mandats exclusifs et de mutualiser leurs acquéreurs. Aujourd’hui, notre communauté compte environ 3 200 agences et près de 15 500 conseillers immobiliers.

Qu’apporte concrètement Amanda à un vendeur ?

Le vendeur conserve un interlocuteur unique et les avantages du mandat exclusif, mais du fait qu’il soit partagé entre les adhérents à Amanda, son bien est travaillé par de nombreuses agences partenaires sur son secteur. Il bénéficie ainsi de la force commerciale de 5, 10, 20 voire 30 agences, sans les inconvénients liés à la multiplication des mandats simples. Avec ces derniers, un même bien peut parfois être présenté différemment ou à plusieurs prix, ce qui brouille son positionnement.

Avec Amanda, la commercialisation reste cohérente tout en bénéficiant d’une exposition beaucoup plus large. L’objectif est simple : mobiliser davantage de professionnels et d’acquéreurs potentiels afin d’accélérer la vente.

Quels sont les principaux bénéfices pour les agences immobilières ?

Le premier est de transformer ses concurrents en confrères. La concurrence s’est fortement renforcée ces dernières années, notamment avec la multiplication des réseaux de mandataires. Chez Amanda, lorsqu’une agence rentre un mandat exclusif, ses confrères peuvent apporter l’acquéreur, et inversement. Il ne faut donc pas seulement raisonner en termes de partage d’honoraires, mais regarder le nombre d’opportunités supplémentaires générées.

En coopérant, les agences immobilières peuvent réaliser davantage de transactions, accroître leur chiffre d’affaires, renforcer leur notoriété locale et améliorer la satisfaction de leurs clients.

Le modèle répond-il également aux attentes des négociateurs sur le terrain ?

Oui. Les collaborateurs des différentes agences se connaissent déjà, se croisent sur les mêmes estimations et travaillent parfois avec les mêmes acheteurs. Ils coopèrent donc naturellement.

Amanda permet de structurer ces échanges et de leur donner davantage d’ampleur. Une agence dispose généralement d’une équipe limitée : elle ne peut pas capter seule toutes les opportunités d’un marché local. En élargissant le nombre de conseillers susceptibles de travailler un bien ou un acquéreur, chacun augmente son potentiel de vente.

Qu’est-ce que cela change pour les acquéreurs ?

Leur parcours devient beaucoup plus simple. Aujourd’hui, un acheteur doit souvent consulter de nombreux sites, contacter plusieurs agences et peut même retrouver un même bien affiché à des prix différents. Avec une agence membre d’Amanda, il peut accéder à une offre beaucoup plus large de mandats exclusifs partagés. Dans certains secteurs, plusieurs dizaines d’agences travaillent ensemble.

L’acquéreur bénéficie donc de davantage de choix, mais aussi d’une information plus cohérente puisque le bien est commercialisé dans les mêmes conditions par l’ensemble des professionnels partenaires.

Quels outils mettez-vous à disposition de vos adhérents ?

Nous disposons d’un extranet qui permet de gérer et de partager rapidement les mandats entre agences. Nous développons également l’automatisation des informations liées aux offres d’achat.

Une application mobile donne par ailleurs aux conseillers un accès aux biens et aux informations lorsqu’ils sont sur le terrain. Enfin, nous proposons différents supports marketing pour aider les professionnels à expliquer simplement à leurs clients le principe et les bénéfices du mandat exclusif partagé.

Quelle place occupe l’intelligence artificielle ?

Elle est déjà intégrée à nos outils. Nous avons aujourd’hui environ 64 000 exclusivités disponibles en partage. L’IA nous permet notamment de contrôler plus efficacement certaines informations liées aux biens et aux dossiers.

Nous allons aussi l’utiliser davantage pour rapprocher automatiquement les nouveaux mandats des acquéreurs susceptibles d’être intéressés. Pour nous, l’IA doit avant tout permettre aux professionnels de gagner en efficacité.

Quelles sont vos priorités pour les prochaines années ?

Nous avons fixé une feuille de route jusqu’à fin 2028. Notre première priorité est de poursuivre la modernisation de nos outils afin de les rendre toujours plus digitaux et performants.

La seconde consiste à développer notre communauté. Amanda compte aujourd’hui 3 200 agences, mais de nombreux professionnels connaissent encore insuffisamment le mandat exclusif partagé. Notre ambition est donc de faire progresser cette culture de la coopération afin de créer davantage d’opportunités de vente pour les agences. Avec une conviction : en plaçant l’intérêt du client au centre, les professionnels renforcent aussi leur chiffre d’affaires et leur notoriété.

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