Le marché immobilier résiste, mais la reprise se heurte encore à des prix trop élevés

Il y a quelques jours, Michel Mouillart s’interrogeait dans les colonnes du Journal de l'Agence : « Les prix sont-ils vraiment responsables de la crise du logement ? » À l’heure de dresser le bilan de l’été, Orpi apporte sa réponse : pour le réseau, des prix encore trop élevés continuent bel et bien de gripper le marché. Zoom sur les principaux enseignements de la dernière note de conjoncture de l’enseigne.

Après un printemps hésitant, le marché immobilier a retrouvé un peu d’élan en juin et juillet. Les compromis restent quasiment stables par rapport à 2025, signe d’une activité qui résiste. Mais avec des acquéreurs toujours attentistes et des délais de vente qui atteignent 110 jours, Orpi pointe un obstacle persistant : des prix encore trop souvent déconnectés du marché.

Une résistance du marché mais des prix et des délais à l’épreuve

L’envie d’investir reste très forte chez les Français. Toutefois, les acquéreurs restent attentistes face à des prix encore jugés trop élevés. Ce décalage alimente l’allongement des délais de vente, qui s’établissent désormais à 110 jours, en grande partie causé par des mandats surestimés lors de la mise en vente. Alors que la perspective d’une hausse des taux entre 3,5 % à 4 % d’ici la fin de l’année incitera à la prudence, Orpi enjoint les propriétaires à réajuster leurs exigences tarifaires. En abaissant les prix, les vendeurs permettront d’amorcer ce nouveau souffle nécessaire à la concrétisation des transactions.

À lire aussi : Les agents immobiliers savent estimer, alors pourquoi y-a-t-il toujours des mandats surévalués ?

Des disparités territoriales persistantes

Comme l’avait déjà constaté Orpi au premier semestre, il existe de fortes disparités territoriales.

Dans les grandes métropoles, les volumes de vente restent sous tension. À Marseille, les compromis reculent de 10 %, à Lyon de 9 % et à Lille de 7 %. À Paris, la baisse s’établit à -4 % (pour un prix moyen de 9 700 €/m²), tandis qu’à Bordeaux, le repli se montre plus modéré à -2 % (4 310 €/m²). À l’inverse, plusieurs métropoles préservées d’une forte hausse des prix ces deux dernières années voient les acquéreurs poursuivre leur projet, à l’image d’Avignon (+12 % de compromis), Bayonne (+11 %), Strasbourg (+9,5 %, 3 700 €/m²) ou Montpellier (+7,8 %, 3 490 €/m²).

Côté attractivité, les villes aux prix encore accessibles et propices à l’investissement locatif tirent leur épingle du jeu. C’est le cas notamment à Limoges, où les compromis progressent de 8 % avec un prix moyen stabilisé à 1 511 €/m² (+0,5 %).

La preuve en est : la baisse des prix et le maintien du rendement locatif constituent le duo gagnant pour débloquer les transactions et redynamiser le marché.

À lire aussi : Rendement locatif 2026 : les villes à recommander à vos clients investisseurs

Des ajustements nécessaires pour relancer le marché

Pour redonner du souffle au marché d’ici 2027, Orpi formule trois leviers essentiels pour relancer le marché :

  • poser les bases d’une planification immobilière à long terme, loin des arbitrages budgétaires à court terme.
  • rétablir la confiance auprès des bailleurs privés en leur redonnant leur rôle de partenaire économique clé plutôt que comme des cibles fiscales.
  • et enfin, libérer le secteur grâce à une simplification administrative, notamment pour les dispositifs dans le neuf.

À lire aussi : Prix des logements en France : le retour de la « grande peur » ?

Categories: Conjoncture
Journal de l'Agence: