Présenté par Élise Lucet, le reportage a mis en lumière plusieurs cas problématiques de gestion de copropriétés : détournements de fonds présumés, inaction face à des dégradations graves, facturations abusives, marges arrière, corruption ou encore lots fantômes.
Une vision caricaturale qui a été immédiatement dénoncée par l’Union nationale des syndics immobiliers et la Fédération nationale de l’immobilier dans un communiqué. Si les deux organisations professionnelles ne contestent pas l’existence de certaines pratiques condamnables, elles refusent le syndic bashing et l’amalgame qui jettent l’opprobre sur des dizaines de milliers de professionnels et de collaborateurs engagés quotidiennement au service de millions de copropriétaires.
« C’est faire insulte à ces femmes et ces hommes qui exercent un métier exigeant, complexe et largement méconnu, exposé en permanence à une critique systématique, alors même qu’ils assurent des missions de service indispensables à la vie collective des immeubles », souligne Loïc Cantin, président de la FNAIM.
Une profession souvent mal connue et mal jugée
« Rapportée aux 623 046 copropriétés et aux 5 135 syndics professionnels, la sinistralité demeure structurellement très faible », met en avant le communiqué de l’Unis.
Contrairement à certaines idées reçues, les études récentes montrent en effet une réalité bien plus nuancée que celle présentée dans le cadre du reportage. Un sondage IPSOS réalisé en 2025 révèle que 62 % des résidents se déclarent satisfaits de la gestion de leur copropriété, dont 10 % très satisfaits. Les propriétaires sont même 66 % à exprimer leur satisfaction.
Il faut dire que le métier de syndic professionnel s’inscrit dans un cadre réglementaire particulièrement strict : carte professionnelle délivrée par les CCI, obligations de formation continue, garantie financière, assurance responsabilité civile professionnelle, règles déontologiques et obligation de comptes bancaires séparés pour chaque copropriété
Autre enseignement mis en lumière par l’étude IPSOS : la méconnaissance persistante du rôle réel du syndic, source de tensions et d’incompréhensions. Près de la moitié des répondants déclarent avoir une vision floue, voire inexistante, de ses missions. Les honoraires, par ailleurs, sont largement surestimés dans l’opinion : 40 % des copropriétaires ignorent le montant réel de ceux-ci, et beaucoup l’évaluent bien au-delà de la réalité.
Plus de contrôles pour restaurer la confiance
Sur le fond, l’UNIS et FNAIM convergent sur un point clé : la nécessité de renforcer l’effectivité des contrôles existants, plutôt que d’empiler de nouvelles structures.
Les deux organisations rappellent leur mobilisation de longue date pour la mise en œuvre effective de la commission de contrôle et de sanction du CNTGI, prévue par la loi ELAN mais toujours inexistante à ce jour .
« Avant d’envisager une couche supplémentaire de type ordinale, il est indispensable de rendre pleinement effectif les mécanismes de régulation déjà prévus par les textes : commission de contrôle du CNTGI, articulation avec la DGCCRF, actualisation du contrat de syndic et contrôles réellement opérants », déclare Danielle Dubrac, présidente de l’UNIS.
Un avis partagé par la FNAIM qui voit, dans cette commission de contrôle, un outil indispensable pour « sanctionner rapidement les dérives, écarter les acteurs défaillants, restaurer la confiance et protéger les copropriétaires comme les professionnels engagés ».

