Gestionnaire de copropriété : 6 idées reçues qui ont la vie dure

S'il suffisait d'un coup de téléphone pour résoudre tous les problèmes d'une copropriété, les gestionnaires termineraient leurs journées à 17 heures. Malheureusement (ou heureusement), la réalité est un peu plus complexe. Aurore Rinck revient avec humour sur six idées reçues qui continuent de coller à la peau d'une profession aussi essentielle que méconnue.
Gestionnaire de copropriété : 6 idées reçues qui ont la vie dure

Comme beaucoup de professions, celle de gestionnaire de copropriété suscite son lot d’idées reçues. Parce qu’il est au cœur du quotidien des copropriétaires, ce métier semble familier. Pourtant, la réalité est souvent bien plus complexe qu’elle n’y paraît.

Si certains clichés prêtent à sourire, ceux-ci révèlent surtout la méconnaissance d’un métier où se croisent le droit, la technique, la gestion, mais aussi – et surtout – les relations humaines.

J’ai choisi de revenir sur quelques-unes de ces idées reçues. L’occasion de lever le voile sur les coulisses d’une profession souvent méconnue.

Le gestionnaire ne répond jamais.

Pourtant, répondre constitue une part essentielle du quotidien d’un gestionnaire de copropriété. Chaque journée est rythmée par les sollicitations des copropriétaires, des conseils syndicaux, des entreprises, des notaires, des assureurs, des experts, des administrations… sans compter les urgences qui s’invitent régulièrement.

Si certaines réponses prennent plus de temps que d’autres, ce n’est pas parce qu’un dossier a été mis de côté. Bien souvent, une réponse pertinente suppose d’analyser la situation, de vérifier des éléments juridiques ou techniques, ou encore d’attendre le retour d’un prestataire ou d’un partenaire.

Répondre rapidement est important. Répondre avec des informations fiables et utiles l’est encore davantage. C’est cet équilibre qui guide notre travail au quotidien.

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Le gestionnaire décide de tout.

C’est une confusion fréquente. Pourtant, le gestionnaire de copropriété ne décide pas seul.

Les travaux importants, les budgets, les contrats ou encore les grandes orientations sont votés par les copropriétaires réunis en assemblée générale.

Le rôle du gestionnaire est ensuite de préparer ces décisions, de les mettre en œuvre et de veiller à leur bonne exécution, dans le respect des règles de la copropriété et de la réglementation. Il est le chef d’orchestre… mais ce n’est pas lui qui écrit la partition.

Entre deux assemblées générales, il ne se passe pas grand-chose.

C’est probablement l’une des idées les plus éloignées de la réalité.

Entre deux assemblées générales, la vie de la copropriété continue. Préparation des budgets, suivi des travaux, gestion des sinistres, coordination des entreprises, traitement des demandes des copropriétaires, suivi des impayés, mise en œuvre des évolutions réglementaires ou accompagnement des conseils syndicaux : les missions se succèdent sans interruption.

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Le gestionnaire est responsable de tout.

Face à un portail en panne, un artisan qui tarde à intervenir ou un voisin qui ne respecte pas le règlement de copropriété, le premier réflexe est souvent de se tourner vers le gestionnaire.

C’est naturel : il est l’interlocuteur privilégié de la copropriété. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il maîtrise l’ensemble des événements ni qu’il puisse tout résoudre immédiatement.

Son rôle est d’organiser, de coordonner et de suivre les dossiers, de faire appliquer les décisions prises par les copropriétaires, de mobiliser les bons interlocuteurs et de veiller à l’avancement des actions engagées. En revanche, il ne peut ni se substituer aux entreprises, ni accélérer les délais d’une assurance, ni prendre à lui seul les décisions qui relèvent de l’assemblée générale.

Être gestionnaire, ce n’est pas avoir la maîtrise de tout ; c’est mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour faire avancer les dossiers dans l’intérêt de la copropriété.

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Il suffit d’un coup de téléphone pour régler un problème.

Il arrive qu’un simple appel suffise à débloquer une situation. Mais ces cas restent l’exception.

Ce qui paraît rapide ou évident de l’extérieur est le fruit d’un véritable travail de coordination, d’analyse et de suivi. C’est cette préparation, souvent invisible, qui permet d’apporter des solutions durables et adaptées à chaque copropriété.

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Le gestionnaire coûte cher.

Le coût d’un gestionnaire est parfois réduit au montant de ses honoraires. Pourtant, cette vision ne reflète qu’une partie de la réalité.

Sa mission ne se limite pas à organiser des assemblées générales ou à assurer le suivi administratif d’une copropriété. Au quotidien, il accompagne les copropriétaires dans leurs décisions, sécurise les procédures, veille au respect de la réglementation, coordonne les nombreux intervenants et anticipe les difficultés afin de préserver les intérêts de la copropriété.

Comme pour beaucoup de métiers de conseil et d’expertise, la valeur d’un gestionnaire ne se mesure pas uniquement au coût de sa prestation, mais à sa capacité à apporter des solutions, à limiter les risques et à accompagner durablement les copropriétés dans leur gestion.

Et si la plus grande idée reçue était finalement de croire que ce métier est uniquement administratif ?

Au fond, la plus grande idée reçue est peut-être de croire que l’on connaît ce métier parce que l’on côtoie son gestionnaire. Derrière chaque appel, chaque réunion, chaque devis ou chaque assemblée générale se cache un travail souvent discret, rarement visible, mais indispensable au bon fonctionnement des copropriétés.

C’est précisément cette réalité, faite de rigueur, de coordination et de relations humaines, que les idées reçues ont parfois tendance à faire oublier.

Aurore RINCK
Gestionnaire de copropriété,

« Convaincue que derrière chaque immeuble se construit avant tout une aventure humaine et collective. »

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