« Nous avons fait le choix de ne jamais transiger sur la diffusion des annonces immobilières », Olivier Descamps, iad

Dans un environnement économique encore marqué par l’incertitude, le marché immobilier français renoue malgré tout avec une dynamique plus favorable. Olivier Descamps, directeur général d’iad France, analyse les tendances de l’année 2025, revient sur les enseignements de 2025, la performance du réseau et partage sa vision pour l’année à venir.

Quel regard portez-vous sur l’année 2025 pour le marché immobilier français ?

L’année 2025 s’inscrit clairement comme une année de redressement pour le marché immobilier. Les volumes repartent à la hausse, avec une progression estimée autour de 11 %, pour atteindre un niveau compris entre 940 000 et 950 000 transactions en fin d’exercice. Cette trajectoire est globalement partagée par l’ensemble des acteurs du secteur.

Deux facteurs principaux expliquent cette reprise. D’une part, les taux d’intérêt sont restés attractifs, permettant aux acquéreurs de retrouver une capacité d’emprunt suffisante. D’autre part, de nombreux projets immobiliers avaient été mis en attente au cours des mois précédents et se concrétisent désormais. Le marché retrouve ainsi un certain équilibre, plus sain et plus lisible.

Dans ce contexte, comment se porte le réseau iad ?

iad enregistre une année exceptionnelle, la meilleure depuis sa création, avec 63 000 ventes réalisées. Ce niveau de performance dépasse même celui observé à l’issue de la période post-Covid, qui constituait jusqu’alors un record, bien que largement porté par un contexte exceptionnel.

Cette performance illustre la place désormais occupée par le réseau sur le marché français, puisque près d’une transaction sur dix réalisée par un professionnel de l’immobilier l’est aujourd’hui par un conseiller iad. C’est un signal fort de maturité et de solidité.

Comment expliquez-vous ces bons résultats ?

Ils s’expliquent avant tout par la cohérence et la robustesse du modèle iad. Le choix d’un fonctionnement 100 % entrepreneurial joue un rôle clé : les conseillers sont des chefs d’entreprise, très engagés localement, réactifs et orientés performance. Cette dynamique est renforcée par un investissement constant dans la formation, qui reste un pilier fondamental de notre développement.

Par ailleurs, nous réalisons également des investissements importants dans les outils technologiques, notamment dans la génération de leads, le rapprochement acquéreurs-vendeurs et l’intégration progressive de l’intelligence artificielle au cœur de nos solutions.

Enfin, iad a fait le choix de ne jamais transiger sur la diffusion des annonces immobilières. Nous maintenons une présence large et continue sur l’ensemble des portails majeurs, sans arbitrage ni restriction, là où certains acteurs ont été contraints de réduire leur visibilité.

La diffusion des annonces immobilières est pourtant un enjeu stratégique pour les réseaux immobiliers…

La hausse significative des tarifs des grands portails immobiliers a profondément modifié les stratégies de diffusion de nombreux acteurs. Certains réseaux ont fait le choix de restreindre leur présence ou de faire tourner leurs annonces immobilières entre différentes plateformes, ce qui réduit mécaniquement la visibilité des biens.

Cette situation touche particulièrement les agences immobilière indépendantes, aujourd’hui fortement fragilisées. Pour préserver leurs équilibres financiers, certaines sont contraintes de limiter leur exposition, ce qui constitue un véritable frein commercial. Nous le constatons très concrètement à travers les professionnels qui rejoignent iad et expliquent ne plus pouvoir assumer une diffusion complète et permanente sur les principaux portails.

L’instabilité politique a-t-elle un impact sur les porteurs de projets immobiliers ?

Concernant les particuliers, l’impact reste relativement modéré. Les Français semblent s’être habitués à ce climat d’instabilité politique et économique, et les projets de vie continuent malgré tout à se concrétiser.

En revanche, l’effet est beaucoup plus marqué du côté des investisseurs locatifs. Nous observons un retrait ou un attentisme de l’ordre de 20 à 25 % chez les propriétaires bailleurs. Jusqu’à aujourd’hui, les incertitudes liées à la fiscalité, à l’évolution du cadre réglementaire et à la reconnaissance du statut de bailleur privé, ont nourri un sentiment de risque élevé, qui a freiné nettement l’investissement locatif.

Un an après le lancement d’iad Prestige, quel premier bilan tirez-vous ?

Le bilan est clairement positif. Le segment Prestige affiche une croissance supérieure à la moyenne du réseau, que ce soit en nombre de mandats, de compromis ou de ventes. Cette dynamique confirme la pertinence de l’offre et l’intérêt croissant de nos conseillers pour ce marché spécifique.

Pour autant, nous souhaitons aller plus loin. Nous avons récemment réalisé un premier bilan stratégique et identifié plusieurs axes de renforcement, notamment en matière de visibilité, avec un élargissement du référencement sur des portails spécialisés, ainsi qu’un enrichissement des offres et des supports dédiés aux conseillers. L’objectif est d’installer durablement iad Prestige comme un acteur reconnu sur ce segment.

Comment envisagez-vous l’évolution du marché immobilier en 2026 ?

J’anticipe un marché globalement stable, tant en volume qu’en prix. Si les taux d’intérêt se maintiennent autour de 3,40 % à 3,50 % et que l’inflation reste contenue, les prix devraient peu évoluer. Le volume de transactions pourrait se situer entre 950 000 et 960 000 ventes.

Il ne s’agit pas d’imaginer une forte accélération, mais plutôt une poursuite de la dynamique actuelle. Un nouveau gain de 8 à 10 % me semble réaliste. A ces niveaux de taux et de volumes, le marché serait équilibré et raisonnable pour l’ensemble des professionnels.

Quels sont les objectifs et projets d’iad pour l’année à venir ?

Nous souhaitons renforcer l’accompagnement de nos entrepreneurs dans les zones où notre présence est encore inférieure à notre moyenne nationale, notamment dans certaines grandes métropoles comme Paris ou Lyon, ainsi que dans des régions en forte croissance telles qu’Auvergne-Rhône-Alpes.

La formation demeure également un axe stratégique majeur, avec le lancement prochain d’un nouvel outil pédagogique destiné à renforcer encore les compétences de nos conseillers. Parallèlement, nous allons poursuivre l’évolution de notre plateforme de marque et intensifier notre communication, aussi bien auprès des vendeurs et acquéreurs que des entrepreneurs qui souhaitent nous rejoindre.

Un dernier axe important concerne la location et la gestion locative. Nous avons amorcé ce développement il y a un peu plus de trois ans et gérons aujourd’hui plus de 10 000 lots. Nous souhaitons désormais accélérer fortement sur ce segment, avec une ambition forte à horizon trois ans.

Stéphanie Marpinard: Après avoir évolué pendant 10 ans au sein d'un groupe spécialisé dans les médias étudiants, l’orientation professionnelle et la gestion de carrière, en tant que rédactrice en chef adjointe, Stéphanie Marpinard a choisi de travailler à son compte et collabore depuis à différents médias. Ses domaines de prédilection sont entre autres l'immobilier, l'emploi et les ressources humaines.