La période estivale est traditionnellement calme, mais aussi ponctuée de modifications pouvant paraitre anodines mais aux conséquences souvent plus fortes qu’on ne peut l’imaginer. C’est une fois encore en train de se vérifier. Car, dans un marché immobilier qui connait un coup de frein, si les banques ont fait ce qu’il fallait pour soutenir la demande pendant ces derniers mois, il arrive un moment où les politiques et l’Etat doit faire sa part du chemin.
Passées les belles annonces – aussitôt modérées d’ailleurs- sur la prise de conscience de la profondeur de la crise du logement, revoici le temps des tractations et des marchandages en vue des élections présidentielles, déjà ! Mais c’est dans 10 mois, les gars ! La crise incendiaire du Sud de la France mobilise les médias et les discussions (et c’est normal), mais la rentrée des étudiants, des mutations, et des mal-logés reste d’une actualité tout aussi brûlante. Et ce n’est pas la vague de périodes caniculaires successives qui doit faire oublier les sujets de fond. Inscrire au programme une xième réforme du DPE pour tenir compte cette fois-ci des logements surexposés à la chaleur, c’est facile. Mais on vous attend pour agir sur l’ensemble du problème !
Allez ! En attendant, la situation des taux s’est stabilisée avec même quelques très légers reflux sur les meilleurs profils d’emprunteurs. Pour notre baromètre, cela donne pour ce début du mois d’août :
- Prêts relais : entre 3,50 et 4,30 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 3,30 % et 3,75 %
- Prêts sur 20 ans : entre 3,40 % et 3,85 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,50 % et 4,00 %.
Soulignons l’attitude la Banque Centrale Européenne qui a décidé lors de sa réunion du 23 juillet dernier de ne pas faire évoluer ses taux directeurs, qui sont de 2,25% pour les taux de dépôt, 2,40% pour le refinancement principal, et à 2,65% pour les prêts marginaux. Le ralentissement de l’inflation a redonné du souffle à la BCE, et retarde une intervention plus directive qui aurait freiné dangereusement l’activité et l’investissement au sein de la zone Euro. Certains s’avancent déjà sur une reprise de la remontée des taux dès septembre. Compte tenu du contexte très instable, je ne me risquerai pas sur ce pari.
Côté français, la poursuite de la dérive des finances publiques, de l’aveu du Ministère du Budget et du Premier Ministre, nous fait envisager un déficit encore plus fort. Il n’en a pas fallu moins pour que l’OAT soit sous forte pression en franchissant en séance la semaine dernière le plafond des 4%, et en stabilisant, au moment de ces écrits, vers les 3,95%. Le redressement va être compliqué et douloureux, selon le rapporteur du budget.
Les banques françaises sont elles aussi sous pression, avec le règlement Bâle 3 « CRR3 », qui, sans aménagement circonstancié, pourrait gêner sérieusement la distribution des crédits à taux fixe dès l’an prochain. Les tensions sur l’OAT et l’observation des décisions de la BCE forçant à la prudence, les banques ont fait un trait sur une belle année 2026, se contentant des dossiers engrangés jusque-là. D’ailleurs, les offres « booster » commencent à disparaître des catalogues et les barèmes très agressifs de la SG font partie du passé.
Pour les porteurs de projets, Ce mois d’août est donc une bouffée d’air pour saisir les belles opportunités avant l’endormissement saisonnier de l’automne, à des conditions très correctes. Osez !
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