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Métiers de syndic et de gestion immobilière : « pour attirer les talents, le quotidien des professionnels doit changer »

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Recruter et fidéliser suppose de regarder les métiers de l’immobilier en face : charge de travail pesante, assemblées générales tardives, incivilités, mais aussi manque de perspectives et de moyens. À Lyon, deux plénières du congrès de l’UNIS ont mêlé réponses de terrain et regards de jeunes professionnels. Leur fil commun : améliorer les conditions d’exercice et redonner toute sa place à l’expertise humaine.

photo : visuel_congres_unis_attractivite

Le syndic est un métier exigeant, parfois usant et souvent mal compris. Ce constat a traversé les deux conférences organisées le vendredi 25 septembre à Lyon, à l’occasion du congrès annuel de l’UNIS : « Se réinventer : être attractif autrement demain » et « Se réinventer en écoutant les jeunes ».

Antoine Labruyère, dirigeant du cabinet de recrutement Labord Consultants, spécialisé dans les métiers de la gestion immobilière, invite les employeurs à parler franchement aux candidats du quotidien comme des perspectives. « On ne recrute plus pour un poste, mais pour une trajectoire », résume-t-il. Formation, accompagnement et possibilités d’évolution aident les jeunes candidats à se projeter. « La meilleure réponse à l’inquiétude, ce n’est pas le discours, c’est la compétence. »

Marque employeur et qualité de vie au travail

Et cette promesse de compétence doit se vérifier une fois le candidat recruté. Cathy Radtke, DRH du groupe Evoriel, livre l’exemple de sa marque employeur qui a été construite avec les collaborateurs, à partir de leurs motivations et de leurs fiertés. « L’attractivité, ça ne se décrète pas : ça se coconstruit et ça s’incarne. » a-t-elle défendu. Le groupe a également lancé un baromètre trimestriel de l’engagement. Les premières remontées ont notamment conduit à former les chargés d’accueil à la relation client et les gestionnaires de copropriété à mieux faire face aux incivilités.

Reste à agir sur l’organisation même du travail ! Les assemblées générales tardives concentrent une partie des tensions : elles s’ajoutent à des journées déjà chargées et pèsent sur l’équilibre de vie des gestionnaires. Antoine Labruyère invite les cabinets à mieux préparer les réunions et à défendre des horaires plus précoces. Pour exemple, il cite une autre organisation spécifique mise en place chez certains de ses clients pour les comptables de copropriété : des semaines de 40 à 42 heures pendant la période de clôture, compensées par une semaine de quatre jours durant une période plus calme, à rémunération maintenue.

À lire aussi : Syndics de copropriété : un nouveau label pour valoriser la qualité de vie au travail

Ainsi, la qualité de vie et des conditions de travail était également au cœur de l’intervention d’Isabelle Leducq, juriste de l’UNIS. L’accord de branche présenté lors de la plénière prévoit notamment un entretien dédié à la QVCT, une attention aux effets humains des changements d’organisation et encourage à limiter les assemblées générales en soirée.

Pour aider les dirigeants à traduire ces orientations dans leurs pratiques, l’UNIS a remis aux congressistes un guide consacré à leur mise en œuvre.

À lire aussi : Métiers de la transaction et de la gestion : et la RSE bordel !

Ce que les étudiants attendent du métier

Et pour témoigner de l’attractivité des métiers de syndic et de gestion immobilière, rien de tel que trois étudiants en la matière. Leurs interventions ont déplacé la discussion vers ce qui, à leurs yeux, doit évoluer dans le métier : la relation avec les copropriétaires, les moyens accordés aux syndics et la place de l’intelligence artificielle.

Charline Pin, étudiante à l’IDPI et en alternance dans une régie lyonnaise, imagine un syndic « plus proche, plus réactif et plus transparent ». Avec la rénovation énergétique, le vieillissement des immeubles et l’adaptation au changement climatique, il ne pourra se limiter à exécuter les décisions de l’assemblée générale : il devra « expliquer, alerter, proposer et accompagner ». Les outils numériques peuvent rendre la gestion plus lisible, mais la confiance se construit dans la relation.

Pour un autre étudiant, Pierre Cordelier, cette ambition se heurte à une question de moyens. Il plaide pour une revalorisation des honoraires de syndic, qu’il estime nécessaire pour alléger les portefeuilles et investir dans les outils. « Sans marge, on ne peut pas développer nos outils », souligne-t-il. Il avance, à titre personnel, un objectif de 300 euros par lot, contre environ 200 euros aujourd’hui selon son estimation.

Étudiant à l’ESPI Lyon, Quentin Fèvre s’est intéressé, lui, aux effets de l’intelligence artificielle sur la relation avec les clients. Certains arrivent déjà avec une estimation ou une analyse produite par un outil, parfois confortés dans une idée fausse de la valeur de leur bien. Pour lui, l’IA peut compiler les données, mais le professionnel doit apporter le jugement et l’expertise — notamment en fiscalité et dans l’évaluation de la solidité d’un exploitant. Le temps libéré par la technologie doit servir à approfondir les dossiers et à se spécialiser.

En bref, de l’attractivité à l’IA, la réinvention des métiers de syndic et de gestion immobilière doit avoir lieu grâce à des choix très concrets : accompagner les équipes, mieux reconnaître leur travail et leur donner les moyens de conseiller. Comme le résume Charline Pin, il s’agit d’« utiliser la technologie pour être plus efficace, mais remettre l’humain au centre pour être plus utile ».

À lire aussi : Quelles sont les attentes des jeunes qui se lancent dans l’immobilier ?

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