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« Fermeture de 3000 agences immobilières par an, et si la cause n’était pas le ralentissement du marché ? », David Messica, Directeur filière Commerce de CAPIFRANCE

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L’agence immobilière a-t-elle vocation à disparaitre de nos centres villes, au même titre que les boutiques photo, ou les agences de voyages ? Le point de vue de David Messica, directeur de la filière Commerce de CAPIFRANCE.

photo : David Messica, directeur filière commerce CAPIFRANCE

Les professionnels du secteur expliquent la fermeture d’agences immobilières par le ralentissement du marché et l’impact des nouveaux entrants.

Pourtant, comme le démontrait déjà en 2010 une étude prospective du Credoc de Philippe MOATI intitulait « le commerce de demain » les technologies de l’information ont provoqués des changements fondamentaux dans le circuit d’achat du client.

Si l’on observe le débat au sein de la corporation de l’optique, commerce de proximité en lien avec la santé, les professionnels s’insurgent contre les ventes de lunettes via le web.

A l’inverse, personne ne semble s’émouvoir de la disparition inéluctable des agences de voyages, présentes depuis des décennies au coeur de nos centres villes, alors que l’hyper proximité semble une tendance forte du commerce actuel…

Cet exemple illustre que le commerce « physique » a aujourd’hui l’obligation d’apporter de la valeur ajoutée au consommateur pour ne pas mourir.

Les grandes chaines de magasins spécialisés, nous proposent une alternative, elles tentent d’innover en misant sur le muti canal pour valoriser l’expérience client : choix du produit sur le web, show room, conseils et mise à disposition en magasin ou livraison à domicile…

Ce type de solution apporte donc une réponse à priori évidente et pourtant totalement oublié par les réseaux immobiliers : quelle est la valeur perçue par le client, non pas de l’agent immobilier, mais de l’agence immobilière ayant pignon sur rue ?

Les agences immobilières ne sont pas un commerce de proximité ! 

La notion de commerce de proximité est à priori difficilement compatible avec cette activité, qui par l’ampleur des projets traités et l’absence de conseillers sur le point de vente ( prise de mandats et visites en extérieur) ne peut être spontanée.

L’étude du Credoc nous éclaire davantage : les stratégies d’entreprises dépendent moins des caractéristiques objectifs de l’environnement que de la manière dont les décideurs se le représentent …On observe fréquemment une culture sectorielle qui unifie les croyances et les représentations des acteurs.

Alors si la sédentarité des agents installés depuis plusieurs années peut se comprendre, pourquoi les grands réseaux nationaux, qui analysent régulièrement les tendances de marché, continuent de promouvoir l’agence immobilière en pied d’immeuble ?

Une réponse pourrait être la visibilité de l’enseigne, ce qui n’est pas suffisant si l’on compare les loyers de bureaux en étage et les valeurs locatives des boutiques en centre-ville, à l’instar de ce réseau de courtiers immobilier qui a bien intégré la notion de coût / visibilité de ses locaux Place de la Comédie à Montpellier.

Force est de constater qu’une raison moins noble explique peut-être l’inertie des principaux réseaux de franchise en matière de politique d’emplacements commerciaux ; dans le cas ci-dessus, le franchisé a tout perdu…Par contre pour le franchiseur, happy end, il a placé un nouveau partenaire sur la zone et a pu à nouveau encaisser un droit d’entrée de plusieurs dizaines de milliers d’euros… © byBazikPress

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