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Sortie de crise: « Des facteurs sont favorables à la reprise du marché», Stéphane Moquet

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Comment le réseau Orpi gère-t-il l’arrêt de l’activité liée au Covid-19 ? Stéphane Moquet, son directeur général, revient sur les solutions apportées par la coopérative aux agences.

photo : Stéphane Moquet

Face à la crise du coronavirus, les agences Orpi attendent, comme dans tous les réseaux, des solutions, des aides et des outils de la part de leur siège. Et Stéphane Moquet, directeur général d’Orpi, l’explique : « très tôt, dès le dimanche 15 mars, nous avons mis en place une task-force. D’abord sur l’accompagnement des associés et des chefs d’entreprise au travers de la compréhension des aides gouvernementales. Nous avons aussi mis en place une équipe d’assistance dédiée qui répond à leurs interrogations, leur permet de travailler sur leur point mort, leurs charges incompressibles, l’activation du chômage partiel. Environ 1/3 des associés a sollicité cette assistance. Nous avons aussi profité de cette période d’inactivité pour remettre en place des classes virtuelles pour permettre au réseau de se former à des outils que certains n’avaient pas complètement pris en main. »

Un maximum de service pour un coût le plus bas possible

Pour rappel, le réseau Orpi appartient aux salariés, c’est-à-dire aux associés, il n’y a pas d’actionnaire privé et le réseau ne cherche la rentabilité financière à tout prix. Le conseil d’administration d’Orpi est composé d’agents immobiliers, élus par leurs pairs et qui décide d’un plan d’action chaque année votée devant l’ensemble des associés, membres du réseau. C’est une vraie différence de taille. Les associés sont donc maîtres de leurs décisions, de leurs projets, de leurs cotisations… « Nous avons, moi, en tant que directeur général, et avec mes équipes, vocation à livrer le maximum de service pour un coût le plus bas possible. »

Un accélérateur de prise en main des outils digitaux

La crise est-elle l’émergence du « à distance » et aidera-t-elle les agents immobiliers à mieux prendre en main les outils technologiques ? « Orpi a entamé très tôt la révolution digitale, doté le réseau depuis 2016 d’outils d’estimation en ligne, de la signature électronique, de visites virtuelle…, mais le contexte actuel est évidemment un accélérateur. Ceux qui, dans le réseau, l’utilisaient peu ou pas, de gré ou de force, sont obligés de prendre en main ces outils. Cela rentrera dans les usages. »

Les clients reviennent …

Passé la première quinzaine, la première phase de sidération, les clients, les prospects reviennent, font ré avancer leur projet. Le confinement leur permet de réfléchir, de mûrir leurs projets. Certes, pour les compromis qui étaient en cours, tout est suspendu. Toutefois, ces projets n’ont pas été annulés. « Le confinement changera pour certains leur relation à l’habitat et à l’endroit où ils auront envie de vivre demain. »

Un plan d’urgence de 10 millions d’euros

Alors, doit-on s’alarmer des « Cassandre » qui, chaque jour, donnent leurs prévisions sur la chute des prix, des volumes de vente, des disparitions d’agence… ? Chez Orpi, un plan d’urgence de 10 millions d’euros a été mis en place pour gérer le court terme. Le réseau a fait le choix d’exonérer les cotisations d’avril, de reporter les prélèvements pour alléger les trésoreries et de monter un fonds de solidarité. La crise a du coup accéléré un projet dans les cartons depuis quelques temps : un fond de solidarité permanent. De plus en plus d’évènements imprévu (catastrophes naturelles, attentats, etc.) paralysent le marché et mettent en difficulté des agences.

Des facteurs favorables à la reprise du marché

« La reprise va prendre un peu de temps, reprend Stéphane Moquet. Je ne suis pas devin, je ne sais pas comment les Français réagiront, mais je reste persuadé que l’immobilier s’articule autour de quelques éléments qui sont très structurels et qui favoriseront une reprise du marché. Le premier, c’est que l’immobilier n’est pas toujours un achat de « confort ». Il y a des français qui ont besoin de se loger (mutation, famille qui s’agrandit). Ensuite, il y a un certain nombre d’investisseurs qui ont perdu beaucoup d’argent en bourse ces dernières semaines. Ces investisseurs trouveront, plus que jamais, dans l’immobilier, une valeur refuge. Troisième élément : dans ce moment de confinement, on repense à nos vies, au lieu dans lequel on habite. Certains n’auront plus envie de vivre dans de petits appartements. Des projets qui n’étaient pas prévus vont naître. Tous ces facteurs sont favorables ! »

En revanche, il reste une inconnue. Quelle sera la politique des banques en matière d’octroi de prêt immobilier et des taux d’intérêt ? Comment pourra-t-on réabsorber le retard lié aux notaires (100.000 ventes environ n’ont pas été actées).

« L’année 2020 sera difficile mais, à mon avis, 2021 ne sera pas mauvaise pour l’immobilier », conclut Stéphane Moquet.

 

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Vos réactions

  • Par Thibaut d'Argoeuves, il y a 3 mois

    On croit rêver, chaque dirigeant de réseau y vas de sa petite musique alors que bien évidemment ils sont comme tout le monde dans le brouillard à essayer de sauver les meubles. C’est pourtant l’occasion de remettre à plat le modèle général des agences en France et prendre la maturité nécessaire à de vrais changements. Mettre en place un modèle proche du MLS pour devenir enfin efficaces, rentables et échapper aux portails qui dictent leur loi et raflent les datas. On attend autre chose messieurs que vos pronostics de Mme Irma…

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