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« Le baromètre LPI-Seloger couvre l’ensemble du territoire de la République ! » Michel Mouillart

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Michel Mouillart, professeur d’Economie, FRICS, porte-parole du baromètre LPI-SeLoger répond sur le vif au micro d’Ariane Artinian à l’Hotel Lutétia après la présentation du Baromètre LPI-SeLoger 2018.

photo : Michel Mouillart
Quelle est la particularité de ce baromètre ? En quoi ces chiffres sont-ils si intéressants ?

Il faut remonter aux origines de l’observatoire pour comprendre sa particularité. Il y a une dizaine d’années, plusieurs partenaires ont manifesté la volonté de créer un outil qui leur permette de prendre des décisions. Les agents immobiliers avaient besoin de savoir comment évoluait leur marché sur leur territoire d’action. Ils avaient donc besoin d’informations fraîches, bien plus que les tendances à 8 ou 6 mois qu’on pouvait leur fournir, ou des informations de nature commerciale.

À ces professionnels se sont joints 5 fonds bancaires, qui y ont vu tout de suite leur intérêt. Et c’est bien normal : un établissement bancaire, quand il octroie un prêt, engage ses fonds propres. Il cherche donc à minimiser le risque de non-remboursement, il cherche aussi à ne pas s’introduire sur un territoire où les risques de défaut sont élevés. Rappelons qu’à l’époque, nous étions en pleine crise économique.

L’objectif de l’observatoire était donc d’établir des mesures fraîches, quinze jours voire trois semaines tout au plus, et des mesures très détaillées. Il fallait distinguer l’accession à la propriété de l’investissement locatif, le neuf de l’ancien. Il fallait suivre aussi l’évolution du prix entre la prise de mandat et la signature du compromis…

LPI s’est déployé sur l’ensemble du territoire, même en Creuse où se font pourtant moins de 1 % des transactions nationales ! Il a réussi à corréler l’analyse d’un département avec celle de la région, et de l’ensemble de la nation.

Aujourd’hui, cet outil couvre 54 % du marché du neuf et de l’ancien, 550 000 biens par an en compromis signés… En 2019, nous irons au delà des 80 villes de plus de 60 000 habitants… Nous devrions descendre sur 150 villes d’ici un an ou deux.

Quelle est votre photographie immobilière pour 2018 ?

2018 a été une année charnière, pour beaucoup de raisons… Les ménages semblent avoir perdu leurs illusions… en tout cas, ils montrent leur pessimisme face à un pouvoir d’achat resté en berne et un chômage qui n’a pas fléchi. Le moral des Français a perdu le bénéfice de l’embellie enregistrée entre 2014 et l’été 2017.

Avez-vous intégré le mouvement des Gilets jaunes dans cette analyse ?

Oui, nous avons intégré ce mouvement, mais il faut encore faire preuve de circonspection. On remarque que les colères se sont exprimées dans les territoires abandonnés par la République, même si je ne donnerai pas de nom de département.

Malgré ce moral des ménages qui se dégrade, l’activité s’est maintenue et les chiffres ont continué à augmenter…

Effectivement, et cela est du à l’amélioration continue des conditions de crédit, au delà des taux d’intérêt qui ne veulent pas dire grand-chose. On constate que les conditions d’apport personnel pour obtenir son financement sont aujourd’hui plus souples. Cela a évité une chute encore plus forte de l’activité des marchés. Il n’en demeure pas moins que cette chute est bel et bien là ! Le nombre de compromis a baissé de 5,8 % au cours de l’année. Les ventes de maison individuelle chutent de 15 % sur un an ! Quant à la promotion immobilière, les ventes reculent entre 7 et 8 %…

Même le marché des crédits recule. Quand on sait que 87 % des achats anciens par des ménages se font à crédit, on comprend à quel point cela peut être important.

Comment envisagez-vous l’année 2019 ?

Si l’on regarde les instituts de conjoncture, on peut tabler sur une croissance de 1,5 %. Les prix à la consommation devraient prendre 1,7 points.

La hausse des taux d’intérêts devrait être très mesurée, ils pourraient atteindre 1,65 %…

La principale incertitude concerne, une fois encore, les conditions d’octroi des prêts ! Quoiqu’il arrive, on continuera de constater le ralentissement de la hausse des prix !

https://www.youtube.com/watch?v=5trxb420Vz4

Ariane Artinian

Après des études à Dauphine et à Sciences Po, elle opte pour le journalisme. Après avoir piloté les dossiers immobiliers de magazine grand-publics tels Capital ou Challenges, elle fonde BazikPress, agence de production de contenu éditorial spécialisée dans l'information pratique et dans l'immobilier. Elle dirige aujourd'hui la rédaction du Journal de l'Agence.

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