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Paris double la taxe sur les logements vacants : la FNAIM s’insurge

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Après le vote, samedi 18 juillet, du Conseil de Paris doublant dès 2027 la taxe sur les logements vacants, Loïc Cantin, président de la FNAIM, dénonce une nouvelle réponse exclusivement fiscale à une crise du logement qui exige avant tout des solutions concrètes. Tribune.

photo : Paris double la taxe sur les logements vacants la FNAIM vent debout

Après avoir découragé les propriétaires pendant des années (instabilité fiscale, empilement des normes, interdictions de louer, encadrement des loyers), Paris leur présente aujourd’hui la facture. On leur reproche une vacance que les pouvoirs publics ont eux-mêmes largement fabriquée.

La Ville de Paris choisit une nouvelle fois de taxer les propriétaires plutôt que de traiter les causes réelles de la vacance. Car si des logements restent vides, c’est rarement par stratégie spéculative. C’est le plus souvent parce qu’ils sont inhabitables ou nécessitant des travaux lourds, qu’ils sont bloqués par une succession, une indivision ou un contentieux ou bien qu’ils sont retirés du marché par des bailleurs découragés par l’instabilité juridique, fiscale et locative (DPE, interdictions de louer, encadrement des loyers…).

Personne ne défend le logement vide. Mais on ne remet pas un logement en location en punissant son propriétaire : on l’y remet en le sécurisant et en l’aidant à rénover. On interdit de louer, on ne finance pas la rénovation, puis on taxe la vacance qui en résulte : deux contraintes empilées sur le même propriétaire, en guise de politique du logement.

À lire : Selon la FNAIM, la rechute guette le marché immobilier

Depuis de longs mois, les professionnels de l’immobilier, et au premier rang la FNAIM, alertent sur le recul massif de l’investissement locatif et ses conséquences directes : raréfaction de l’offre, tensions sur les loyers, difficultés croissantes pour se loger. Faire porter aux bailleurs privés la responsabilité de la pénurie qu’on a soi-même nourrie relève de l’inversion des rôles.

Paris perd près de 12 000 habitants chaque année (soit 1 000 habitants par mois), et pourtant le marché reste sous tension. C’est bien la démonstration que le problème n’est pas seulement celui des logements vacants.

Après douze ans d’encadrement des loyers, une hausse de 52 % de la taxe foncière et désormais le doublement de la taxe sur les logements vacants, combien de nouvelles taxes faudra-t-il encore avant de reconnaître que la stratégie ne fonctionne pas ?

On ne rendra pas Paris plus accessible en faisant fuir les investisseurs privés. On ne remettra pas 20 000 logements sur le marché à coups de matraquage fiscal. On les y remettra en redonnant confiance aux propriétaires.

Si Paris souhaite réellement remettre des logements sur le marché, la priorité devrait être de sécuriser les propriétaires contre les impayés et les dégradations, de faciliter la rénovation, de simplifier les règles et de restaurer une rentabilité locative acceptable, sans quoi on continuera de décourager ceux-là mêmes que l’on prétend mobiliser.

À lire : Prospection, recommandations, estimation : comment la FNAIM du Grand Paris veut générer plus d’opportunités pour ses adhérents

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