Après plusieurs années de mobilisation des acteurs immobiliers pour voir la question du logement traitée comme une priorité nationale, ces derniers semblent enfin avoir été entendus par le Gouvernement. « Le logement fait partie des grandes urgences dans le pays qui ne pourront pas attendre le grand débat de de 2027 », a ainsi déclaré Sébastien Lecornu. Il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes et ne sont guère réjouissants : réduction de 25 % de la construction neuve depuis 2022, 2,9 millions de ménages en attente d’un logement social, prix des appartements multipliés par 3,3 entre 1996 et 2022…
Pour enrayer la crise du secteur du bâtiment et mettre fin à la crise du logement, le Gouvernement a donc décidé de frapper fort, en lançant un plan d’ampleur afin de relancer massivement la construction et la rénovation. Baptisé « Relance Logement », le document a été signé par Pascal Boulanger, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers ; Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment ; Loïc Cantin, président de la Fédération Nationale de l’Immobilier et Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union Sociale pour l’Habitat.
Un nouveau dispositif fiscal pour stimuler l’investissement locatif
Pour atteindre la construction de 400 000 logements par an, le Gouvernement compte s’appuyer sur plusieurs leviers.
En premier lieu, il souhaite mobiliser une partie de l’épargne des Français vers l’immobilier locatif. L’ objectif ? Reconstruire l’offre locative privée, particulièrement affectée par la fin du dispositif Pinel et par le recul de l’investissement des ménages.
Dans cette optique, il prépare un nouveau dispositif fiscal, effectif pendant les trois prochaines années, qui vise à inciter les particuliers à acheter un logement pour le louer afin d’augmenter l’offre disponible. Cette nouvelle version améliorée du statut du bailleur privé devrait permettre de produire 50 000 logements par an supplémentaires destinés à la location. « Une première évaluation de ce dispositif sera réalisée dès l’automne 2026 afin de l’adapter si nécessaire », indique le Pacte.
Outre cette incitation fiscale, le Gouvernement a également intégré dans le projet de loi de finances 2026 un renforcement des moyens alloués au logement social : 500 millions d’euros supplémentaires sont mobilisés au profit d’environ 700 bailleurs sociaux, afin de soutenir la construction de nouveaux logements et la rénovation du parc existant.
Vers la simplification des procédures
Au-delà des aspects financiers, le Gouvernement reconnaît que « le financement et la rentabilité ne sont pas les seuls freins à la production de nouveaux logements ». Le plan prévoit ainsi une série de mesures transversales : sécurisation des bailleurs face aux impayés, poursuite de la simplification du droit de l’urbanisme et de la construction, accélération de la transformation du tertiaire en logements, et facilitation des rénovations énergétiques, notamment en copropriété.
L’État entend également renforcer son rôle d’aménageur, en créant des « zones à bâtir d’urgence » où des dérogations réglementaires pourront être accordées à la demande des maires afin d’accélérer les opérations dans les territoires en forte tension.
Enfin, le Gouvernement portera devant le Parlement « un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État qui comportera un volet pour redonner aux élus locaux les capacités d’agir sur les enjeux de logement ».

