Alors que la crise du logement continue de peser sur les ménages comme sur les professionnels de l’immobilier, Bruno Retailleau a dévoilé le 28 mai dernier, dans le cadre d’un déplacement à Maison-Alfort, un programme intitulé « Mieux se loger, et moins cher ». Avec un objectif affiché de produire 1 million de logements supplémentaires en 5 ans, le président des Républicains fait de la relance de l’offre son principal levier pour sortir le marché de l’impasse.
Un choc d’offre pour relancer la construction
Le constat dressé par Bruno Retailleau est sans appel : la France construirait aujourd’hui bien moins que ses besoins, estimés à 450 000 logements par an. Face à ce déficit, il propose une stratégie centrée sur la libération de l’offre et la simplification des procédures.
Parmi les mesures phares figurent la suppression du Zéro artificialisation nette (ZAN), jugé responsable du blocage de nombreux projets dans les territoires, ainsi qu’une loi d’urgence inspirée du chantier de Notre-Dame destinée à diviser par deux les délais de construction. L’objectif est de réduire le temps nécessaire à la réalisation d’un projet immobilier de 7 à 3 ans.
Le candidat souhaite également redonner davantage de pouvoir aux maires en matière d’urbanisme. Les documents d’urbanisme seraient simplifiés et les élus locaux retrouveraient une marge de décision plus importante dans l’instruction des projets.
Autre mesure notable : le reversement de 9 000 euros de TVA aux communes pour chaque logement neuf construit afin d’inciter les collectivités à accueillir davantage de programmes résidentiels.
Faciliter l’accession à la propriété
Pour Bruno Retailleau, la relance de l’accession à la propriété constitue une priorité. Le président des Républicains estime ainsi que la France doit redevenir une « nation de propriétaires », alors que seuls 57 % des ménages possèdent leur résidence principale, contre près de 70 % en moyenne dans l’Union européenne.
Dans cette optique, le programme prévoit plusieurs mesures destinées à soutenir les primo-accédants. Le prêt à taux zéro (PTZ) serait simplifié, ouvert sur l’ensemble du territoire et accessible aussi bien dans le neuf que dans l’ancien.
Le candidat propose également un « pacte famille et logement » comprenant la déduction fiscale des intérêts d’emprunt pour l’acquisition de la résidence principale. Cette déduction serait progressive selon le nombre d’enfants : 50 % avec un enfant, 75 % avec deux enfants et 100 % à partir de trois enfants.
Les prêts immobiliers deviendraient transférables lors d’un déménagement afin de permettre aux ménages de conserver les conditions de financement obtenues initialement.
Enfin, un « choc de transmission » viserait à faciliter les donations familiales pour aider les jeunes générations à constituer un apport personnel.
Une politique favorable aux bailleurs privés
Sur le marché locatif, Bruno Retailleau mise sur une relance de l’investissement privé pour accroître l’offre de logements. Il propose notamment de supprimer l’encadrement des loyers instauré dans certaines villes, estimant que ce dispositif réduit l’offre disponible sans produire d’effets significatifs sur les prix.
Le programme prévoit également de mettre fin aux interdictions de louer liées au DPE. Une mesure qui permettrait de préserver ou de remettre sur le marché près de 450 000 logements, selon les Républicains.
Autre revendication de longue date du secteur : la création d’un véritable statut du bailleur privé. Celui-ci reposerait sur un mécanisme d’amortissement fiscal applicable aussi bien aux logements loués nus qu’aux logements meublés, dans l’ancien comme dans le neuf. Les Républicains estiment qu’une telle réforme pourrait générer jusqu’à 70 000 logements locatifs supplémentaires par an.
Le candidat défend également un renforcement de la lutte contre les squats et les impayés, avec des procédures d’expulsion accélérées et une exécution plus rapide des décisions de justice.
Une réforme profonde du logement social
Le projet prévoit enfin une réorientation du logement social. Bruno Retailleau juge le système actuel trop centralisé et estime qu’il ne répond plus efficacement aux besoins des ménages les plus modestes.
Les quotas imposés par la loi SRU seraient remplacés par des objectifs territorialisés négociés entre l’État et les collectivités. Les maires retrouveraient davantage de maîtrise sur la politique locale du logement social.
L’accès au parc social serait recentré sur les ménages modestes, les actifs et les familles, avec un réexamen plus régulier des situations afin de favoriser la rotation dans le parc.

