Août n’aura décidément pas été une simple parenthèse estivale. Entre les tensions politiques, les tensions budgétaires, le redémarrage de l’inflation sous le coût de l’énergie, la nervosité des marchés financiers et les préoccupations quant aux sujets du Logement, la période aura été intense.
Pour ce qui nous concerne davantage, les chiffres alarmants, cette année encore, de la pression locative auprès des étudiants pour la rentrée, le ralentissement des transactions et de la distribution de crédits immobiliers, font réfléchir chacun sur le « comment sortir de cette situation ».
Certes, la foule de postulants dans la candidature aux élections présidentielles fait entendre une multitude d’idées (pas toujours très réalistes face à l’ampleur du défi), mais l’aggravation de la situation budgétaire a provoqué un emballement des taux de l’OAT 10 ans. Cette information n’engage pas de facto le relèvement des conditions et l’attitude des banques pour le financement de l’immobilier, mais elle présuppose de ce qui va se passer dans les prochaines semaines.
En franchissant nettement la barre des 4% (déjà titillée plusieurs fois au début de l’été), le coût de la dette nationale s’est inscrit comme le plus élevé pour la France depuis la crise financière des « subprimes », mais surtout comme le taux le plus élevé de toute la zone euro, devant la Grèce et l’Italie. Et ce qui inquiète le marché c’est l’absence affichée de décisions radicales pour endiguer la dérive budgétaire. Les banques qui avaient soutenu la demande de crédit pendant le premier semestre, ne peuvent plus assurer seules la réponse au problème, et doivent bien s’adapter, en faisant fi de la fin d’année dans ces conditions.
S’agissant des grilles de taux des banques pour cette rentrée, la hausse se matérialise bien avec, en moyenne, une hausse entre 10 et 20 points de base chez la majorité des prêteurs, et sur toutes les maturités. A noter que les profils les plus nantis pourront encore espérer négocier des conditions inférieures, mais sous certaines conditions.
Pour notre baromètre, cela donne pour ce début du mois de septembre :
Prêts relais : entre 3,50 et 4,10 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
Prêts sur 15 ans : entre 3,50 % et 3,80 %
Prêts sur 20 ans : entre 3,60 % et 3,90 %
Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,70 % et 4,00 %.
Parallèlement à cela, la réaction des pouvoirs publics sur les différentes vagues estivales de canicule vient jeter un trouble supplémentaire dans l’efficacité du financement de la rénovation énergétique, notamment des biens collectifs. Tandis que les porteurs de projets d’achat ont besoin d’un peu de temps pour revoir la construction de ceux-ci.
Choisir de nouvelles destinations d’implantation — comme on l’a vu aussi pour les lieux de villégiature —, mais surtout valider une stratégie patrimoniale d’investissement, qui pourrait conjuguer la fiscalité actuelle et future, trouver une réponse dans le parc de logements existant, ou patienter le temps d’avoir une plus grande visibilité sur l’avenir économique, politique et immobilier en France.
Le secteur bancaire a, lui, l’œil rivé sur la prochaine réunion des gouverneurs de banques centrales de la BCE mi-septembre, qui ne laisse guère de doutes quant à une reprise de la hausse des principaux taux directeurs, pour combattre la reprise de l’inflation, avec pour effet direct, le frein à l’économie. Entre peste et choléra, lequel choisira… Et dans tout cela, le courage politique français est attendu, ou pas, d’ici le printemps 2027.
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