Son dirigeant, Jérémy Jaujard, a conçu Leadia, un environnement technologique développé en interne et exclusivement réservé aux négociateurs du réseau. IA, prospection, CRM, diffusion, transaction : l’objectif est de tout réunir au même endroit pour réduire les tâches chronophages et donner aux professionnels davantage de temps pour produire.
Encore un nouveau logiciel immobilier ? Pourquoi ne pas simplement choisir les meilleurs outils déjà disponibles sur le marché ?
Jérémy Jaujard : On a travaillé comme ça depuis le début, mais à force de multiplier les outils, on complexifie le travail.
Pendant des années, nous avions un logiciel métier, un CRM, une application pour les photos et vidéos, un autre outil pour les estimations… Nous accumulions les solutions pour mettre les meilleurs outils à disposition de nos négociateurs.
Mais chaque nouvel outil signifie aussi de nouvelles saisies, des informations dispersées et du temps passé à faire fonctionner les outils plutôt qu’à développer son activité.
Nous nous sommes donc posé une question simple : et si nous construisions nous-mêmes notre environnement idéal ?
Leadia est né de là.
L’objectif était de créer notre propre CRM avec les options d’un logiciel métier, capable de centraliser les outils dont nos négociateurs ont réellement besoin : générer des leads, gérer et exploiter leurs contacts, diffuser leurs biens, faciliter chaque étape de la transaction et assurer leur suivi.
Et surtout, Leadia est un outil interne, exclusivement développé pour les négociateurs de Solution.immo. Il n’a pas vocation à être commercialisé.
Créer sa propre technologie, c’est plutôt ambitieux. Pourquoi ne pas laisser cela aux spécialistes ?
Parce que maîtriser notre technologie était essentiel pour construire un outil à partir de nos besoins réels.
Pour un réseau à taille humaine, c’est un véritable enjeu : nous voulons donner à nos négociateurs accès à des outils performants et intelligents, mais aussi extrêmement simples à utiliser.
Et cette maîtrise nous donne une vraie capacité de réaction.
Une négociatrice m’a récemment parlé des bons de visite digital. L’idée était pertinente et permettait de gagner du temps à tout le monde. Nous l’avons mise en place dans la semaine.
C’est difficile à faire lorsqu’on dépend d’une multitude de prestataires et de solutions extérieures.
Mais comment être certain de développer ce dont les négociateurs ont réellement besoin ?
Mon premier métier, c’est agent immobilier et je tiens à rester producteur pour cette raison.
Quand je suis sur le terrain, je suis au plus près des besoins réels des négociateurs et des évolutions du marché. Je vois ce qui nous fait perdre du temps, ce qui fonctionne et ce qui pourrait être beaucoup plus simple.
Alors j’ai créé l’outil dont je rêvais moi-même dans mon quotidien de producteur.
Chaque fonctionnalité est confrontée à la réalité : qu’est-ce qui fait gagner du temps ? Comment simplifier encore l’utilisation ? Où pouvons-nous générer davantage d’activité ?
Le marché propose énormément de nouveaux outils. Mais nouveau ne veut pas forcément dire pertinent. Cette proximité avec le terrain nous permet de faire ce tri.
Alors, concrètement, qu’est-ce que Leadia fait pour un négociateur ?
L’idée est que tout fonctionne en synergie.
Gestion des contacts et des opportunités, estimations, mandats, signatures électroniques, photos et vidéos, diffusion des biens sur les portails, récupération automatique des demandes issues de ces portails, outils de prospection avec annonces, cadastre, DPE, vue 3D de la parcelle…
Tout est connecté.
Le négociateur n’a plus à passer d’un outil à l’autre pour retrouver une information ou refaire une saisie.
L’objectif n’est pas simplement d’avoir un logiciel plus complet. C’est d’avoir un environnement qui travaille de manière fluide autour du négociateur.
Tout le monde parle d’intelligence artificielle. Mais concrètement, qu’est-ce qu’elle change dans la journée d’un négociateur ?
Nous ne voulions pas ajouter de l’IA simplement pour pouvoir dire que Leadia utilise de l’IA.
Notre objectif est qu’elle travaille réellement pour le négociateur.
Avec « Demander à Leadia », il peut simplement parler à son assistante. Il formule sa demande à l’oral et Leadia réalise l’action correspondante dans son environnement.
C’est un changement de logique.
Jusqu’ici, c’était au professionnel de renseigner l’outil. Nous allons progressivement vers un environnement où c’est l’outil qui travaille pour le professionnel.
Vous allez jusqu’à dire que l’outil travaille pour le négociateur. Est-ce vraiment réaliste ?
Le cœur du métier reste humain : rencontrer, écouter, conseiller, négocier, conforter, accompagner…
Leadia ne va pas prospecter à la place du négociateur ou créer une relation de confiance à sa place.
En revanche, tout ce qui peut être automatisé, simplifié ou accéléré doit l’être.
L’idée n’est pas de remplacer le négociateur. C’est de lui rendre du temps pour qu’il puisse être meilleur là où sa présence fait réellement la différence.
Vous dites que les contacts sont une mine d’or. Pourquoi sont-ils encore si mal exploités ?
Parce que nous générons énormément de contacts, mais que nous n’avons pas toujours le temps de les exploiter dans la durée.
Un acquéreur qui nous contacte aujourd’hui peut demain vendre son bien, investir, accompagner ses enfants dans un projet ou nous recommander à un proche.
Un contact n’est donc pas seulement une opportunité pour la transaction du jour.
C’est un actif commercial à long terme.
Le lead nurturing piloté par l’IA va justement permettre de mieux exploiter cette richesse, avec des scénarios automatisés par e-mail, SMS ou WhatsApp.
Par exemple, un message peut être envoyé automatiquement à un client à la date anniversaire de la signature de son acte authentique.
Ce n’est qu’un message, mais il entretient la relation. Et lorsque ce client ou quelqu’un de son entourage aura un nouveau projet immobilier, nous serons toujours présents dans son esprit.
Automatiser la relation client ne risque-t-il pas justement de la rendre moins humaine ?
C’est tout l’inverse si on l’utilise correctement.
L’automatisation doit prendre en charge ce qui peut l’être pour laisser au professionnel davantage de temps pour ce qui ne peut pas l’être.
Je préfère qu’un négociateur ait dix vraies conversations avec ses clients plutôt qu’il passe sa journée à penser à envoyer dix messages d’anniversaire.
La technologie doit supprimer la friction, pas supprimer la relation.
Vous avez déjà centralisé énormément de choses. L’outil est-il terminé ?
L’intérêt de ce projet c’est qu’il ne le sera jamais !
Nous travaillons actuellement sur une application qui va apporter encore plus d’instantanéité.
Le négociateur ne travaille pas derrière son bureau. Il est en visite, en rendez-vous, dans une maison, dans une rue, entre deux déplacements.
L’outil doit donc pouvoir le suivre partout.
Et Leadia va continuer à évoluer avec les besoins de nos négociateurs.
C’est finalement ce qui fait sa particularité : ce n’est pas un logiciel que nous avons acheté pour ensuite demander à nos équipes de s’y adapter.
C’est un outil que nous construisons pour notre métier, que nous faisons évoluer avec ceux qui l’exercent.