Marine Le Pen veut faire du logement « un des grands chantiers » de son éventuel quinquennat. Lors de son discours de rentrée politique, le 13 septembre à Hénin-Beaumont, et dans une lettre ouverte aux professionnels de l’immobilier ce 22 septembre, elle présente un projet articulé autour de 3 axes : « libérer la construction », « valoriser le patrimoine existant » et « faciliter l’accès à la propriété ».
Faire « tomber les normes » pour relancer la construction
Premier chantier : la construction. Marine Le Pen estime que la production de logements est freinée par les contraintes réglementaires et administratives. Dans sa lettre, elle promet de supprimer ou de simplifier les normes jugées non indispensables, de réduire les délais administratifs et d’accélérer les procédures.
Elle souhaite également libérer davantage de foncier. L’État, les collectivités et les grandes entreprises publiques seraient ainsi appelés à mettre des terrains à disposition pour construire. La transformation des bureaux vacants en logements serait parallèlement encouragée.
Autre mesure mise en avant : la candidate veut supprimer le zéro artificialisation nette (ZAN) afin de redonner davantage de latitude aux communes dans la gestion de leur foncier, tout en affirmant vouloir préserver les terres agricoles.
Abroger la loi SRU et revoir le rôle du DPE
Marine Le Pen propose également d’abroger la loi SRU, qui fixe notamment des objectifs de logements sociaux à certaines communes. Elle considère que le dispositif pénalise aujourd’hui des municipalités qui ne disposent parfois plus de foncier pour construire et souhaite rendre davantage de liberté aux maires.
Le DPE est, lui aussi, directement visé. Lors de son discours du 13 septembre, la candidate a promis de supprimer « toutes les contraintes basées sur le DPE » dès les premières semaines de son mandat. Une mesure qui remettrait notamment en question les restrictions actuellement attachées aux logements les plus énergivores.
Pour autant, Marine Le Pen ne renonce pas à la rénovation. Elle propose, en effet, un dispositif baptisé « 100 % Renov », reposant sur un prêt à taux zéro permettant aux ménages de financer leurs travaux.
Faciliter l’accession à la propriété
Autre priorité affichée : faire de la France une « société de propriétaires ». Marine Le Pen veut notamment faciliter l’accès à la propriété des jeunes actifs.
Dans cette optique, la lettre ouverte apporte plusieurs précisions. La candidate souhaite revoir les critères d’accès au crédit immobilier, augmenter la durée maximale des prêts et rendre obligatoire la portabilité des crédits immobiliers. Un propriétaire pourrait ainsi, selon des modalités qui restent à définir, conserver un ancien emprunt bénéficiant d’un taux avantageux lorsqu’il achète un nouveau logement.
Marine Le Pen veut également encourager l’investissement et faciliter la transmission du patrimoine. Elle propose notamment de ramener à 15 ans le délai d’exonération des plus-values immobilières, sans détailler encore précisément le périmètre fiscal de cette réforme.
La « priorité nationale » appliquée au logement social
Le projet comporte également un volet consacré au logement social. Marine Le Pen souhaite donner la priorité d’accès aux Français pour les logements sociaux et étudiants, ainsi que pour certaines aides au logement.
A noter que cette « priorité nationale », centrale dans le programme du Rassemblement national, supposerait une évolution importante du cadre juridique actuel et soulève aujourd’hui des questions de compatibilité constitutionnelle.
Enfin, la candidate promet de renforcer la protection du droit de propriété, notamment face aux squats et occupations illicites. Dans sa lettre ouverte aux professionnels, elle présente « la confiance des propriétaires et des investisseurs » comme une condition indispensable du bon fonctionnement du marché immobilier.
Le financement, les modalités précises d’application et le calendrier de l’ensemble de ces mesures restent encore à détailler.

