Prospection téléphonique : les nouvelles règles du consentement à ne pas manquer et à maîtriser !

Si vous l'avez manqué cet été, une petite révolution est en cours en matière de pige immobilière ! Depuis le 11 août 2026, la prospection téléphonique est soumise au consentement préalable des consommateurs, sauf exceptions. Décryptage avec Maître Caroline Dubuis-Talayrach, Olivier Beddeleem et Dominique Piredda.

Un principe clé : le consentement préalable

« Le professionnel devra obtenir le consentement du consommateur avant le démarchage téléphonique. Il devra également en conserver la preuve », annonçait dès le mois de mai Maître Caroline Dubuis-Talayrach. Lexception du « contrat en cours » demeure, si la sollicitation intervient dans le cadre de son exécution et a un rapport avec son objet.

Le décret du 23 juillet 2026 est venu préciser les contours de cette autorisation d’une durée maximale d’un an révocable à tout moment Olivier Beddeleem, formateur en immobilier, rappelle que le consentement doit résulter dune « demande claire et compréhensible » comportant cinq éléments : identité du professionnel et nature des biens ou services concernés, proposition de prospection, durée du consentement, modalités de retrait et droit daccéder à sa preuve.

Surtout, laccord doit résulter dun acte positif clair : une mention prérédigée ou la simple poursuite de la navigation sur un site ne suffisent pas. Il est valable un an maximum, révocable à tout moment et non renouvelable par tacite reconduction.

Demander lautorisation… et savoir la conserver

« La question nest plus de savoir sil faut une autorisation de prospection téléphonique mais savoir quand et comment la demander et comment la conserver », souligne Me Caroline Dubuis-Talayrach

Formulaire, date et heure du consentement doivent être archivés sous format numérique pendant au moins trois ans. Olivier Beddeleem invite les professionnels à « collecter des consentements conformes », nettoyer leurs bases de prospection et CRM et organiser la conservation des preuves. Formulaires, mandats, parcours clients, formation des équipes : cest tout un savoir-faire commercial quil faut faire évoluer.

. Me Caroline Dubuis-Talayrach précise quun rappel faisant suite à une demande dinformation ne devrait pas constituerune prospection non autorisée sous certaines conditions et conseille de  conserver le justificatif de la demande.Ainsi, la vigilance simpose : le non-respect de ces règles expose à la nullité du contrat et à des amendes pouvant atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale.

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Bon à savoir : Quand elle est autorisée la prospection doit intervenir du lundi au vendredi, sauf jours fériés, de 10h à 13h et de 14h à 20h. Pas plus de quatre fois au cours d’une période de 30 jours calendaires. (Article D 223-9 du Code de commerce)

Une réforme qui oblige à repenser sa prospection

Pour Dominique Piredda, coach et formateur immobilier Dr House-Immo, la nouvelle donne invite à regarder le problème autrement : « Le danger na jamais été la disparition dun moyen de prospection, le danger a toujours été den devenir dépendant. »

Car la prospection ne se résume pas à une technique. Entretenir son réseau, rappeler un ancien client, participer à la vie locale ou développer sa visibilité, cest encore prospecter. Chaque estimation peut nourrir une base de données, chaque conversation enrichir un réseau, chaque client satisfait devenir un ambassadeur.

Si la pige change, le métier reste celui de la relation. Lenjeu : construire un réseau plutôt quun simple fichier de contacts, diversifier ses sources dopportunités et penser long terme plutôt quimmédiat. À lheure où lintelligence artificielle progresse et où les réseaux sociaux prennent plus de place, un paradoxe apparaît : plus la technologie avance, plus la valeur de lhumain devient forte !

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