« Une politique du logement stable, lisible et efficace ». Voilà ce que Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi, attend, entre autres, du prochain quinquennat. Nourri des contributions de plus de 16 000 citoyens, le réseau d’agences immobilières avance 4 propositions pour débloquer les projets, soutenir l’investissement et fluidifier les parcours résidentiels. Décryptage.
« J’espère que, pour une fois, on sortira des effets d’annonce. Le logement est une urgence. Il est aussi une responsabilité collective. Nous devons désormais lui donner une vision, un cap et les moyens de ses ambitions. » A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Guillaume Martinaud appelle les candidats à donner un cap stable à la politique du logement. Pour porter cette demande, le président d’Orpi s’appuie sur la consultation citoyenne menée avec Make.org, du 7 avril au 28 mai dernier, autour d’une question : « Quelles solutions pour faciliter l’achat et/ou la location d’un logement ?».16 348 participants ont déposé 1 053 propositions et émis 178 362 votes.L’objectif du réseau? Entendre les attentes et les suggestions des Français pour dessiner les contours d’une politique du logement plus efficace et plus juste.
Leurs contributions ont ainsi fait émerger 3 priorités :
Rééquilibrer la relation entre propriétaires et locataires
Faciliter l’accession à la propriété
Mieux encadrer les locations touristiques pour préserver l’offre permanente
Pour Guillaume Martinaud, les résultats de cette consultation traduisent un essoufflement et une perte de repères pour l’ensemble des Français. « Aujourd’hui, il ne s’agit pas de dramatiser, mais vraiment de dire les choses telles qu’elles sont : on traverse une crise profonde. Cela fait des années en France que le logement est traité à la petite semaine. Les effets d’annonce, les petites phrases, opposer les propriétaires aux locataires ou le logement social au privé… la réalité, c’est que les gens en ont ras-le-bol », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.
Les 4 propositions portées par Orpi pour 2027
Fort de ce constat, le réseau formule aujourd’hui 4 propositions concrètes :
Instaurer une loi intégrale dès le début du prochain quinquennat
« Quand vous avez un ministre qui s’intitule lui-même « ministre de la crise du logement », cela vous montre à quel point le mal est profond. Le logement ne peut plus être traité par fragments en séparant location, accession, fiscalité et urbanisme. Il faut centraliser tout cela, ramener tous les ministères et les partenaires autour de la table », a mis en avant Guillaume Martinaud. Dans cette optique, le réseau demande la réunion d’États Généraux du Logement et l’adoption d’une grande loi cadre inscrite dans la durée pour stabiliser les règles du jeu pendant au moins 5 ans.
Provoquer un véritable « choc de simplification »
« Si nous-mêmes, professionnels, avons du mal à suivre le mille-feuille réglementaire, imaginez nos concitoyens ! Un projet met en moyenne 7 ans pour sortir de terre. Le cahier des normes est devenu tellement lourd que bon nombre abandonnent avant même de commencer. Il faut sortir de cette usine à gaz », a martelé Guillaume Martinaud.
Face à « l’inflation normative » qui décourage les investisseurs et ralentit les projets, le président d’Orpi réclame, entre autres, la refonte des Plan Locaux d’Urbanisme (PLU) autour de quelques règles essentielles, le passage à des démarches déclaratives pour la transformation de locaux, ainsi qu’un guichet unique d’instruction. L’objectif affiché : réduire les délais globaux de réalisation des projets de 7 ans à 3 ans.
Rééquilibrer la relation locative et créer un véritable statut du bailleur privé
« Aujourd’hui, pour un dossier de location, vous avez 300 à 400 demandes. Si vous ne donnez pas envie aux propriétaires de remettre leurs biens sur le marché, vous n’aurez pas de logements pour les locataires. Il faut sortir des postures idéologiques et retrouver un climat apaisé », a-t-il souligné.
Afin de redonner confiance aux propriétaires et d’enrayer la pénurie de biens à louer, le réseau Orpi demande la création d’un statut du bailleur privé permettant un amortissement du bien à hauteur de 4 % par an (dans le neuf comme dans l’ancien, en location nue ou meublée). En contrepartie, la sécurité juridique des propriétaires doit être renforcée contre les impayés, tout en garantissant des recours simplifiés aux locataires face aux logements indignes.
Organiser une relance massive de la construction et de la réhabilitation
Refusant de se cantonner à la rédaction d’un simple livre blanc, Guillaume Martinaud promet d’interpeller sans relâche les décideurs publics. « Pendant les 7 mois qui viennent, nous allons porter haut la parole du logement, sans langue de bois et sur tous les terrains. Les politiques doivent enfin comprendre que le logement n’est pas un ajustement budgétaire : c’est la condition de la paix sociale, du pouvoir d’achat et de la cohésion de nos territoires », a-t-il conclu.
Après avoir évolué pendant 10 ans au sein d'un groupe spécialisé dans les médias étudiants, l’orientation professionnelle et la gestion de carrière, en tant que rédactrice en chef adjointe, Stéphanie Marpinard a choisi de travailler à son compte et collabore depuis à différents médias. Ses domaines de prédilection sont entre autres l'immobilier, l'emploi et les ressources humaines.