TOUTE L'INFORMATION PRATIQUE POUR LES PROFESSIONNELS DE L'IMMOBILIER

Taux d’usure : une hausse insuffisante pour débloquer le marché immobilier

Publié le
Publié le
Réagir 0 réaction
4 685
Evaluer cet article

Très attendu par les professionnels de l’immobilier, la Banque de France a publié ce mercredi 28 décembre au Journal officiel le nouveau taux d’usure qui entrera en vigueur dès le 1er janvier 2023. Le point sur les conséquences à prévoir sur le marché.

Taux d'usure

Pour le premier trimestre 2023, le taux maximum légal du crédit immobilier augmente à nouveau, passant de 3,03 % à 3,53 % pour les crédits immobiliers entre 10 et 20 ans et de 3,05 % à 3,57 % pour les prêts sur 20 ans et plus, soit des hausses d’un demi-point alors que la plupart des professionnels espéraient une évolution plus proche de 0,60 point. « Cette remontée des taux d’usure d’un demi-point est malheureusement insuffisante car beaucoup de banques ont anticipé cette hausse et proposent d’ores et déjà des taux compris entre 2,80 et 3 % sur 20 ans et plus. Certes par rapport au 1er juillet, les taux d’usure ont remonté de près d’un point au total… mais les taux de crédit ont augmenté dans les mêmes proportions. Résultat, avec un écart entre les taux de crédit et taux d’usure toujours aussi faible, un certain nombre de dossiers de crédit risquent de rester encore bloqués », analyse Sandrine Allonier, la porte-parole de Vousfinancer. En conséquence, bien qu’en hausse d’un peu plus d’un demi-point, le nouveau taux d’usure devrait permettre de débloquer le marché immobilier seulement pendant quelques semaines.

De nouvelles hausses à prévoir

Dans le contexte actuel de hausse des taux de refinancement des banques mais également des taux d’emprunt d’Etat sur 10 ans, à nouveau au-dessus de 3 %, mais également compte-tenu de l’inflation, les taux de crédit devraient poursuivre leur remontée dans les prochains mois. « Il y a fort à parier qu’on pourrait revoir dans les barèmes des taux de crédit à plus de 3,5 % sur 20 ans d’ici à l’été, et même 4 % en fin d’année 2023, un niveau inédit depuis 2012, soit depuis plus de 10 ans », explique Sandrine Allonier. Avec des conséquences non négligeables sur la capacité d’emprunt et la solvabilité des potentiels acquéreurs… Ainsi alors qu’un couple avec 4 200 euros de revenus pouvait emprunter 300 000 euros en 2021 à 1 % sur 20 ans, il peut aujourd’hui compter sur 249 000 euros avec des taux à 3 % et seulement 228 000 euros si les taux atteignent 4 % fin 2023. Soit une baisse de 72 000 euros en seulement 2 ans.

« Si la hausse des taux d’usure reste une bonne nouvelle, elle va encore une fois être de courte durée. En effet, dans un contexte où le taux d’emprunt d’Etat à 10 ans est repassé au-dessus des 3 % fin décembre et avec des taux de refinancement des banques qui ne cessent d’augmenter notamment sous l’effet de l’évolution de la politique de la Banque centrale, l’activité de crédit immobilier ne va toujours pas être rentable, et ce malgré la poursuite du mouvement de remontée des taux qui devrait se poursuivre. Résultat, dans quelques semaines les taux d’usure seront à nouveau trop bas et la part des refus augmentera à nouveau… Ce n’est réellement qu’au printemps que la situation pourrait se débloquer de façon plus durable… », conclut Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

 

 

 

 

 

 

Ne manquez pas aussi
A lire également
Du même auteur
Newsletter

Recevez l'essentiel de l'actualité immobilière sélectionné par la rédaction.

Sur le même thème
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Le journal trimestriel

Vous souhaitez consulter notre dernier magazine ou l'une de nos éditions précédentes ?

Consulter en ligne