Si les températures sont au rouge vif côté météo sur la France, ces derniers jours affichent a contrario un rafraichissement sur les conditions du crédit. Ouf ! Cela dit, rien n’est figé. C’est l’accalmie sur le front des tensions internationales qui sont à l’origine de l’apaisement, et on ne va pas s’en plaindre.
L’effet sur les grilles de taux proposées par les banques est immédiat, avec une baisse de l’ordre de à ?&à à 0,15 % sur chaque maturité, et cela devrait, sauf événement majeur, permettre une stabilité sur la période estivale. C’est d’ailleurs dans ce sens que certains établissements ont d’ores et déjà affiché la validité des conditions jusque fin août.
Pour notre baromètre, cela donne pour ce début du mois de juillet :
- Prêts relais : entre 3,50 et 4,30 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 3,40 % et 3,75 %
- Prêts sur 20 ans : entre 3,50 % et 3,85 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,60 % et 4,00 %.
L’impact des tensions internationales au statu quo
Et pourtant rien n’est gagné… En effet, les conditions de l’accord de paix en Iran ne sont pas totalement ficelées, et l’usage du détroit d’Ormuz va mettre des semaines à redevenir fluide. Mais c’est sur l’ensemble des fronts belliqueux que les choses bougent. La Russie s’essouffle aussi en Ukraine, et la Chine doit gérer désormais autant ses affaires socio-économiques internes que son appétit grégaire. Mais tout peut basculer brutalement.
La sphère financière semble néanmoins se satisfaire de ces gestes d’apaisement, pour se charger d’optimisme. La Banque Centrale Européenne a annoncé la hausse début juin de ses taux directeurs de 0,25 %, mais ces derniers jours elle a fait passer des messages laissant entendre qu’elle pourrait ne pas poursuivre sa remontée des taux, du moins pas de suite (P.M. certains annonçaient déjà une nouvelle hausse en septembre). Tout ceci conduit les opérateurs financiers et bancaires vers moins de stress.
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Une certaine cacophonie qui déteint sur les conditions de financement
Côté financement du logement en France, c’est un peu plus complexe. Car les banques ont largement soutenu le marché au cours du 2ème trimestre, en rognant sur leurs marges. L’objectif 2026 n’était pas très optimiste, mais le retard commence à se faire voir néanmoins. Toutefois, ce retard n’est pas que lié aux conditions de crédit. La cacophonie politique relative à une campagne pour les présidentielles déjà lancée pour beaucoup de ténors, et les contretemps sur plusieurs sujets touchant à l’immobilier — retournement de position sur les passoires thermiques, flop du démarrage du dispositif Jeanbrun, effondrement de la production du neuf – a généré un début de crise de confiance chez les ménages. Pendant ce temps, les prix ne refluent pas, la pression locative augmente une fois encore —surtout à l’approche de la rentrée étudiante — et les transactions stagnent. Les banques redoutent donc un risque de valorisation sur les actifs financés, et cela tandis que la santé économique des PME est surveillée comme le lait sur le feu. Ca n’incite pas à la témérité !
Enfin, s’agissant des conditions de refinancement, l’OAT 10 ans a quitté la zone rouge des 4 %, mais après un retour éphémère dans les environs des 3,50 %, elle est remontée vers les 3,60-3,70 %, soutenue par un déficit budgétaire qui s’aggrave encore de mois en mois et face auquel certains se résignent déjà à ne plus en tenir compte. Sauf que l’heure viendra où cela ne sera définitivement plus supportable.
Pour les porteurs de projets, c’est donc un peu d’air qui permet de revenir se positionner sur les projets laissés en suspens, avec des finançeurs prudents mais toujours en soutien.
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