Terres agricoles, vignes et forêts : trois marchés aux trajectoires divergentes
Derrière une apparente stabilité nationale, les trois Observatoires révèlent un marché foncier français de plus en plus polarisé.
Les terres agricoles confirment leur plateau, avec un prix moyen national de 6 059 €/ha en 2025 (+ 0,3 % vs 2024) pour 14 328 transactions et 154 652 hectares échangés. Mais l’écart entre la région la plus chère — PACA (14 884 €/ha) — et la moins chère — Bourgogne-Franche-Comté (2 907 €/ha) — atteint un facteur 5,1. Sur cinq ans, la progression cumulée (+ 4,4 %) reste inférieure à l’inflation : c’est une érosion réelle des valeurs malgré la hausse nominale.
Les vignes illustrent une polarisation extrême. Le prix moyen national s’établit à 205 441 €/ha, mais le rapport entre les extrêmes atteint un facteur 2 700. La Champagne fait plateau autour de 1,0 M€/ha, la Côte-d’Or atteint un nouveau record (730 937 €/ha de moyenne 2025), le Bordelais voit sa moyenne grimper artificiellement à 88 412 €/ha sous l’effet de cessions de grands crus — masquant la poursuite de la crise sur les Bordeaux génériques — tandis que le Languedoc et le Sud-Ouest entrent en crise structurelle, avec des prix tombés à 17 000 €/ha pour les vignes hors AOP.
Les forêts poursuivent leur hausse modérée. La médiane nationale s’établit à 4 936 €/ha (+ 1,9 %), pour 35 100 transactions cumulées sur la période 2020-2025. L’écart interdépartemental atteint un facteur 1 à 13, des Hauts-de-France (8 853 €/ha — pression cynégétique, forêts feuillues) à la Nouvelle-Aquitaine (3 684 €/ha — pin maritime).
Les terres agricoles françaises parmi les moins chères d’Europe
Avec 6 400 €/ha (source SAFER), les terres agricoles françaises restent parmi les moins chères d’Europe occidentale — loin derrière les Pays-Bas (61 227 €/ha), l’Italie (40 153 €/ha) ou l’Irlande (23 594 €/ha). Une singularité qui s’explique par le rôle régulateur de la SAFER, la prédominance de l’élevage extensif et la protection des fermiers via le statut du fermage. Cette décote structurelle a des implications majeures pour les investisseurs comme pour les enjeux de souveraineté alimentaire.
Bernard Charlotin, président de ma-propriete.fr, explique : « Derrière une moyenne nationale qui rassure se cache une France foncière à deux vitesses, où les écarts entre territoires peuvent atteindre un facteur 60 — comme entre une parcelle de Champagne et une parcelle de Côtes du Roussillon. Cette polarisation est un fait majeur, mais peu d’observateurs en restituent l’ampleur. En croisant pour la première fois DVF, SAFER et Eurostat, nous offrons aux exploitants, aux investisseurs et aux cédants la lecture la plus fine jamais publiée de la valeur réelle des terres françaises. »
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