La tendance se confirme et inquiète. D’après le dernier sondage « flash » réalisé par l’UNIS, à peine un copropriétaire sur deux est aujourd’hui présent ou représenté en assemblée générale — et souvent moins. Sur le terrain, de nombreux professionnels évoquent désormais une moyenne proche de 40 % de participation, avec des pics d’absentéisme atteignant 65 à 70 % dans certains immeubles.
Le phénomène est particulièrement marqué dans les petites copropriétés et chez les copropriétaires bailleurs. La visioconférence reste marginale : peu sollicitée et complexe à organiser en format hybride. Quant au vote par correspondance (VPC), s’il progresse, il ne suffit pas à compenser la désaffection globale.
Une mobilisation à géométrie variable
Le contenu de l’ordre du jour influe clairement sur la participation. Les projets structurants — ravalement, travaux importants, budgets conséquents — génèrent davantage de présence ou de pouvoirs. À l’inverse, certaines convocations ne sont pas ouvertes, voire pas lues, selon les retours terrain.
La comparaison avec un sondage mené par Ipsos en avril 2025 met en lumière l’accélération du phénomène :
la participation moyenne s’établissait alors à 56 %, contre environ 40 % aujourd’hui selon de nombreux cabinets, avec de fortes disparités d’un immeuble à l’autre.
Au-delà du vote, la question de gouvernance des copropriétés
Danielle Dubrac, présidente de l’UNIS, résume ainsi la situation :
« La confiance dans le syndic, le sentiment que tout va bien, et la fatigue démocratique génèrent une participation en baisse. Un constat qui percute la nécessité de dérouler un ordre du jour dont une grande partie est imposée par la loi (DPE collectif, projet de plan de travaux, installation d’IFC). La question aujourd’hui n’est donc plus seulement [comment faire voter ? ], mais [comment redonner envie de participer ?] ».
Dans un contexte où l’ordre du jour des AG intègre de plus en plus d’obligations légales, la problématique ne se limite plus à sécuriser les majorités : elle touche désormais à la dynamique même de gouvernance des copropriétés.
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