Grâce à la géolocalisation publicitaire et à l’IA générative, les agences immobilières peuvent désormais diffuser des spots TV ciblés sur leur zone de chalandise à un coût accessible. Les explications de Dan Gomplewicz, cofondateur d’ARMIS.
Qu’est-ce qu’une stratégie de CTV locale ?
La CTV locale correspond à la diffusion de publicité sur les téléviseurs connectés des foyers situés autour d’un point de vente précis. Concrètement, une agence immobilière peut désormais diffuser un spot publicitaire uniquement dans sa zone, sur les plateformes de replay ou de streaming accessibles depuis la télévision du foyer. On reste donc sur le média télévisuel, mais avec une logique digitale : ciblée, mesurable et géolocalisée. Pendant longtemps, la télévision était inaccessible au commerce local en raison de son coût et de son fonctionnement national. Aujourd’hui, elle devient un média activable localement.
Sur quelles technologies repose ce dispositif ?
Nous nous appuyons sur notre technologie de géolocalisation et sur les plateformes d’achat programmatique auxquelles les chaînes et les plateformes de streaming sont connectées. Cela nous permet d’acheter automatiquement des espaces publicitaires disponibles sur les téléviseurs connectés et de les diffuser uniquement auprès des foyers correspondant à la zone et au ciblage définis.
Concrètement, comment cela fonctionne pour une agence immobilière ?
L’agence ou la tête de réseau accède à une plateforme d’inscription qui lui permet d’activer des campagnes sur sa zone. Elle choisit un pack de diffusion, généralement sur une période de deux à trois semaines. Le spot publicitaire comporte une base nationale commune, mais il est personnalisé automatiquement : le nom de l’agence, son adresse et son numéro de téléphone apparaissent directement dans la publicité. Certains choisissent également d’ajouter une photo de l’agence immobilière ou encore de l’équipe pour encore amplifier davantage le message local.
Cette solution est-elle réservée aux grands réseaux ?
Pas du tout. Nous commençons à travailler avec des réseaux à partir d’une trentaine ou d’une cinquantaine de points de vente. L’objectif est justement de démocratiser l’accès à la télévision. Aujourd’hui, même une agence immobilière indépendante ou un réseau de taille intermédiaire peut bénéficier d’une visibilité télévisée locale.
En quoi la CTV peut-elle transformer le marketing immobilier ?
L’immobilier est un secteur très local, mais qui a besoin d’un média puissant pour construire la préférence de marque. La télévision reste le média qui génère la plus forte mémorisation publicitaire. Jusqu’ici, les agences immobilières utilisaient surtout la presse locale, l’affichage ou le cinéma, mais très rarement la télévision. Voir son agence immobilière s’afficher à la télévision chez les habitants de son quartier crée une différenciation instantanée, confère une crédibilité accrue à la marque et une vraie fierté pour les équipes. Nous sommes convaincus que la télévision connectée va devenir, dans les prochaines années, un pilier du marketing immobilier local.
Disposez-vous déjà de premiers retours terrain ?
Les premières campagnes montrent qu’en deux à trois semaines, nous pouvons couvrir entre 40 % et 70 % des foyers d’une zone ciblée, avec plusieurs expositions par foyer. Il faut toutefois comprendre que la publicité télévisée agit avant tout sur la notoriété et la préférence de marque. La décision immobilière se construit sur plusieurs mois ; l’impact n’est donc pas immédiat en termes de contacts entrants, mais il participe fortement à la médiatisation locale de l’agence.
Quel budget une agence immobilière doit-elle prévoir ?
Le budget dépend de la taille de la zone et du niveau de diffusion choisi. Nous recommandons généralement un minimum d’environ 30 % de couverture de la zone pour garantir une visibilité suffisante. Dans la majorité des cas, les campagnes se situent entre 500 et 1 500 euros par agence pour deux à trois semaines de diffusion.
Vous utilisez également l’intelligence artificielle pour produire les spots ?
Oui, et c’est un point clé. Nous proposons une création vidéo basée sur l’intelligence artificielle générative, appelée la GenAI. Lorsque le réseau ne dispose pas de spot national existant, nous pouvons ainsi créer intégralement les vidéos grâce à l’IA, sans tournage ni production traditionnelle. Cela réduit fortement les coûts et accélère considérablement le déploiement des campagnes. C’est une évolution majeure pour les directions marketing qui peuvent désormais produire plusieurs campagnes vidéo dans l’année de manière agile.
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CTV locale : pourquoi le réseau Guy Hoquet mise sur la publicité TV segmentée ?
Entretien avec Stéphane Fritz, président du réseau Guy Hoquet.
Pourquoi avoir choisi de travailler avec Armis autour d’une stratégie de CTV locale ?
Nous considérons que la CTV est en train de devenir un média de référence pour deux raisons. D’abord, elle combine la puissance de la télévision avec la précision du digital. Ensuite, pour un réseau comme le nôtre, très ancré localement, elle permet de réconcilier communication nationale et communication locale. Jusqu’à présent, nous avions d’un côté la télévision nationale, très puissante mais peu adaptée aux enjeux locaux, alors que nos agences ont besoin d’amplifier leur visibilité sur leur territoire. La CTV nous permet désormais de faire les deux : diffuser un message premium sur un média national, tout en personnalisant la communication agence par agence.
Chaque franchisé peut ainsi diffuser une publicité télé qui lui ressemble, avec son identité locale, son message et ses coordonnées. Le siège conserve une cohérence nationale, tandis que les agences gagnent en visibilité locale.
Depuis quand avez-vous adopté cette stratégie ?
Nous avons rencontré Armis fin 2025 et lancé notre première campagne dès février, autour de notre opération Estimation. Nous avons été rapidement convaincus, à la fois par le potentiel de la CTV et par la simplicité de l’outil proposé.
La plateforme est particulièrement accessible : les franchisés peuvent acheter de l’espace publicitaire local directement en ligne, avec leur carte bancaire. Cela leur ouvre l’accès à un média qui était jusqu’ici quasiment inaccessible pour eux.
Nous avons également travaillé avec Armis pour recommander des budgets adaptés aux réalités des agences. L’objectif est clair : générer un impact business local grâce à des messages plus proches des problématiques terrain, favorisant la mémorisation et, potentiellement, davantage de contacts qualifiés.
Quel a été le taux d’adoption lors de la première campagne ?
Sur la première opération, environ 25 % du réseau s’est inscrit. Nous venons de lancer une deuxième campagne autour du mandat exclusif, donc il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions chiffrées. Un point très apprécié par les franchisés est le reporting fourni après les campagnes : chaque agence peut consulter le nombre d’impressions diffusées localement et mesurer précisément la visibilité obtenue.
Avez-vous déjà observé une hausse des contacts qualifiés ?
Il est encore trop tôt pour l’affirmer. Nous venons tout juste de terminer l’opération et nous devons maintenant analyser les retours terrain.
Par ailleurs, nous recommandons toujours aux agences de ne pas utiliser un seul levier. Les campagnes CTV s’intègrent dans un écosystème global comprenant les réseaux sociaux, les actions locales et les événements en agence. Il est donc difficile d’attribuer un contact à un canal unique, car les prospects sont exposés à plusieurs messages.
Nous sommes dans une logique d’apprentissage et d’optimisation continue. Mais nous sommes convaincus que la communication va devenir de plus en plus adressée, ciblée et locale. C’est pour cela que nous avons souhaité être en avance sur ces usages.
A partir de quel budget une agence peut-elle accéder à la CTV locale ?
Le modèle est volontairement très accessible. Le coût de production du spot vidéo est pris en charge au niveau national. Ensuite, les agences choisissent leur budget média local : entre 258 € et 600 € pour les premières campagnes, avec un ticket d’entrée autour de 300 €.
Chaque niveau correspond à un nombre d’impressions, de foyers touchés et de répétitions d’exposition. Les agences peuvent évidemment augmenter leur investissement si elles souhaitent élargir leur couverture.
L’idée est véritablement de démocratiser l’accès à la télévision, grâce à une diffusion ultra-segmentée géographiquement.
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