L’impact concret de la réforme du DPE sur les propriétaires
L’annonce, cet été, d’une réforme du coefficient d’énergie primaire de l’électricité a plongé de nombreux propriétaires dans l’incertitude. Le simulateur Casam, conçu pour actualiser les diagnostics de performance énergétique selon les nouvelles normes, a ainsi enregistré 15 000 simulations en seulement trois mois. Une preuve supplémentaire du besoin croissant d’accompagnement et de pédagogie sur ces sujets.
Certains professionnels ont déjà compris l’intérêt d’intégrer cette dimension énergétique dans leur conseil. Comme Gwenn Parent, du réseau Propriétés Privées, qui utilise un simulateur DPE personnalisé pour générer des leads vendeurs. L’outil permet notamment aux propriétaires d’estimer l’impact d’un changement de classe énergétique sur la valeur de leur bien.
« À Igny (91), un saut de classe sur un bien peut représenter 10 à 15 000 € de plus-value, ainsi qu’un nombre d’appels acquéreurs plus important. Quand je leur montre que le coût des travaux pour gagner une classe est inférieur à la plus-value, les propriétaires sont bluffés de voir une conseillère en immobilier leur apporter ce type d’éclairage. »
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Redonner du souffle aux méthodes de prospection traditionnelles
Grâce à l’Open Data, les logiciels de prospection permettent désormais d’identifier des adresses disposant d’un DPE récent afin de cibler géographiquement les actions de terrain.
« Il existe un vrai engouement pour cette donnée, qui permet d’identifier des opportunités et donc de motiver les professionnels à aller sur le terrain », explique Etienne Thomas, fondateur de La Loupe Immo.
Dans un contexte où les particuliers sont fortement sollicités, la rénovation énergétique devient un angle de conseil différenciant qui redonne de l’efficacité aux méthodes traditionnelles : flyers, porte-à-porte ou communication locale.
C’est notamment l’expérience de Laurence Legry, éco-conseillère immobilier labellisée du réseau AXO – L’Immobilier Actif, récemment installée dans la Sarthe. Pour se faire connaître, elle a distribué une carte de visite personnalisée mettant en avant son expertise sur le DPE.
« Le résultat a été immédiat : un futur propriétaire, très impliqué dans le milieu associatif local, m’a contactée pour l’accompagner dans son projet immobilier. »
Cette approche peut également être valorisée directement en agence. Katia Remy, éco-conseillère immobilier à Pontcharra pour le réseau Guy Hoquet, l’utilise comme argument de différenciation.
« Via la vitrine de l’agence, je communique sur la précision de nos avis de valeur qui intègrent systématiquement une estimation du DPE. »
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Une stratégie de communication digitale renouvelée
Dernier pilier de cette stratégie : le digital. Un levier devenu incontournable, mais souvent jugé chronophage et difficile à mesurer. Pourtant, les attentes des particuliers sont bien réelles. En 2025, un Français sur trois déclarait prévoir des travaux de rénovation énergétique à court terme. Un sujet d’intérêt direct pour de nombreux propriétaires.
Pour les agents immobiliers, se positionner comme éco-conseiller permet donc de produire du contenu utile et pédagogique, capable d’attirer une nouvelle audience. Pascaline Perrais Fernandez, éco-conseillère immobilier du réseau BSK Immobilier, s’appuie par exemple sur des visuels prêts à l’emploi fournis par Casam.
« J’utilise les visuels prêts à l’emploi. Il n’y a plus qu’à les publier tels quels ou à les adapter à notre personal branding. C’est un gain de temps, mais surtout une nouvelle façon de se rendre visible auprès de prospects intéressés par ces sujets. »
À l’heure où le DPE devient un facteur déterminant dans la valeur des biens, l’expertise énergétique pourrait bien devenir un nouveau levier stratégique de prospection immobilière.

