Impayés : quand la dette atteint déjà trois mois de loyer
Un loyer impayé peut rapidement se transformer en dette difficile à résorber. Et les chiffres du dernier baromètre Rivage le confirment : au 29 septembre 2026, 3,4 % des 6 577 baux analysés présentaient un impayé d’au moins un mois de loyer.
Mais c’est surtout le montant des dettes qui interpelle. Pour les dossiers concernés, l’impayé médian atteint 1 998 euros, soit l’équivalent de 2,9 mensualités, charges comprises. Autrement dit, lorsque l’impayé est constaté, le retard représente déjà près de trois mois de loyer dans la moitié des dossiers concernés.
Et les procédures peuvent vite s’enclencher : parmi les dossiers dont le recouvrement est suivi sur la plateforme, 37 % ont déjà atteint le stade de la mise en demeure, de la déclaration à l’assurance loyers impayés ou du contentieux.
Les locations vides (2,9 %) et meublées (3 %) affichent des taux d’impayés comparables. Mais les baux commerciaux semblent davantage exposés, avec plus d’un contrat sur dix concerné. Un constat à nuancer toutefois, compte tenu de la taille de l’échantillon étudié. Sur le plan géographique, Marseille affiche un taux d’impayés de 3,6 % parmi les baux analysés, contre 2,8 % à Paris.
Ces données font écho à une autre réalité : selon la Chambre nationale des commissaires de justice, 175 000 commandements de payer et 30 500 expulsions ont été enregistrés en France en 2025.
Pour les professionnels, le message est clair : plus un incident de paiement est détecté et traité tôt, plus les chances d’éviter l’enlisement de la dette sont importantes.
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DPE : à Paris, un logement sur cinq est encore une passoire thermique
Les impayés ne sont pas le seul casse-tête des gestionnaires. La performance énergétique du parc locatif continue, elle aussi, de peser sur leur activité. Sur les 2 539 logements analysés par Rivage, 9,8 % sont classés F ou G au DPE. À l’autre extrémité du classement, seuls 5,9 % affichent une étiquette A ou B.
La majorité des logements se concentre dans les classes D (35,6 %) et E (25,1 %). Un constat loin d’être anodin : les logements classés E seront à leur tour concernés par les exigences de décence énergétique à compter de 2034, selon le calendrier actuellement prévu. Mais c’est surtout à Paris que les résultats frappent : 21 % des logements étudiés sont des passoires thermiques, dont 4,3 % classés G.
Alors que les logements classés G sont déjà concernés par les restrictions de location depuis le 1er janvier 2025 et que les logements F le seront à partir de 2028, les gestionnaires doivent composer avec des propriétaires parfois réticents à engager des travaux, des contraintes techniques et des situations de copropriété complexes.
À cela s’ajoutent les évolutions réglementaires du DPE, qui imposent aux agences de suivre de près les diagnostics de leurs portefeuilles et leurs éventuelles mises à jour.
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Pour les agences, le défi est aussi de ne plus subir les échéances
Détecter un retard de paiement avant qu’il ne s’aggrave, identifier les logements concernés par les prochaines échéances énergétiques, alerter les propriétaires et sécuriser les dossiers : autant de missions qui alourdissent le quotidien des administrateurs de biens.
Ce baromètre rappelle ainsi combien la gestion locative exige désormais de la réactivité, une bonne maîtrise réglementaire et une connaissance précise de chaque portefeuille. Car entre impayés à recouvrer et logements à remettre aux normes, les gestionnaires ont de moins en moins le luxe d’attendre.
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Source : Baromètre Rivage, données arrêtées au 29 septembre 2026. Étude réalisée à partir de 6 577 baux et 2 539 logements issus d’une sélection de portefeuilles d’agences clientes de la plateforme. Les résultats ne sont pas représentatifs de l’ensemble du marché locatif français.

