1er trimestre 2026 : les indépendants confirment la reprise du marché immobilier, malgré des fragilités persistantes

Le marché immobilier semble enfin reprendre son souffle au premier trimestre 2026. Augmentation des compromis signés, prix stabilisés, progression du stock de biens : voici les principaux signaux relevés par la dernière édition du baromètre Interkab, témoin de la réalité terrain des indépendants. Reste que derrière ces indicateurs encourageants, les professionnels restent prudents face à une reprise encore fragilisée par des freins persistants.
1er trimestre 2026 : les indépendants confirment la reprise, malgré des fragilités persistantes

Le redémarrage se confirme. Après un dernier trimestre 2025 porteur, le premier trimestre 2026 s’inscrit dans la continuité, avec des indicateurs techniques orientés à la hausse. Pour Olivier Bugette, fondateur de La Boîte Immo, il n’y a désormais plus de doute : « le marché immobilier a bel et bien amorcé sa reprise ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : hausse marquée des compromis signés, stabilisation des prix, retour progressif de l’offre. Un triptyque qui traduit un marché en train de retrouver de la fluidité, après une période de blocage. Mais cette reprise reste mesurée. Sur le terrain, les professionnels gardent la tête froide. Car si les fondamentaux s’améliorent, certains freins structurels persistent — à commencer par le comportement des acquéreurs.

Voici l’essentiel des données du baromètre Interkab du 1ᵉ trimestre 2026.

Des signaux techniques clairement orientés à la hausse

Prix au m² : une stabilité qui s’installe

La tendance qui se confirme depuis maintenant 1 an (0% vs. 4ème trimestre 2025)

Au 1er trimestre 2026, les prix s’établissent à un niveau similaire à celui du T4 2025 (+0%) à l’échelle nationale. Une stabilité qui s’étend désormais sur près d’un an. Même si une légère diminution s’observe sur les 10 plus grandes villes, à l’échelle régionale le constat reste identique : les prix demeurent quasiment inchangés ce trimestre.

Stocks disponibles : un marché qui respire à nouveau

 +3% de biens à la vente (vs. 4ème trimestre 2025)

Après deux trimestres de baisse, le stock de biens à la vente progresse de +3% au 1er trimestre 2026, redonnant ainsi de la fluidité au marché. Ce léger retour de l’offre s’observe sur l’ensemble des régions, avec des hausses allant de +1% en Nouvelle-Aquitaine à +9% en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Compromis signés : la reprise s’ancre

+36% de compromis de vente signés (vs 4ème trimestre 2025)

La dynamique se confirme : les signatures de compromis accélèrent nettement sur l’ensemble du territoire. Le volume de compromis signés atteint 48 872 au T1 2026, poursuivant sa forte progression avec +36% vs T4 2025 à l’échelle nationale. La hausse est encore plus marquée sur un an : +98% vs T1 2025, soit un volume doublé en l’espace d’une année.

Marges de négociation : une légère diminution

-5,3 % d’écart entre le prix de vente affiché et le montant final de la transaction (-0.2 pt vs 4ème trimestre 2025)

La marge de négociation évolue dans une fourchette resserrée depuis quatre trimestres consécutifs, s’établissant à -5,3 % au T1 2026 contre -5,1 % au T4 2025 (-0,2 pt).

DPE : un nouveau standard pour le marché

7 % des biens à la vente ont un DPE défavorable (-0.3 vs. 4ème trimestre 2025)

Les récentes évolutions réglementaires ont renforcé le rôle du DPE dans les décisions de vente. La part des biens DPE F/G dans le stock national repasse sous le seuil des 8% pour la première fois en deux ans, s’établissant à 7 % au T1 2026.

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Une reprise encore freinée

Le facteur confiance en attente

Si les indicateurs repassent au vert, le marché reste suspendu à un élément clé : la confiance des acquéreurs. Malgré une stabilisation des taux attendue depuis plusieurs mois, le déclic psychologique tarde à se produire. Les acheteurs restent prudents, attentistes, parfois encore marqués par la brutalité de la remontée des taux en 2023-2024.

Même constat du côté des primo-accédants, dont le retour demeure fragile. Les dispositifs d’accompagnement peinent encore à produire des effets tangibles sur le terrain, laissant une partie de la demande en retrait.

Investissement locatif : un moteur à l’arrêt

Autre point de vigilance : l’investissement locatif, qui peine à repartir. La fin du dispositif Pinel a laissé un vide que les nouvelles mesures n’ont, pour l’instant, pas comblé. Résultat : un segment toujours en manque de dynamique, alors même qu’il jouait historiquement un rôle clé dans l’équilibre du marché.

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DPE : un impact encore en construction

Enfin, la réforme du DPE commence à produire ses premiers effets, notamment sur le segment des passoires thermiques. La baisse de leur part dans le stock en témoigne. Mais là encore, les professionnels restent prudents. Le mouvement est engagé, mais ses conséquences à moyen terme — sur les prix, la liquidité ou les arbitrages des vendeurs — restent encore à observer.

Un marché sur la voie de la normalisation

Au final, le premier trimestre 2026 confirme une tendance de fond : celle d’un marché qui sort progressivement de la crise pour entrer dans une phase de normalisation.

Une reprise réelle, portée par des fondamentaux plus sains, mais encore incomplète. Pour les professionnels, l’enjeu des prochains mois sera clair : transformer cette embellie technique en reprise durable, en recréant les conditions de confiance nécessaires au retour de tous les acteurs du marché.

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