Pour Gilles Frémont, cette nouvelle édition s’inscrit dans une démarche de fond : « La connaissance fine des réalités du terrain est la condition indispensable pour faire évoluer durablement la qualité et l’attractivité de notre métier. »
Une vision « plus juste » du quotidien des gestionnaires
L’étude se veut à la fois exigeante, représentative et utile. Exigeante, car elle prend en compte des défis toujours plus complexes : inflation réglementaire, transformation numérique, pression économique ou attentes croissantes des copropriétaires. Représentative, grâce à une forte mobilisation du terrain. Utile, enfin, parce qu’elle vise à éclairer l’ensemble des acteurs du secteur.
« Trop souvent encore, la fonction de syndic est observée à travers des prismes partiels, parfois caricaturaux. Il nous appartient collectivement de rétablir une vision plus juste », déplore Gilles Frémont.
Au-delà d’un simple état des lieux, ce baromètre explore ainsi en profondeur le quotidien des gestionnaires : profils, parcours, organisation du travail, rémunération, aspirations… mais aussi les difficultés rencontrées. Charge de travail en hausse, responsabilités juridiques accrues, manque de formation face à la complexité normative ou encore tensions relationnelles : autant de facteurs qui interrogent directement l’attractivité du métier.
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Un métier qui redessine sa composition et ses pratiques
Au fil des années, force est de constater que le métier se redessine dans sa composition comme dans ses pratiques. « Les défis auxquels sont confrontés les syndics n’ont jamais été aussi nombreux », rappelle Gilles Frémont.
Dans ce contexte, certaines évolutions traduisent une capacité d’adaptation concrète. Le baromètre montre par exemple que les assemblées générales évoluent dans leur organisation : la part de celles se terminant avant 18h a plus que doublé en quelques années. Un signal qui peut sembler discret, mais révélateur d’une attention croissante portée à l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
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Autre inflexion notable : la pénurie de gestionnaires semble légèrement se desserrer. En 2022, plus d’un cabinet sur deux faisait face à au moins un poste vacant ; ils ne sont plus que 39 % aujourd’hui. Une amélioration relative, qui ne masque pas pour autant des tensions toujours présentes.
C’est aussi le visage de la profession qui évolue aussi. Et pour cause, sa féminisation continue de progresser : 71 % des gestionnaires sont désormais des femmes, contre 65 % quatre ans plus tôt. Dans le même temps, les attentes se transforment. Le relationnel client, longtemps central, cède du terrain au suivi des travaux, désormais en tête des préférences métier, signe d’un recentrage sur des missions plus techniques.
Le baromètre met également en évidence une recomposition du secteur : la part des professionnels exerçant dans de grands groupes recule légèrement, traduisant un paysage en évolution.
Autre enseignement marquant : 87 % des professionnels interrogés se déclarent favorables à la création d’un ordre professionnel — un indicateur fort des attentes de structuration de la profession.
Au-delà des chiffres, un message revient avec constance : celui du besoin de reconnaissance.
« Nous ne cherchons pas seulement à dresser un état des lieux, mais à rétablir une vision plus juste de notre métier, fondée sur des données concrètes souligne Gilles Frémont. Cette enquête est le reflet d’un métier en mouvement, qui s’adapte et innove en permanence, tout en restant attaché à ses fondamentaux », conclut-il.
Ainsi, ce Baromètre 2026 raconte l’histoire d’un métier qui encaisse les transformations, ajuste ses pratiques et cherche à redéfinir son équilibre. Une profession souvent critiquée, parfois mal comprise, mais plus que jamais centrale dans le fonctionnement quotidien des immeubles.
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