Marché locatif : 12,5 candidats par annonce en moyenne, la tension recule mais se déplace dans le sud

Après les secousses de 2024, le marché locatif se reconfigure. La demande recule de 29 % en un an, mais certaines métropoles explosent : Nice et Marseille entrent dans le cercle des villes les plus concurrentielles, quand Paris reste en surchauffe. Pour les bailleurs et professionnels, le Sud devient le nouvel épicentre de la tension locative. Zoom sur les chiffres.

Manda publie son baromètre de la tension locative au 1er semestre 2025. Après les secousses de 2024, le marché reste actif mais moins compétitif : 12,5 candidats par annonce en moyenne et des biens loués en 17 jours. La géographie de la tension se redessine au profit du Sud et du Sud-Est.

Un marché national qui se détend… sans s’enliser

Plusieurs métropoles stabilisent leur demande, à l’image de Rennes et Lille. Lyon repart à la hausse : +33 % de candidatures au T1 2025, 19 candidats par annonce au semestre, et un délai de publication qui progresse de 11,5 à 14 jours. Globalement, la pression est moindre qu’en 2024, mais l’activité demeure soutenue.

Île-de-France : tension toujours élevée, recentrage géographique

Paris conserve un score 9/10 et 33 candidats par annonce (soit 2,6× la moyenne nationale) ; l’Île-de-France suit avec 22 candidats (score 8/10). Le temps médian reste très bas (12 jours) contre 17 au national. La demande baisse toutefois (-17 % à Paris, -28 % en région) et se recompose : Clichy (-31 %) et Argenteuil (-56 %) se détendent, quand Aubervilliers (+44 %) et Bagneux (+51 %) montent en puissance. La hausse des prix pèse, avec par exemple +13 % sur les studios à Clichy.

Bon à savoir : dans un contexte de tension, la visite en ligne 360° fluidifie le parcours locatif en préqualifiant les dossiers et en limitant les déplacements inutiles — un gain de temps pour candidats et propriétaires, notamment en Île-de-France où les délais sont courts.

 

Le Sud prend la main : Nice, Marseille, Bordeaux, Toulouse

Nice rejoint Paris en tête (score 9/10) et entre dans le club des marchés les plus concurrentiels : 26 candidatures par annonce, +93 % sur un an, 13 jours de publication. Les jeunes actifs (25–34 ans) pèsent désormais 37 % des candidats (contre 28 % un an plus tôt).

À Marseille, la tension atteint un niveau inédit : 15 candidatures par annonce (+60 % vs 2024) et 20 dans les Bouches-du-Rhône (score 7/10 dans le département, 6/10 à Marseille). Le délai reste élevé (19 jours), proche de 2024 (20 jours), signe d’un marché tendu mais pas accéléré.

Bordeaux confirme (score 7/10) : 20 candidats par annonce en moyenne (+67 %), pic à 22 au T1 (+80 %), puis 18,5 au printemps. Les étudiants représentent 56 % des candidats (contre 42 % un an plus tôt). Paradoxalement, le temps médian reste élevé (18 jours) : les petites surfaces partent vite, mais les T2/T3 s’allongent avec +11 % (T2) et +8 % (T3).

Toulouse demeure modérée (score 5/10) mais à surveiller : 12 candidats par annonce (+28 %), 20 jours de publication, et une accélération au T2 (+46 %). Les prix progressent en 2025 (+14 % sur les studios, +7 % sur les T2).

Zoom : dans ces villes très concurrentielles, la visite 360° aide les candidats à se projeter et les propriétaires à cibler des dossiers plus qualifiés, avec à la clé moins de visites physiques et des décisions plus rapides.

Villes en stabilisation ou détente : Rennes, Nantes, Montpellier, Lille, Nancy

À Rennes (score 6/10), 8,5 candidats par annonce (stable, -1 %), T1 au plus bas (3,5, -59 % vs T1 2024) puis redémarrage au T2 (10, +19 %). Le délai s’allonge à 17 jours (contre 12 en 2024).

Nantes poursuit sa détente (score 6/10) : 6 candidats par annonce (-36 %), 13 jours de publication (vs 14,5 un an plus tôt).

Montpellier reste modérée (score 6/10) : 11 candidats (-5 %) et 16 jours de délai.

À Lille (score 5/10), reprise mesurée : 10 candidats (+28 %), mais 22 jours de publication. La périphérie absorbe : Tourcoing +87 %, Roubaix +38 %.

Nancy reprend des couleurs (score 5/10) avec 7 candidats (+22 %), 16 jours de délai et un pic au T2 (8 candidats, +93 % vs T2 2024). Amiens et Saint-Étienne demeurent parmi les marchés les moins tendus du panel.

Conclusion

2025 acte une recomposition géographique : le Sud gagne du terrain, les périphéries captent la demande, et la visite en ligne 360° s’impose comme un atout opérationnel pour accélérer et sécuriser les mises en location.


Lecture des scores et méthodologie

Le score de tension (échelle 1 à 10) combine candidatures par annonce et temps médian de publication. L’étude Manda s’appuie sur 6 600 annonces internes (S1 2024 à S1 2025) et 58 000 annonces externes (SeLoger, Leboncoin). Dans les zones très demandées, Manda applique parfois un seuil de candidatures, susceptible de limiter mécaniquement le volume observé par annonce.

Source : Manda

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