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Reconversion : l’immobilier plaît toujours autant

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Secteur en tension, l’immobilier s’adapte aux personnes en reconversion professionnelle. Les solutions de formations sont nombreuses et impératives pour faire carrière.

photo : Portrait of happy female real estate agent.

Cap sur… les métiers de l’immobilier. Le secteur attire de plus en plus de nouveaux venus, prêts à changer de vie professionnelle et la pandémie semble avoir accéléré un mouvement déjà vieux de plusieurs années : « 80 % des professionnels de l’immobilier ont déjà eu un emploi en dehors de ce secteur avant de s’y engager » observe Antoine Mesnard, fondateur de Recrutimmo.

Des personnes attirées par les métiers de la transaction plus que par ceux de la gestion immobilière, la copropriété ou l’administration de biens. « Deux profils se dessinent parmi les personnes en reconversion. Les jeunes dans la vingtaine, mal orientés au départ. Ils changent de métier pour se tourner vers l’immobilier. Et ceux dans la trentaine et plus, qui travaillaient dans un secteur fortement touché par la pandémie et qui en ont marre », constate Marie Debens, directrice de l’IMSI (Institut de management des services immobiliers).

Cette appétence s’explique par plusieurs facteurs. Selon Recrutimmo, 77 % des professionnels de l’immobilier effectuent entre 1 et 5 recrutements chaque année et affirment pourtant rester en pénurie de candidats. Le site estime qu’il y aurait près de 160 000 emplois à saisir dans le secteur chaque année. « C’est également un métier qui jouit d’une bonne image » ajoute Brice Bonato, cofondateur de Sextant. « Dans le dernier classement LinkedIn des métiers les plus recherchés en 2020, le métier d’agent immobilier arrive en 3e position avec une très forte demande sur Paris. Cela permet d’exercer un métier d’indépendant et de trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. La plupart du temps, les agents immobiliers vendent des biens près de chez eux, ce qui limite les contraintes de déplacement. Et puis, les émissions animées par Stéphane Plaza ont beaucoup fait ces dernières années pour démocratiser la profession et lui donner une image positive », souligne-t-il.

Le secteur immobilier a également la spécificité d’accorder moins d’importance aux diplômes des candidats, ce qui l’ouvre au plus grand nombre. Toujours selon Recrutimmo, seuls 7 % des employeurs considèrent le diplôme comme essentiel à l’embauche, que ce soit pour rejoindre un réseau d’agences immobilières ou de mandataires. Ces deux branches s’adressent d’ailleurs à des publics un peu différents : « Les mandataires apportent une grande forme de souplesse et permettent une reconversion tout en continuant son ancien travail. Vous êtes très autonome voire pour certains livré à vous-même. Le réseau d’agences intéresse davantage les personnes qui recherchent un accompagnement fort », constate Antoine Mesnard.

Formation obligatoire

Reste que même si les diplômes ne sont pas demandés, la question de la formation des futurs professionnels est capitale, chez les mandataires comme chez les agents. « Nos formations sont certifiées Qualiopi. Quand les personnes en reconversion arrivent chez nous, elles ont une semaine de formation d’une trentaine d’heures toutes les 3 semaines durant lesquelles on aborde les fondamentaux. Nous avons des modules juridiques à distance, d’autres autour de l’entrepreneuriat. Une prise en charge pendant 4 mois par un coach en visio puis le futur mandataire est affecté à un parrain pendant 10 semaines afin d’acquérir des compétences plus pratiques », indique Brice Bonato.

D’autres, comme MeilleursBiens.com, proposent une formation en ligne de 150 heures pour 800 € ainsi qu’une palette d’outils digitaux d’aide à la vente pour réaliser ses premières transactions. « Cette plateforme digitale nous permet de rémunérer les agents à 100 % de leur commission, grâce à un abonnement annuel auquel ils souscrivent, d’une valeur de 179 à 289 €. Contrairement à la plupart de nos concurrents, nous ne recrutons que 10 % de personnes en reconversion sur l’ensemble de nos effectifs. Des profils motivés, avec de vraies compétences commerciales ou juridiques. Car beaucoup s’imaginent que l’immobilier est un métier facile, or, la première année est difficile et le taux d’échec est très élevé » prévient Michael Benchabat, CEO de MeilleursBiens.com.

Chez Recrutimmo, on estime que 50 % des personnes qui souhaitent devenir mandataires échouent dès la première année pour 30 % de ceux qui s’orientent vers les réseaux d’agences immobilières. « Les personnes en reconversion sont attirées par le haut niveau de liberté et les bonnes rémunérations promises, notamment au sein des réseaux de mandataires qui séduisent de plus en plus. Ces deux promesses sont largement tenues même s’il faut veiller, quand on se lance, à disposer d’une trésorerie suffisante pour vivre durant les 6 mois qui séparent généralement le début de l’activité et la signature de la première vente. Cette raison explique qu’environ 1 mandataire sur 4 abandonne au bout de 12 mois, mais il faut aussi dire qu’après 2 ans d’exercice, les départs sont quasiment nuls dans les réseaux de mandataires car la rémunération est à la hauteur des espérances », souligne Vincent Pavanello, président de la maison des mandataires.

Un emploi à la clé

Le passage par une école et l’ouverture vers d’autres métiers peut être une solution pour les personnes au budget plus serré : « La majorité de nos formations sont éligibles au CPF. De plus, pour les métiers en tension comme ceux de la copropriété, nous proposons une formation ciblée de chargé de copro en 4 mois, destinée à une vingtaine d’adultes. Non seulement les gens qui viennent apprennent un métier, mais cela débouche directement sur un emploi » indique Marie Debens, directrice de l’IMSI (Institut de management des services immobiliers).

Même optique à l’ESI : « Nous mettons un point d’honneur à trouver des solutions pour que les personnes en reconversion n’aient pas besoin de financer leur formation sur leurs fonds propres. Tout récemment, nous avons ouvert une licence 100 % en ligne qui permet à des adultes de se reconvertir peu importe leur lieu d’implantation, et donc de continuer à travailler à côté et de s’ouvrir à tous les publics sans distinction d’âge. Les besoins sont importants en immobilier. C’est un secteur pérenne, qui crée de l’emploi non délocalisable », conclut Thierry Cheminant, directeur de l’ESI.

 

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