Tandis que la France sort à peine d’une séquence compliquée pour proposer un budget 2026 (qui a d’ores et déjà toutes les chances d’être révisé avant la fin d’année), voilà que le contexte international revient jouer le trouble-fête. Il n’en fallait pas moins pour semer à nouveau le doute sur les marchés et dans la stratégie des banques.
Mais voyons de suite la situation sur les barèmes bancaires – qui ne sont d’ailleurs pas tous publiés en raison des événements géopolitiques récents – qui affichent globalement une poursuite de l’attentisme des prêteurs. Toutefois la tendance des parutions les plus précoces affichait une très légère détente sur toutes les maturités. A noter le retour très agressif de La Banque Postale, en retrait depuis plusieurs mois.
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Des marges de négociation toujours importantes sur les taux
Les fourchettes d’écart entre les taux moyens et les taux négociés restent assez larges, permettant aux banques d’ajuster leur tarif au regard de chaque dossier (des écarts allant parfois jusqu’à 0,80% !). Si la priorité demeure aux profils disposant de gros revenus, les primo-accédants continuent de bénéficier de solutions complémentaires à taux réduits, impactant le taux moyen pondéré de l’offre globale de prêt. Hormis cela, les conditions constatées donnent pour ce début mars :
- Prêts relais : entre 3,35 et 4,10 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 3,20 % et 3,80 %
- Prêts sur 20 ans : entre 3,30 % et 3,95 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,40 % et 4,10 %.
Le contexte international rebat les cartes des taux
Mais il convient de véritablement prendre en compte les récents événements internationaux et les conséquences envisagées sur l’économie européenne et française pour comprendre que l’optimisme qui voulait percer a vite été refroidi. Tandis qu’on commençait à entendre l’Allemagne réclamer une baisse des taux directeurs, que la France travaillait sur les chantiers issus du budget sorti aux forceps avec une OAT 10 ans redescendue vers les 3,20%, les tensions financières inhérentes à la situation très tendue un peu partout dans le monde remettent les hypothèses à mal. L’OAT a rebondi au-delà des 3,40%, les scenarii sur l’inflation rattrapent les demandeurs de baisse des taux, et le climat anxiogène gèle le retour de la confiance.
Il est encore trop tôt pour présager de l’avenir et des stratégies bancaires, et il y a fort à parier que les taux proposés dans les prochaines semaines s’ajustent sur ces nouveaux paramètres. Il serait donc prudent pour les porteurs de projets de finaliser ceux-ci dans les conditions actuelles.

