Les prix immobiliers reculent de 0,1 % en octobre, selon le baromètre SeLoger–Meilleurs Agents de novembre 2026. Un ajustement encore limité, mais qui touche désormais huit des onze principales villes françaises. Pour les professionnels, la vigilance porte sur le prix de mise en vente et la capacité de financement des acquéreurs. Zoom sur les chiffres du nouveau baromètre SeLoger – MeilleursAgents publié ce 2 novembre 2026.
Le mouvement reste modeste, mais il marque un changement : pour la première fois depuis le début de l’année, l’indice national des prix de SeLoger–Meilleurs Agents s’oriente à la baisse. Paris, les dix grandes villes de province et les cinquante principales villes hors région parisienne enregistrent chacun un recul de 0,1 % sur un mois.
Cette évolution ne suffit pas à caractériser un retournement durable. Elle signale toutefois un marché moins résistant, dans un contexte de financement plus contraint.
Des baisses largement répandues, mais des marchés locaux contrastés
Parmi les onze principales villes suivies, Rennes affiche le recul le plus marqué en octobre, à –0,8 %, devant Nice (–0,5 %) et Montpellier (–0,3 %). Nantes et Marseille affichent une baise de 0,2 %. Paris cède 0,1 %, comme Bordeaux et Strasbourg.
Reste que trois villes progressent encore : Toulouse (+0,6 %), Lille et Lyon (+0,2 % chacune).
Les zones rurales conservent également une légère hausse de 0,1 %. Attention au périmètre : les indices urbains portent sur les appartements, tandis que l’indice rural concerne les maisons.
Pour les agences, ces écarts invitent à étayer chaque estimation avec des références locales récentes. La tendance nationale donne une direction ; elle ne détermine pas le prix de chaque bien.
Une fin d’année sous tension, entre financement et confiance
Selon l’analyse de SeLoger–Meilleurs Agents, au-delà du crédit, le manque de visibilité économique et politique pèse sur les décisions immobilières. Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat et d’incertitudes budgétaires, certains ménages pourraient préférer reporter leur projet plutôt que s’engager sur le long terme.
Les auteurs du baromètre décrivent ainsi un risque de cercle vicieux : les incertitudes sur les finances publiques alimentent la défiance des marchés financiers et contribuent au renchérissement du financement de la dette française. Ces tensions pourraient maintenir les taux longs à des niveaux élevés et peser sur les conditions de crédit.
SeLoger–Meilleurs Agents anticipe donc une poursuite des ajustements de prix dans les prochains mois. Notons tout de même qu’il s’agit d’une perspective donnée du baromètre, mais non d’une baisse déjà mesurée.
Le financement pourrait accentuer les négociations
Pour les professionnels, l’enjeu consiste à rapprocher rapidement les attentes des vendeurs du budget réel des acquéreurs. Vérifier le financement en amont, intégrer la concurrence dès l’estimation et discuter des possibilités de négociation deviennent des points décisifs pour faire avancer les dossiers.
Pour SeLoger–Meilleurs Agents, la contraction de la capacité d’emprunt renforce l’enjeu de la négociation et du réalisme des prix demandés par les vendeurs. C’est donc l’ensemble du projet — prix, mensualité et apport disponible — qu’il faut examiner avec le client.
Source : baromètre national SeLoger–Meilleurs Agents, n° 191, novembre 2026, données au 1er novembre. Les indices combinent notamment des transactions communiquées par les agences partenaires, des annonces retraitées et des données foncières. À télécharger ici.
Bon à savoir : en matière de crédit, la France reste moins chère que la Belgique et l’Allemagne
Malgré la remontée des taux, les emprunteurs français conservent un avantage relatif. Selon les données citées dans le baromètre, les taux sur 20 ans se situaient autour de 3,7 à 3,8 % en France à fin octobre, contre 4,3 % en Belgique et 4,4 % en Allemagne. Ces écarts reflètent toutefois des marchés bancaires aux caractéristiques différentes.
Autre atout souligné par SeLoger–Meilleurs Agents : le recours au taux fixe sur toute la durée du prêt, qui protège les emprunteurs concernés d’une hausse de leur taux pendant le remboursement.
Les conditions pourraient néanmoins continuer de se tendre : le baromètre relève que l’OAT française à 10 ans a franchi les 5 % en octobre, réduisant les marges de manœuvre des banques pour contenir les taux proposés aux nouveaux emprunteurs.
Sources citées par le baromètre : Pretto et Empruntis pour la France ; Immotheker pour la Belgique ; Interhyp pour l’Allemagne.