Canicule : savoir décoder le DPE des biens et connaître les critères objectifs de confort thermique en été

L'intensité record de la vague de chaleur qui a frappé le territoire, devrait durablement influencer le marché immobilier : décote, doutes acquéreurs, allongement des délais de vente... Dans cet article, Julien Besnard vous aide à interpréter l'indicateur officiel "Confort d'été" présent dans le DPE, et pointe ses limites. L'occasion de rappeler les critères qui préservent réellement nos logements de la chaleur, et d'expliquer pourquoi certains logements récents peuvent se révéler fragiles. Un nouveau sujet dont les éco-conseiller immobiliers doivent s'emparer pour se différencier en matière d'accompagnement acquéreur/vendeur !

Le changement climatique nous force à changer notre pratique du métier, les arguments flatteurs tels que « logement baigné de soleil » risquent bientôt d’être utilisés à l’encontre du vendeur pour justifier une négociation. C’est ce qu’a observé Rémi Camus, éco-conseiller immobilier sur le secteur de Rambouillet en cette période de chaleur : « En pleine canicule, j’ai vendu une maison au prix, ou presque, l’acquéreur ayant tenu à intégrer 3000€ de décote pour prendre en compte la nécessaire installation d’une climatisation dans une chambre non équipée ».

Alors, comment évaluer un bien sans climatisation ?

Décoder le DPE et l’indicateur « Confort d’été »

Premier conseil : ne pas vous fier à la classe énergétique, qui traduit une logique hivernale basée sur les déperditions. En revanche, un indicateur plus à propos, situé page 2, nommé « Confort d’été (hors climatisation) », pourrait bientôt faire l’objet de questions de la part des acquéreurs.

5 critères sont étudiés à travers cet indicateur « Confort d’été« , dont deux considérés comme prépondérants : l’existence d’une isolation du toit et la présence de volets/brise soleil sur les fenêtres exposées est/sud/ouest. En cas de défaut sur l’un de ces deux critères, par exemple une seule fenêtre exposée Est, pourtant peu impactante pour le confort d’été, fera passer l’indicateur du DPE au rouge (ne concerne pas les baies de moins de 0,7m²). Attention donc.

Puis trois critères supplémentaires entrent en jeu pour classer le bien en “Bon” ou “Moyen” : l’inertie du bâtiment, un logement traversant, et la présence de brasseurs d’air. Parmi ces trois critères, deux sur trois doivent être cochés pour que l’indicateur passe au vert : “Bon confort d’été”.

Selon une étude rendue publique par l’IGNES en juin 2026, 9 logements sur 10 sont présentés comme non adaptés aux fortes chaleurs au sens de cet indicateur. Le constat est similaire qu’il s’agisse d’un logement classé A ou G.

Alors faut-il s’arrêter à cet indicateur ? Non.

Attention à l’interprétation du critère « confort d’été »

Confrontons ce critère « Confort d’été » à la réalité pour connaître ses limites.

Prenons d’abord l’exemple d’un client, vivant dans un appartement neuf, tout juste sorti de terre (RE2020), situé en étage intermédiaire, donc protégé par les voisins en haut et en bas. Le critère Confort d’été affiche « Moyen » car l’appartement n’est pas traversant. Un facteur réellement impactant puisque la difficulté à faire entrer de l’air frais au petit matin, a fait monter la chaleur au-delà de 30°C lors de la dernière canicule. Le facteur “Confort d’été” a donc une réelle pertinence dans ce cas, et démontre aussi combien le confort d’été, à l’instar de la ventilation, est lié aux bons réflexes des occupants.

Deuxième exemple, cette fois une maison ancienne avec des murs épais (50cm), isolés par l’intérieur, avec un DPE C. Dans ce cas, l’inertie lourde du bâtiment ne sera pas prise en compte, car une règle tirée d’un logique confort d’hiver atténue l’inertie. L’indicateur « Confort d’été » peut donc se révéler imparfait.

La climatisation comme seule solution ?

À ceux qui seraient tentés de résoudre ce problème uniquement par la climatisation, une étude d’Hello Watt sur 220 000 logements équipés d’une climatisation indique une hausse de la facture de 30 % en période de canicule pour les ménages équipés. Pour éviter que l’ensemble des logements deviennent énergivores en été, réduire l’exposition au risque et limiter la climatisation entre 23°C et 26°C restent des priorités.

Mais soyons transparents, aujourd’hui seule la climatisation peut permettre de maintenir des pièces situées sous le toit, agréables durant les canicules.

La check list pour étudier le confort d’été lors de vos estimations

Une formation entière serait nécessaire pour illustrer la complexité des phénomènes associés à la relation entre canicule et confort.

Résumons cela en une check-list opérationnelle listant les critères par ordre d’importance :

Critère à observer

Point fort à valoriser

Point faible à relativiser ou à corriger

Isolation du toit

Combles perdus ventilés avec isolant dense, type ouate de cellulose

Combles aménagés avec isolant peu dense, type laine de verre

Protections solaires

Volets, persiennes, brise-soleil, stores extérieurs

Stores intérieurs, qui interviennent trop tard car la chaleur a déjà franchi le vitrage

Inertie du bâtiment

Murs en pierre de plus de 35 cm d’épaisseur, avec isolation adaptée par l’intérieur ou l’extérieur

Murs en parpaing avec isolation peu dense, type laine de verre ou polystyrène

Ventilation

Ventilation hygroréglable ou double flux, limitant les entrées d’air chaud incontrôlées

Ventilation naturelle ou à débit constant, susceptible de faire entrer de l’air chaud en journée

Renouvellement de l’air le matin et la nuit

Logement traversant, avec fenêtres sur plusieurs façades

Logement non traversant ou mono-orienté

Dispositifs de confort d’été

Climatisation fixe et brasseurs d’air au plafond, intégrés au logement et valorisables d’un point de vue immobilier

Équipements mobiles ou non fixes, peu valorisables dans l’analyse immobilière

 

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Julien Besnard: Et si vous deveniez éco-conseiller immobilier labellisé ? Julien Besnard est le fondateur de Casam, un label décerné aux professionnels qui se forment à la rénovation énergétique. Prise de mandat, conseils vendeurs, prospection... les éco-conseillers en immobilier labellisés Casam se démarquent auprès de leurs clients. En tant que bureau d'étude RGE spécialisé dans l'achat de biens avec travaux, Casam est le service de conciergerie technique 2.0 le plus complet du marché : conseil travaux acquéreur, calcul de MaPrimeRénov', éligibilité à l'Eco-PTZ, DPE projeté et devis RGE pour l'obtention du crédit... autant de services que vous pouvez valoriser dans vos mandats exclusifs !