Quel bilan tirez-vous de cette Assemblée Générale ?
Bahi Khoury : Les adhérents sont arrivés avec des attentes très précises, notamment sur les outils, le pilotage et l’accompagnement terrain. Ils sont repartis avec des réponses concrètes. C’était l’objectif de cette Assemblée Générale : montrer que la transformation d’Amanda dépasse le stade des intentions pour se traduire concrètement dans le quotidien des professionnels.
Nous avons présenté des projets structurants, mais aussi des outils déjà opérationnels. Pour un dirigeant d’agence immobilière, l’enjeu est très clair : mieux piloter son activité, mieux animer ses équipes, mieux exploiter ses mandats exclusifs et mesurer plus précisément la contribution du partage à sa performance commerciale.
Les attentes portaient principalement sur la technologie. Quelles nouveautés avez-vous présentées ?
Jean-Mic Moné : Nous avons dévoilé les prémices de notre futur projet informatique, dont le déploiement est prévu début 2027. Mais surtout, nous avons présenté des outils immédiatement opérationnels. Les présidents d’Animations Locales disposent désormais de tableaux de bord très complets avec des indicateurs de pilotage : évolution des stocks, mandats exclusifs, ventes, prix moyens, écarts de négociation ou encore performances de leur secteur. Ces tableaux de bord ne sont pas seulement des outils de reporting. Ce sont aussi des outils de management pour les patrons d’agences.
Les agences immobilières, de leur côté, bénéficient également de nouveaux KPI’s leur permettant d’animer leurs équipes, de suivre les performances commerciales et de se comparer à leur marché local. Désormais les agences pourront identifier leur positionnement par rapport aux membres de leur Animation Locale et ce, dans le but de permettre à chacun de progresser grâce à de la data factuelle.
Depuis votre arrivée, Amanda a profondément évolué. Quel regard portez-vous sur cette transformation ?
B. K : La crise a agi comme un révélateur. Quand le marché se tend, les professionnels peuvent être tentés de se replier sur leur propre portefeuille. Or c’est précisément dans ces moments-là que la coopération devient la plus utile.
Nous avons donc engagé un important travail de restructuration interne et décidé de nous appuyer davantage sur la donnée. Les chiffres parlent souvent mieux que les discours. Lorsqu’un adhérent constate que son agence recule alors que le collectif progresse fortement sur les mandats exclusifs, il comprend immédiatement la valeur du partage.
Le partage permet non seulement de vendre davantage grâce à l’inter-agences, mais aussi de libérer du temps pour aller chercher de nouveaux mandats. C’est un message essentiel pour les dirigeants d’agences : Amanda n’est pas seulement un outil de diffusion, c’est un levier de performance commerciale.
Les outils sont au cœur de votre stratégie. Leur adoption est-elle à la hauteur de vos attentes ?
B. K : Notre objectif reste évidemment que tous les adhérents exploitent pleinement les outils mis à leur disposition. Aujourd’hui, ils sont largement appréciés, mais pas encore utilisés à leur plein potentiel. C’est pourquoi nous avons lancé un programme de formation gratuit dispensé à distance. Nous sommes convaincus qu’un outil, aussi performant soit-il, ne crée de valeur que s’il est parfaitement maîtrisé. Notre enjeu n’est pas seulement de mettre des outils à disposition. Il est de faire en sorte qu’ils deviennent de vrais réflexes d’usage dans les agences.
J-M.M : Aujourd’hui, 100% des agences immobilières utilisent nos outils de manière indirecte, via la passerelle de leur logiciel métier, ce qui représente un peu moins de 16 000 utilisateurs. En direct, ils sont 11 500 à utiliser notre extranet. En revanche, là où nous devons progresser, c’est sur notre application mobile, qui compte environ 4 000 utilisateurs. C’est dommage, car elle intègre des technologies de réalité augmentée incroyables, permettant par exemple de visualiser instantanément chez un client tous les biens vendus aux alentours. Aujourd’hui, notre objectif : c’est d’adoption directe.
Vous insistez beaucoup sur la culture de la donnée. Pourquoi est-ce devenu un enjeu majeur ?
B. K : Parce qu’on ne développe pas une organisation uniquement avec des convictions. Il faut des preuves. Les KPI’s nous permettent de mesurer les performances, d’identifier les bonnes pratiques et de démontrer concrètement les bénéfices du partage de mandats. C’est également un argument essentiel pour convaincre de nouveaux professionnels de rejoindre Amanda. Aujourd’hui, nous comptons un peu moins de 3 200 adhérents. Notre ambition n’est pas simplement de faire grossir ce chiffre, mais de construire une organisation toujours plus performante. Pour un dirigeant d’agence, la donnée permet de sortir du ressenti. Elle aide à comprendre ce qui fonctionne, à identifier les écarts, à mobiliser les équipes et à objectiver les décisions commerciales.
Outre la nouvelle identité, quelles ont été les principales priorités depuis votre arrivée à la présidence ?
B. K : La première priorité a été de remettre l’organisation en capacité d’accompagner son développement. Quand une association grandit, elle doit disposer d’une structure claire, d’équipes bien coordonnées et d’un accompagnement terrain solide.
La seconde a été d’embarquer les adhérents autour d’un projet commun. Amanda ne peut pas se développer uniquement par l’outil. Il faut de la pédagogie, de l’écoute, de la formation et une vision partagée de ce que le mandat exclusif partagé peut apporter aux professionnels comme à leurs clients.
Nous voulons que chaque adhérent comprenne pourquoi il est chez Amanda, de quelle manière il peut mieux utiliser les outils et comment le collectif peut contribuer directement à sa performance.
J-M.M : Nous avons également renforcé la rigueur dans le fonctionnement de l’association. La performance passe aussi par le respect des règles communes. Nous avons mis en place un dispositif dédié aux bonnes pratiques, qui accompagne les agences, réalise des audits pédagogiques et intervient lorsque certaines règles ne sont pas respectées. Ce n’est pas une logique punitive, mais une démarche destinée à préserver la confiance entre tous les adhérents.
Quels sont les manquements les plus fréquents ?
J-M.M : Ils concernent principalement la gestion des offres ou le non-respect de certaines règles de partage. Nous avons donc clarifié les procédures et développé des outils qui automatisent certaines vérifications, notamment sur les visuels diffusés dans la base de partage. Plus les règles sont claires et respectées, plus le système est efficace pour tous.
Quelle sera votre feuille de route jusqu’en 2028 ?
B. K : Notre ambition est claire : faire d’Amanda l’organisation de partage de mandats exclusifs la plus innovante du marché. Nous occupons aujourd’hui une position de référence, mais rien n’est jamais acquis. L’innovation est indispensable si nous voulons continuer à créer de la valeur pour nos adhérents.
Notre feuille de route repose sur trois priorités : investir dans les outils, développer la culture de la donnée et accompagner l’adoption sur le terrain. L’enjeu n’est pas seulement d’avoir une plateforme plus performante, mais de permettre à chaque adhérent d’en tirer un bénéfice réel dans son activité quotidienne.
Quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels qui hésitent encore à rejoindre Amanda ?
B. K : Je leur dirais de regarder Amanda comme un outil de développement commercial. Notre organisation a été créée par tous les réseaux immobiliers ainsi que les syndicats, et pensée pour le bénéfice direct des agences, de leurs collaborateurs et de leurs clients. Le partage de mandats exclusifs est une arme redoutable.
J-M.M : Je peux en témoigner en tant qu’agent immobilier. Dans l’une de mes agences, l’inter-agences représente 25 % de mon chiffre d’affaires ; dans l’autre, près de 45 %. Amanda n’est pas une structure supplémentaire au-dessus des professionnels. C’est un outil qui vient compléter les services apportés par les agences immobilières et qui maximise la valeur des mandats exclusifs.
Notre objectif est simple : faire en sorte que le partage devienne un réflexe pour tous les professionnels, comme c’est déjà le cas sur certains territoires où la quasi-totalité des agences travaillent ensemble.
Dans un marché immobilier qui reste incertain, Amanda peut-elle aussi constituer un accélérateur pour les nouveaux entrants ?
B. K : Absolument. Aujourd’hui, Amanda représente près de 10 000 mandats exclusifs entrants chaque mois et plus de 55 000 mandats exclusifs disponibles en permanence. Cette force collective constitue un avantage concurrentiel considérable pour tous nos adhérents.
Nous avons d’ailleurs mis en place un dispositif spécifique pour les créateurs d’agence. Pendant leurs six premiers mois d’activité, ils accèdent gratuitement à Amanda et peuvent bénéficier immédiatement du portefeuille de mandats exclusifs de leur animation locale. C’est un formidable levier pour démarrer une activité, réaliser rapidement ses premières ventes et intégrer une dynamique collective.

