Une pénurie en net recul
C’est un signal positif que la profession attendait depuis plusieurs années. D’après la dernière enquête menée par l’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC), la pénurie de gestionnaires recule sensiblement. En 2022, 56 % des cabinets de syndic déclaraient avoir au moins un poste vacant. Quatre ans plus tard, ils ne sont plus que 39 % dans cette situation, soit une baisse de 17 points.
Pour Gilles Frémont, président de l’association, cette amélioration s’explique principalement par deux phénomènes. Le premier est conjoncturel. La crise immobilière a conduit une partie des professionnels issus de la transaction ou de la promotion à se tourner vers les métiers de la gestion de copropriété, traditionnellement moins exposés aux cycles du marché.
Le second est plus structurel. Depuis plusieurs années, les acteurs de la profession multiplient les initiatives pour mieux faire connaître le métier auprès des étudiants, des établissements de formation et du grand public.
« Le métier sort progressivement de l’ombre et gagne en attractivité », résume le président de l’ANGC.
Attirer est une chose. Fidéliser en est une autre.
Pour autant, Gilles Frémont refuse de crier victoire. Car si davantage de professionnels rejoignent les cabinets de syndic, beaucoup continuent aussi à envisager de les quitter.
Les résultats de l’enquête sont éloquents : 54 % des gestionnaires de copropriété déclarent ressentir un mal-être au travail, 88 % évoquent une charge mentale permanente liée au flot d’e-mails et aux sollicitations incessantes, tandis que 40 % affirment envisager d’abandonner le métier à court terme.
Pour le président de l’ANGC, le véritable enjeu des prochaines années sera donc moins de recruter que de créer les conditions permettant aux collaborateurs de s’inscrire durablement dans la profession.
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Repenser l’organisation du métier
Cette fidélisation passe selon lui par plusieurs leviers.
Des portefeuilles d’immeubles plus adaptés, des journées de travail mieux équilibrées, un management davantage tourné vers l’accompagnement et la protection des équipes, une formation initiale et continue renforcée, une plus grande stabilité des organisations ou encore une revalorisation des honoraires de base afin de privilégier la qualité plutôt que la quantité.
Autant de pistes qui visent un même objectif : améliorer durablement la qualité de vie au travail des gestionnaires de copropriété.
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Le retour de ceux qui étaient partis
Un autre chiffre de l’enquête retient particulièrement l’attention. 13 % des gestionnaires de copropriété actuellement en poste avaient quitté la profession avant d’y revenir. Un phénomène que Gilles Frémont interprète comme un signal particulièrement encourageant.
Ces « come-back » ne seraient pas motivés par un manque d’alternatives, mais par un véritable attachement au métier. Une preuve, selon lui, que la gestion de copropriété reste une profession porteuse de sens, à condition que les conditions d’exercice continuent de progresser.
Pour Gilles Frémont, le message est clair : la pénurie recule, l’attractivité progresse, mais le véritable défi est désormais de faire en sorte que ceux qui choisissent ce métier aient envie d’y rester.
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Source : Enquête Métier ANGC 2026

