Antoine Huvé, créateur d’entreprise ayant mis a profit son expérience au sein de l’agence immobilière familiale pour créer cherchemonnid.com livre sa vision du métier d’agent immobilier. Et revient sur les atouts du mandat exclusif.

photo :

 

Si vous demandez à un restaurateur de vous préparer son meilleur plat et que vous lui annoncez que vous irez peut-être dîner chez son concurrent d’en face, quelle va être sa réaction ? Va-t-il prendre le risque de travailler pour en être de sa poche ? Sous couvert de libre concurrence c’est pourtant le quotidien les professionnels de l’immobilier.

"L'objectif de cherchemonnid.com ? Que les professionnels connaissent toutes les recherches de leur secteur et que les  particuliers aient accès à tous les professionnels et donc tous les biens en bénéficiant d’un réel service et d’un accompagnement", Antoine Huvé.

 

Concurrence certes mais à condition d’avoir le choix entre des prix, produits, ou prestations clairement évidentes. L’immobilier fait couler beaucoup d’encre, tellement que l’Etat semble avoir trouvé des réformes que les professionnels refusent en bloc.

Le marché est-il capable de s’autoréguler ? Ces réformes sont-elles nécessaires ? Les vendeurs et acquéreurs n’ont-ils pas leur part de responsabilité ? Intéressant de se pencher sur ces interrogations au moment où nous lisons que le marché est en pleine mutation, que les pires ennemis s’allient face aux « diables » Seloger & Leboncoin.

Visiblement un bon emplacement commercial, de beaux produits, une vitrine, du personnel souriant et compétent ne suffisent plus à garantir la prospérité d’un professionnel de l’immobilier. Aujourd’hui sa vitrine c’est internet mais il devient difficile de devoir partager la même vitrine que ces concurrents avec les mêmes produits. Dur de s’y retrouver efficacement lorsque l’on recherche un bien et difficile de sélectionner un professionnel lorsque l’on souhaite vendre. Quelle valeur ajoutée, quel service, quel montant d’honoraires ? Puis finalement pourquoi faire appel à un professionnel ?

Quel professionnel n’a jamais dû affronter lors d’un diner la fameuse remarque bienveillante : « Alors l’immobilier, pas trop dur en ce moment ? Oh remarquez il vous suffit d’une vente par mois pour gagner votre vie. » ou encore « Nous venons d’acheter un appartement, cela a été une bonne affaire, nous avons acheté en direct » Bref, de quoi passer une bonne soirée à tenter de justifier son activité.

Pourquoi en est-on arrivés là ? Le marché est-il vraiment capable de s’autoréguler ? Des réformes sont-elles nécessaires ?

Les ventes entre particuliers sont souvent plébiscitées par les adeptes des « bons plans » mais il est plus rare d’entendre lors d’un diner « Nous n’avons pas encore signé notre appartement car le notaire à découvert que lors du découpage de l’immeuble, des anciens propriétaires ont inclus dans l’appartement les anciens wc communs dont nous sommes seuls à pouvoir accéder ». Alors ? répondriez-vous.  Et bien vos amis vous diraient qu’ils doivent obtenir l’accord de tous les copropriétaires de l’immeuble pour leur céder ces 2,75m². Et là vous découvririez que ce sont les mètres carrés les plus chers de l’histoire car un copropriétaire lui aussi adepte des bons plans souhaite vous les faire payer très très cher … Ce n’est qu’un exemple réel parmi tant d’autres mais cela les adeptes des bons plans ne l’avouent que rarement.

Alors au pire des cas, adieu la belle affaire qui coûtera finalement plus cher ou au mieux, retour à la case départ : recherche de bien, négociation, visite avec les beaux-parents, … bref la galère. _DSC2493_2

Donc oui c’est un métier facile, comme dans toute activité, lorsqu’il n’est pas bien fait. Mais cela ne dure qu’un temps. Un conseil et une étude sérieuse de la situation de chaque bien permet au professionnel de résoudre les problèmes en amont de la mise en vente ou d’exposer la situation et ses solutions à tout acquéreur potentiel.

Le conseil, d’accord me direz-vous mais qu’en est-il du travail commercial. « Nous avons mis notre maison en vente et nous n’avons eu que trois visites en quatre mois. Nous avons pourtant 5 agences sur le coup ! » Quel professionnel va s’investir sachant qu’il n’a qu’une chance sur 5 de vendre le bien. Et même si il fait l’investissement de communication, un autre confrère risque de vous solliciter ou un particulier adepte des bons plans viendra frapper à votre porte. Mais ce n’est pas le pire. La pire chose serait qu’un professionnel vous laisse miroiter une valorisation alléchante vous incitant à lui confier un mandat de vente. Pourquoi les historiques de valorisation collectées par les notaires ne seraient elles pas des informations mises à disposition des Agents immobiliers ?

L’insatisfaction est générale. Un mandat exclusif obligatoire dès lors que l’on souhaite bénéficier des conseils et du réseau d’un professionnel ne serait-il pas la clef d’un fonctionnement plus sain? Les acquéreurs quant à eux n’auraient plus à trembler de ne pas trouver le bien de leur rêve et au juste prix…

L’Etat a cependant perçu le malaise du secteur et a récemment volé au secours des particuliers en imposant une quantité importante d’informations lors de la signature d’un compromis ou d’une promesse de vente. Les acquéreurs peuvent désormais être très fiers d’apprendre que leur nouvelle maison de campagne bicentenaire est située dans une zone de sismicité très faible ou encore potentiellement inondable, tout comme le château de Chenonceau… Cela n’est rien comparé au graal que constituent les centaines de pages de règlements de copropriété anciens et de leurs modificatifs qu’une personne normalement constituée n’arrive pas à lire intégralement. Ont-ils donc une autre utilité que d’offrir aux acquéreurs une belle crampe au poignet en paraphant chaque page ? Comble du paradoxe, ces réformes dont la présence de ce document qui, par sa volumétrie, fait trembler les forets dès qu’une offre d’achat est acceptée, ont été imposées par notre ancien ministre à très forte sensibilité écologiste, Madame Duflot.

 

Cet article vous a été :
Newsletterinscrivez-vous dès maintenant

Je m'abonne

VOIR LES NEWSLETTERS

Réagissez
Réagir
1
réaction
Dans la même rubrique
1 réaction pour cet article
  • Par Grammond, il y a 1 année - 9 juillet 2016 à 7 h 55 min

    Une excellente analyse de notre métier. ..a partager sans modération. …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *