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Médiateur, juriste, négociateur… les 7 casquettes du gestionnaire de copropriété

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Médiateur le matin, gestionnaire de crise à midi, négociateur ou juriste l’après-midi… Le métier de gestionnaire de copropriété ne se résume pas aux assemblées générales et aux appels de charges. Aurore Rinck, passionnée par son métier, passe en revue ces multiples casquettes, souvent invisibles mais indispensables, que les professionnels enfilent chaque jour sans même y penser.

photo : Médiateur, juriste, négociateur… les 7 casquettes du gestionnaire de copropriété

Être gestionnaire de copropriété, c’est exercer un métier que beaucoup pensent connaître. On nous imagine derrière un bureau, entre convocations d’assemblées générales, appels de charges, devis de travaux et réglementations.

Cette vision n’est pas fausse. Elle est simplement incomplète. Car au fil d’une même journée, nous pouvons tour à tour apaiser un conflit entre voisins, gérer un sinistre, expliquer une décision de justice, négocier avec une entreprise, rassurer un copropriétaire inquiet ou coordonner un chantier.

Sans même nous en apercevoir, nous changeons de casquette plusieurs fois par jour. Aucune n’est inscrite dans notre fiche de poste. Pourtant, elles sont toutes devenues indispensables à l’exercice de notre métier.

1. La casquette du médiateur

Deux voisins ne se parlent plus. Un conseil syndical et des copropriétaires ne partagent pas la même vision d’un projet. Une assemblée générale s’annonce électrique avant même d’avoir commencé.

Dans ces moments-là, chacun attend souvent du gestionnaire qu’il tranche. En réalité, notre rôle est tout autre. Nous sommes là pour écouter, remettre les faits au centre des échanges, rappeler le cadre de la copropriété et tenter de faire reprendre le dialogue.

Nous ne trouvons pas toujours une solution idéale. Mais si chacun repart en ayant le sentiment d’avoir été entendu, c’est déjà une première victoire.

2. La casquette du chef d’orchestre

Une copropriété, ce n’est jamais un seul interlocuteur. Il y a les copropriétaires, le conseil syndical, les entreprises, les assurances, les experts, les notaires, les avocats, parfois les collectivités…

Chacun avance à son rythme. Chacun a ses contraintes, ses délais, ses priorités.

Notre mission consiste à faire avancer des dizaines d’interlocuteurs qui n’ont ni les mêmes contraintes, ni les mêmes priorités, ni les mêmes délais… tout en gardant le même objectif : faire avancer la copropriété. Lorsque le chantier avance, que les décisions sont prises au bon moment et que les échanges restent fluides, personne ne remarque vraiment ce travail de coordination. Et pourtant, c’est souvent lui qui fait toute la différence.

À lire : Gestionnaire de copropriété : 6 idées reçues qui ont la vie dure

3. La casquette du pédagogue

« Pourquoi faut-il attendre la prochaine assemblée générale ? »

« Pourquoi ne pouvez-vous pas décider directement ? »

« Pourquoi cette procédure est-elle aussi longue ? »

Ces questions, nous les entendons très régulièrement. Le droit de la copropriété est exigeant et parfois difficile à comprendre pour ceux qui n’y sont pas confrontés au quotidien. Alors nous expliquons. Nous réexpliquons. Nous illustrons avec des exemples concrets. Parce qu’au-delà de l’application des textes, notre rôle est aussi d’aider chacun à comprendre pourquoi certaines décisions prennent du temps et pourquoi tout ne peut pas être réglé d’un simple clic.

4. La casquette du gestionnaire de crise

Les urgences ont une particularité : elles arrivent toujours au moment où l’on pensait enfin pouvoir avancer sur le reste. Le téléphone sonne. Une fuite importante. À peine le temps de raccrocher qu’un ascenseur est immobilisé. Quelques minutes plus tard, un portail refuse de s’ouvrir. Pour chaque personne qui appelle, son problème est naturellement le plus urgent.

À nous de garder la tête froide. Prioriser. Contacter les bonnes entreprises. Prévenir les occupants. Suivre les interventions. Rassurer. Puis reprendre le fil de la journée… jusqu’à la prochaine urgence.

À lire aussi : Syndics : comment désamorcer les conflits dans des copropriétés sous tension ?

5. La casquette du négociateur

Un devis à négocier.

Une entreprise à relancer.

Une assurance à convaincre.

Un prestataire à mobiliser rapidement.

La négociation fait partie de notre quotidien, même si elle reste souvent invisible. Notre objectif n’est pas seulement d’obtenir le meilleur tarif. Il est aussi de défendre les intérêts de la copropriété tout en construisant des relations de confiance avec les entreprises qui interviennent sur le terrain. Car une bonne collaboration vaut parfois autant qu’un bon devis.

6. La casquette du juriste

Le droit de la copropriété évolue régulièrement. Chaque décision, chaque convocation, chaque contrat ou chaque résolution doit respecter un cadre réglementaire précis.

Notre métier demande une veille permanente afin d’accompagner les copropriétés dans le respect des textes tout en limitant les risques de contestation. Une simple erreur de procédure peut parfois avoir des conséquences importantes. Cette veille permanente est peu visible. Pourtant, elle est essentielle.

7. La casquette profondément humaine

C’est sans doute celle dont on parle le moins. Derrière chaque dossier, il y a des personnes. Des copropriétaires inquiets après un sinistre. Des personnes âgées qui ont besoin d’être rassurées. Des familles confrontées à des difficultés financières. Des voisins qui ne se comprennent plus.

Nous ne résolvons pas uniquement des problèmes techniques ou administratifs. Nous accompagnons aussi des femmes et des hommes, chacun avec son histoire, ses attentes et parfois ses inquiétudes. Cette dimension humaine ne s’apprend dans aucun manuel. Elle se construit au fil des années, des rencontres et des expériences.

À lire aussi : Syndic de copropriété : bienvenue dans la roue des émotions !

Un métier aux multiples facettes

À la fin d’une journée, il nous arrive d’avoir le sentiment d’avoir exercé plusieurs métiers sans avoir quitté notre bureau. Nous avons été médiateur, coordinateur, pédagogue, négociateur, gestionnaire de crise, juriste… parfois tout cela avant même l’heure du déjeuner. C’est sans doute ce qui rend notre profession si exigeante. Mais c’est aussi ce qui la rend profondément passionnante. Car derrière chaque dossier se trouvent des femmes, des hommes, des histoires de vie et une confiance que l’on nous confie chaque jour.

Au fond, ces casquettes ne sont pas des missions supplémentaires. Elles sont simplement la réalité de notre quotidien. On ne les choisit pas. On les enfile naturellement, au gré des dossiers, des urgences et des rencontres. Et c’est peut-être cela, finalement, qui fait toute la singularité du métier de gestionnaire de copropriété.

Aurore RINCK, Gestionnaire de copropriété,

« Convaincue que derrière chaque immeuble se construit avant tout une aventure humaine et collective. »

À lire aussi : Rodéos urbains : une nouvelle mission inattendue pour les syndics de copropriété

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